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Paris et Marseille à gauche, LR en force localement
information fournie par Reuters 22/03/2026 à 23:43

Réactions aux résultats du second tour des élections municipales de 2026 en France

Réactions aux résultats du second tour des élections municipales de 2026 en France

par Elizabeth Pineau

La victoire de la gauche à Paris, Lille et Marseille, celle d'Edouard Philippe au Havre, d'Eric Ciotti à ‌Nice, de La France insoumise (LFI) à Roubaix et l'échec du Rassemblement national (RN) à Toulon figurent parmi les premiers enseignements du second tour des élections municipales, dimanche en France.

Les résultats, encore provisoires, ont donné lieu à des surprises, comme la victoire de la ​droite à Clermont-Ferrand, à gauche depuis plus d'un siècle, et l'incertitude qui prévalait en début de nuit à Lyon, où le candidat de droite Jean-Michel Aulas a annoncé un recours, dénonçant de "nombreuses irrégularités" durant le scrutin.

Les électeurs de plus de 1.500 communes de France étaient appelés aux urnes pour un deuxième tour d'un scrutin qui précède d'une année les élections présidentielle et législatives dans un pays politiquement très fragmenté.

Après une semaine d'entre-deux-tours riche en tractations, le taux d'abstention s'est élevé à environ 43%, au ​même niveau qu'au premier tour.

Les quelque 35.000 maires élus le seront probablement pour sept ans, les prochaines élections municipales ayant des chances d'être repoussées d'un an pour éviter qu'elles ne coïncident avec les élections présidentielle et législatives de 2032.

Les ténors de gauche se sont félicités des résultats à Paris, où Emmanuel Grégoire l'a emporté malgré ​le maintien de la candidate LFI, et Marseille, où le maire réélu Benoît Payan a profité du retrait de l'insoumis ⁠Sébastien Delogu.

Dans la capitale des Gaules, l'ancien président de l'Olympique lyonnais Jean-Michel Aulas a refusé de reconnaître la réélection de l'écologiste Grégory Doucet, qui avait fait alliance avec LFI. "On ne sait pas qui a gagné Lyon", a-t-il dit.

La ‌droite a remporté la métropole lyonnaise.

Selon certaines estimations appelées à être confirmées, la socialiste Catherine Trautmann était en passe de ravir Strasbourg aux écologistes.

La maire de Nantes, Johanna Rolland, sous le feu des critiques cette semaine pour avoir fait alliance avec LFI, a été réélue.

Les socialistes Michaël Delafosse et Arnaud Deslandes ont aussi retrouvé leurs sièges respectivement à Montpellier et Lille, témoignant encore des bons ​scores du parti à la rose dans les grandes villes, ce dont s'est félicité le premier ‌secrétaire du PS, Olivier Faure.

Alors que son parti se déchire sur la question d'un rapprochement ou non avec les insoumis, il a appelé son camp à se rassembler.

"La ⁠provocation outrancière" et "les dérapages antisémites" sont "une voie sans issue", a-t-il déclaré en référence au mouvement dirigé par Jean-Luc Mélenchon.

Déçu de voir que certaines villes où le PS s'est allié à LFI remportées par la droite - Brest, Tulle, Clermont-Ferrand, notamment -, le député PS Jérôme Guedj a dénoncé sur TF1 les "compromissions" avec l'extrême gauche. "Il y a besoin de clarté", a-t-il dit.

EDOUARD PHILIPPE VOIT "DES RAISONS D'ESPÉRER"

Une semaine après sa victoire à Saint-Denis, plus grande ville d'Ile-de-France après Paris, LFI et son candidat David Guiraud l'ont emporté à ⁠Roubaix, troisième ville la plus peuplée des Hauts-de-France (100.000 habitants).

Le ‌coordinateur national de LFI, Manuel Bompard, a parlé d'"entrée fracassante" dans les conseils municipaux, de "recul de la gauche traditionnelle" au profit de "la gauche de rupture."

A Toulouse, le maire sortant (DVD) Jean-Luc Moudenc l'a ⁠emporté face à la gauche emmenée par l'insoumis François Piquemal.

Le président des Républicains (LR), Bruno Retailleau, a félicité son camp et ses alliés "qui remportent le plus grand nombre de voix et le plus grand nombre d'élus."

"Nous sommes toujours et plus que jamais la ‌première force politique locale", a-t-il dit, se félicitant des victoires acquises à Clermont-Ferrand, Cherbourg, Besançon, Brest, Tulle, Limoges et Toulon.

L'élu vendéen, candidat à l'élection présidentielle, a dénoncé les alliances passé entre le PS avec LFI, qualifiés ⁠d' "accords de la honte conclus avec la pire gauche".

Autre candidat à l'Elysée, l'ancien Edouard Philippe l'a emporté au Havre avec plus de 47% des voix.

"Il y a ⁠toujours des raisons d'espérer", a dit l'ancien Premier ministre dans un ‌discours qui s'adressait autant aux Havrais qu'au reste du pays.

"Il y a des raisons d'espérer car l'énergie, la volonté l'audace, cette vertu bien française, sourit toujours à ceux qui, d'où qu'ils viennent, toujours de bonne volonté, se relèvent et portent une ​fois encore la fierté d'être Havrais et la fierté d'être français", a-t-il déclaré.

Autre possible prétendant à la magistrature suprême, le patron de Renaissance ‌Gabriel Attal s'est félicité de la victoire de l'ancien ministre Antoine Armand à Annecy, première ville de plus de 100.000 habitants remportée par son camp, et dénoncé, lui aussi, les alliances avec les extrêmes.

Plus tard dans la soirée était annoncée à Bordeaux la victoire d'une courte tête ​de l'ex-ministre Thomas Cazenave, un proche du président Emmanuel Macron, au détriment du maire écologiste sortant Pierre Hurmic.

GRÉGOIRE FÊTE SA VICTOIRE À VÉLO À PARIS

Vainqueur à Nice au détriment du maire sortant (Horizons) Christian Estrosi, Eric Ciotti (UDR), partisan d'une "union des droites" avec le RN, a dit sa "joie" devant ses partisans. Défait, Christian Estrosi a annoncé pour sa part son retrait de la vie politique.

S'il a échoué à Toulon, où la députée Laure Lavalette s'est inclinée devant la maire sortante (DVD) Josée Massi, le RN l'a ⁠emporté à Tarascon, Agde, Carcassonne, La Seyne-sur-Mer ou encore Carpentras.

Le parti d'extrême droite a réalisé "la plus grande percée de son histoire", s'est félicité son président Jordan Bardella, parlant de 1.300 élus municipaux élus.

A Paris, Emmanuel Grégoire l'a emporté avec environ 51% des voix sans avoir fait alliance avec La France insoumise de Sophia Chikirou (8%), loin devant l'ancienne ministre Rachida Dati qui a remporté moins de 40% des suffrages, selon des estimations.

"Paris sera le coeur de la résistance à cette 'union des droites' qui veut vous prendre ce que nous avons de plus précieux et de plus fragile : la simple joie de vivre ensemble", a dit l'ancien adjoint de la maire sortante Anne Hidalgo, qui a fait un tour à vélo et pris le métro pour fêter sa victoire.

La candidate LR soutenue par le MoDem Rachida Dati, qui avait fusionné avec le centriste Pierre-Yves Bournazel et bénéficié du retrait de la candidate d'extrême droite Sarah Knafo, a dénoncé de son côté "le poison de la division".

VOIR AUSSI la soirée ​électorale EN DIRECT

(Reportage Elizabeth Pineau, édité par Blandine Hénault et Benoit Van Overstraeten)

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