L’ex-otage suisse Claudia Abbt (g), accueillie avec des fleurs à son arrivée à l’aéroport de Belp, près de Berne, en Suisse, le 22 octobre 2026 ( AFP / Fabrice COFFRINI )
Une Autrichienne et une Suissesse enlevées au Niger en 2025 par des jihadistes du groupe État islamique ont été libérées grâce à une intervention libyenne, après plus d'un an et demi aux mains de leurs ravisseurs dans le Sahel.
C'est la chaîne libyenne al-Masar, basée dans l'est de la Libye, qui la première a annoncé leur libération mercredi soir, obtenue selon elle grâce au concours du puissant maréchal Khalifa Haftar, qui contrôle avec son clan une bonne partie de l'Est et du Sud libyens.
Ces libérations ont été confirmées jeudi à la mi-journée par les gouvernements suisse et autrichien, qui ont indiqué avoir pris en charge leurs ressortissantes après des mois de suspense pour les familles, plusieurs fois émaillés de rumeurs sur leur libération.
La Suissesse Claudia Abbt et l'Autrichienne Eva Gretzmacher ont pu regagner leurs pays respectifs dans l'après-midi.
La ressortissante suisse est arrivée à l'aéroport de Belp, près de Berne, à 16H47 (14H47 GMT), a constaté sur place un journaliste de l'AFP, alors qu'un porte-parole du ministère autrichien des Affaires étrangères a confirmé l'atterrissage de Mme Gretzmacher à Vienne.
"La ressortissante suisse qui avait été enlevée au Niger le 13 avril 2025 est désormais libre. Elle a été accueillie à Benghazi, en Libye, par des collaborateurs suisses de l’administration fédérale et a reçu des soins médicaux", avait auparavant salué le ministère suisse des Affaires étrangères, précisant qu'elle "se porte bien, compte tenu des circonstances".
A Vienne, la ministre autrichienne des Affaires étrangères Beate Meinl-Reisinger a fait part dans un communiqué de son soulagement qu'Eva Gretzmacher "soit à nouveau libre après plus de 21 mois". "L'Autrichienne enlevée le 11 janvier 2025 a été prise en charge le 22 octobre 2026 par une équipe de crise autrichienne", a précisé la ministre.
"Eva est libre! Aujourd'hui est une belle journée. Une journée de soulagement, de joie et avant tout de gratitude" a réagi Christoph Gretzmacher, le fils de l'otage autrichienne, sur Facebook, ajoutant que "le cauchemar est terminé".
Les rapts des deux femmes, survenus au moment où elles vivaient à Agadez, dans le nord du Niger, n'ont jamais été revendiqués, mais une source proche du dossier a indiqué à l'AFP qu'ils étaient l'œuvre du groupe jihadiste État islamique au Sahel (EIS).
Dénouement libyen
Ni la Suisse, ni l'Autriche n'ont fourni de précisions sur les circonstances de ces libérations - et notamment sur l'éventuel paiement d'une rançon.
Une source sécuritaire malienne jointe par l'AFP a déclaré que les otages avaient "été transportées à bord d’un avion le mercredi matin tôt depuis le territoire nigérien jusqu'à Benghazi", dans le nord-est de la Libye.
Photo fournie le 22 octobre 2026 par Christoph Gretzmacher, le montrant aux côtés de sa mère, Eva Gretzmacher, lors de son arrivée à l’aéroport de Vienne-Schwechat, en Autriche ( APA / CHRISTOPH GRETZMACHER )
Plusieurs médias ont diffusé une photo des deux femmes coiffées de chèches installées dans un avion.
Selon la source sécuritaire malienne, les deux femmes étaient détenues depuis les premiers mois ayant suivi leur enlèvement dans la région de Menaka, dans le nord-est du Mali, une zone frontalière du Niger où l'EIS est très actif.
Le dénouement est toutefois venu de la Libye, grâce à l'implication du clan Haftar.
La chaîne al-Masar a indiqué mercredi soir sur la plateforme X que "le commandant en chef adjoint, lieutenant-général Saddam Khalifa Haftar, est intervenu dans les efforts pour les libérer, en réponse aux appels de leurs familles".
Dans une vidéo diffusée mercredi soir par la chaîne, les deux femmes ont confirmé cette version. Apparues les traits tirés, assises sous un portrait du maréchal Haftar, elles se sont exprimées en français pour remercier leurs libérateurs.
"Je m'appelle Eva Gretzmacher, je suis autrichienne, j'ai 76 ans. Je remercie du fond de mon cœur le maréchal Khalifa Haftar et son fils Saddam qui nous a libérées. Une année et neuf mois en otage", a déclaré l'une d'elles.
"Je m'appelle Claudia Abbt. Je suis d'origine suisse. J'ai 69 ans. J'ai été prise en otage (il y a) une année et six mois. Maintenant je suis contente d’être libre et je remercie le maréchal Khalifa Haftar et son fils le général Saddam Haftar pour tout ce qu’ils ont fait pour me libérer", a poursuivi la seconde.
La Suisse et l'Autriche, qui avaient mis en place des équipes dédiées pour obtenir leur libération, ont remercié leurs partenaires internationaux y ayant œuvré.
"Nos efforts diplomatiques intensifs en vue de leur libération ont porté leurs fruits", s'est réjouie la ministre Meinl-Reisinger, saluant un travail "en étroite collaboration, en toute discrétion et dans un esprit de confiance, avec nos partenaires régionaux, européens et internationaux".

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