Le Tribunal de Grande Instance de Tours a exigé le retrait du compteur électrique Linky chez certains particuliers pour raisons médicales le 30 juillet dernier. Une décision de justice qui relance la polémique autour de ce nouveau dispositif.
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Une victoire pour les « anti Linky »
La guerre qui fait rage entre Enedis et les anti-Linky s'est récemment soldée par une manche victorieuse remportée par des particuliers se plaignant de l'impact néfaste du nouveau compteur sur leur état de santé. Linky est en effet décrié par de nombreuses personnes en raison de son mode de fonctionnement qui se base sur la technologie du CPL — courant porteur en ligne. C'est cette technologie qui permet au compteur intelligent de communiquer à distance une foule d'informations de consommation aux techniciens du groupe Enedis, en charge de le déployer sur l'intégralité du territoire. Le fait est que beaucoup de personnes se plaignent de symptômes liés à l'intolérance aux champs électromagnétiques émis par le petit boîtier jaune tels que maux de tête chroniques, états de fatigue intenses et autres problèmes de sommeil récurrents. Face à une recrudescence de plaintes, un collectif de particuliers de la région de Tours, 120 exactement, a assigné Enedis en justice pour exiger le retrait du nouveau compteur. Et le TGI de Tours a tranché en leur faveur, pour 13 d'entre eux en tout cas, en contraignant Enedis a faire retirer Linky de leur domicile. Le Tribunal s'est pour cela appuyé sur le diagnostic d'un médecin et a exigé le retrait car « les demandeurs présentent tous un syndrome d'intolérance aux champs électromagnétiques mis en évidence objectivement par des examens médicaux [...] il est démontré l'existence d'un dommage imminent et d'un lien de causalité direct entre la pose du compteur Linky et les pathologies présentées par les demandeurs ».
Un diagnostic médical controversé ?
Le groupe Enedis a d'ores et déjà fait savoir qu'il avait l'intention de faire appel de la décision du TGI de Tours, restant persuadé de l'innocuité totale de son compteur. D'ailleurs, le groupe rappelle dans un communiqué que « 106 requérants ont été déboutés par la justice ». Pour autant, l'opérateur tente de calmer le jeu en déclarant que la « décision du tribunal nous conforte dans notre démarche d'écoute à l'égard de certains clients qui se déclarent électrosensibles ». Une électrosensibilité diagnostiquée par un médecin pour le moins controversé puisqu'en février 2008 le Conseil de l'Ordre avait porté plainte contre lui. La raison : il avait à l'époque reçu des milliers de patients à qui il avait diagnostiqué une électrohypersensibilité massivement remise en cause par la plupart des experts de l'Organisation Mondiale de la Santé. Mais l'OMS se doit d'éclaircir sa prise de position sur la question puisque dans le même temps l'organisme reconnaît que de nombreux symptômes ont bel et bien un lien de cause à effet avec l'électrosensibilité. Reste que la décision du TGI de Tours va certainement ouvrir une brèche et que de nombreux anti-Linky vont dorénavant saisir la justice pour exiger le retrait du compteur qui ne cesse de faire polémique.
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