Le maire de Paris Emmanuel Grégoire participe à un événement sur la santé mentale, le 1er avril 2026 à Paris ( AFP / Anna KURTH )
Le nouveau maire de Paris Emmanuel Grégoire dévoile vendredi ses premières décisions très attendues sur le périscolaire, en pleine tempête dans les écoles de la capitale où les révélations d'agressions sexuelles se multiplient.
Intronisé dimanche à l'Hôtel de ville, l'édile socialiste, dont la campagne a été percutée par ce scandale, s'est engagé à faire de ce dossier la "priorité absolue" de son début de mandat, et a convoqué un Conseil de Paris extraordinaire sur le sujet mi-avril.
Mais l'ex-premier adjoint d'Anne Hidalgo doit faire de premières annonces dès vendredi. Il a notamment évoqué, lundi sur franceinfo, un "changement managérial à tous les niveaux" même s'il y a "déjà eu des déplacements, des changements, des suspensions" à la suite de défaillances.
Durant sa campagne, le candidat de la gauche unie hors LFI avait promis une "refonte" du secteur, avec des embauches massives d'animateurs (2.800) et un "big bang de la transparence". En voulant aller "plus loin" que le plan de lutte contre les violences sexuelles à l'école engagé à l'automne dernier par la majorité sortante, jugé largement insuffisant et peu appliqué.
"On attend des actes concrets rapidement, il y a un choc de confiance à redonner aux parents", a prévenu Martin Raffet, président de la FCPE Paris, reçu lundi par le nouveau maire aux côtés d'autres collectifs.
"Seules des mesures fortes sont à même de regagner un peu la confiance des parents qui sont très en colère, parce qu'on reçoit des signalements presque tous les jours", a dit à l'AFP Barka Zerouali, cofondatrice de #MeTooEcole, à l'initiative d'une pétition en ligne qui a recueilli plus de 22.300 signatures.
Ce collectif attend en priorité le lancement d'une "enquête administrative globale", comme l'avait réclamé l'opposition municipale. #MeTooEcole recommande aussi une réunion tripartite entre la mairie, l'Education nationale et le parquet, pour établir un "protocole de signalement unique".
- "Chaîne de signalement" -
SOS Périscolaire exige pour sa part "la mise en œuvre immédiate d'un processus et d'une chaîne de signalement solide et connue en cas de problèmes, pour les parents et les agents", avec un interlocuteur dédié, a expliqué Anne, cofondatrice de ce collectif, qui ne souhaite pas donner son nom.
Elle attend aussi d'Emmanuel Grégoire qu'il fasse appliquer des mesures déjà votées en Conseil de Paris mais "toujours pas déployées", comme le trombinoscope des agents avec des photos, "alors que beaucoup d'animateurs utilisent des avatars".
Après l'installation du Conseil de Paris dimanche, Rachida Dati et Grégory Canal, les coprésidents du nouveau groupe d'opposition de droite Paris Liberté! ont demandé la création d'une "mission d'information et d'évaluation (MIE)" sur l'organisation et la sécurité du périscolaire parisien.
Mercredi, le ministre de l'Education Edouard Geffray a confié à Cristelle Gillard le nouveau poste de Défenseure des droits de l'enfant. Cette inspectrice générale devra "faire en sorte que le scolaire et le périscolaire puissent travailler ensemble", a expliqué le ministre.
En 2025, 30 animateurs ont été suspendus à Paris, dont 16 pour suspicions de faits à caractère sexuel, selon les chiffres de la mairie. Depuis janvier, neuf animateurs d'une même école maternelle du VIIe arrondissement ont été suspendus pour suspicions de violences physiques et sexuelles.
SOS Périscolaire veut un audit indépendant des circonscriptions des affaires scolaires et de la petite enfance (Caspe) des secteurs où les cas se sont concentrés, notamment les VIIe et XIe arrondissements.
Emmanuel Grégoire a par ailleurs prévu de réunir une Convention citoyenne parisienne chargée de réfléchir à une nouvelle répartition du temps, pour que les animateurs soient recrutés sur des temps moins fragmentés et éviter une rotation trop forte.
Avec l'objectif de respecter la "règle absolue qu'aucun enfant ne soit laissé avec un seul adulte, ni aucun adulte seul avec plusieurs enfants", avait-il affirmé pendant sa campagne, chiffrant le coût de la réforme du secteur entre 5 et 7 millions d'euros par an.

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