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Pérou-Le Parlement vote la destitution de Dina Boluarte, José Jeri investi président
information fournie par Reuters 10/10/2025 à 09:20

(Actualisé avec José Jeri, détails, contexte)

Le Parlement péruvien a voté vendredi en faveur de la destitution de la présidente Dina Boluarte lors d'une séance nocturne et a investi le président du Parlement, José Jeri, comme nouveau président dans la foulée.

Le vote et la prestation de serment de José Jeri ont eu lieu quelques heures après que des blocs politiques de tous bords ont présenté pour la première fois des motions visant à destituer Dina Boluarte pour "incapacité morale".

José Jeri, qui devient le septième président du Pérou depuis 2016, a indiqué vendredi qu'il adopterait une approche ferme face à l'insécurité croissante, l'une des principales critiques adressées à sa prédécesseure.

"Le principal ennemi se trouve dans les rues: les gangs criminels", a-t-il déclaré devant le Parlement. "Nous devons déclarer la guerre au crime."

Âgé de 38 ans, ce membre du parti conservateur Somos Perú (Nous sommes le Pérou), qui est devenu président du Parlement en juillet, rejoint les rangs des plus jeunes chefs d'État du monde.

Sa prédecesseure, Dina Boluarte, a été convoquée au Parlement dans la nuit pour se défendre des accusations la visant mais ne s'est jamais présentée. Elle a alors été destituée par les parlementaires qui disposaient d'un nombre suffisant de voix pour engager une procédure rapide.

Peu après le vote de sa destitution, Dina Boluarte a prononcé un discours au palais présidentiel. Elle a reconnu que le même Parlement qui l'avait investie fin 2022 avait maintenant voté sa destitution, "avec les implications que cela a pour la stabilité de la démocratie dans notre pays".

"À chaque instant, j'ai appelé à l'unité", a-t-elle déclaré.

Dina Boluarte, 63 ans, est l'une des dirigeantes les plus impopulaires au monde, son taux d'approbation oscillant entre 2 et 4%. Elle est accusée d'avoir illicitement tiré profit de ses fonctions et d'être responsable de la répression meurtrière des manifestations en faveur de son prédécesseur.

Elle nie tout acte répréhensible.

SIX PRÉSIDENTS DEPUIS 2018

Une foule composée principalement de jeunes s'est rassemblée devant le bâtiment du Parlement, beaucoup brandissant le drapeau péruvien, alors que se tenait le vote visant à destituer Dina Boluarte.

Une foule s'est également rassemblée devant l'ambassade de l'Équateur, beaucoup s'attendant à ce que la présidente demande l'asile dans le pays voisin.

Les votes des quatre motions présentées pour destituer Dina Boluarte ont recueilli entre 108 et 115 voix favorables, soit plus du double des 52 voix nécessaires pour faire avancer le débat et plus que les 87 voix nécessaires pour la destituer.

La destitution de Dina Boluarte marque un revirement des parlementaires péruviens, les motions de destitution examinées par le passé ayant été rejetées sans même étre débattues.

Sa destitution s'inscrit dans la continuité d'une succession de dirigeants dans ce pays andin, qui a connu six présidents depuis 2018. Trois anciens dirigeants sont actuellement derrière les barreaux.

Dina Boluarte est arrivée au pouvoir en décembre 2022 lorsque son prédécesseur, le président Pedro Castillo, dont elle était la vice-présidente, a été destitué et arrêté après avoir tenté de dissoudre le Parlement.

La destitution de Pedro Castillo a déclenché des manifestations généralisées et meurtrières pendant des mois, en particulier dans les communautés rurales andines et autochtones.

Des groupes de défense des droits humains ont accusé le gouvernement de Dina Boluarte d'avoir recouru à une force excessive pour réprimer les manifestations.

L'ancienne présidente a également été impliquée dans des allégations d'enrichissement illicite impliquant des avoirs non déclarés et des montres Rolex. En juillet, elle a décidé de doubler son salaire.

(Rédigé par Marco Aquino, Sarah Morland et Alexander Villegas ; version française Etienne Breban ; édité par Blandine Hénault)

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