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Mobilisation du 24 octobre : choses vues, choses entendues
information fournie par AFP 24/10/2026 à 17:28

Un manifestant devant le panneau de l'esplanade du Souvenir français à Orléans, tient une pancarte sur laquelle est inscrit "Aimez-vous", le 24 octobre 2026  ( AFP / ROMAIN PERROCHEAU )

Un manifestant devant le panneau de l'esplanade du Souvenir français à Orléans, tient une pancarte sur laquelle est inscrit "Aimez-vous", le 24 octobre 2026 ( AFP / ROMAIN PERROCHEAU )

Une Marianne en chair et en os, la statue de la République sous bonne garde, des paroles de Diam's sur des pancartes, ...

Choses vues et entendues par les journalistes de l'AFP.

"Do-ré-mi-fa-sol-la-crymo"

Après une bonne heure de manifestation dans le calme à Lille, les premiers gaz lacrymogènes plongent une partie du cortège dans une brume opaque et irritante. Quelques projectiles volent en direction des forces de l’ordre.

Chacun se protège : simple foulard ou masque FFP2, lunettes de piscine ou masque de ski.

"Do-rémi-fa-sol-la-crymo", dit une pancarte. "Lacrymocratie", peut-on lire sur une autre.

Quatre salves partent en dix minutes : "On s'est fait gazer alors qu'on ne faisait rien", déplore Elline, 23 ans, les yeux en larmes. "Heureusement qu'on était plusieurs mais là je préfère reculer", dit l'étudiante, qui manifeste pour la première fois.

Marianne

Bonnet rouge, robe blanche sans manches, une Marianne fait son entrée dans la manifestation parisienne par l'avenue d'Italie, sur les épaules d'un jeune homme, en chantant la Marseillaise et accueillie par des "Marianne ! Marianne !"

Elle est incarnée par une comédienne de 26 ans, Léa Berthelot, qui explique à l'AFP vouloir "défendre notre liberté de manifester". "On fait tout pour nous en dissuader, on nous prive des lieux importants, symboliques à Paris, pour pouvoir manifester".

Place de la République quadrillée

Sur la place de la République à Paris, qui porte encore les traces des dégradations du 17 octobre, un important dispositif policier a été déployé.

Une douzaine de véhicules de police sont alignés dans une rue adjacente et sur la place, autour de la statue nettoyée de ses graffitis, des dizaines de policiers patrouillent à pied et effectuent des contrôles.

Un hélicoptère de la gendarmerie et un drone survolent en statique la place.

Près d'une bouche de métro, trois jeunes femmes se font contrôler et fouiller par plusieurs policiers, qui sortent de leur sac masques chirurgicaux et masques de protection pour les yeux. Elles expliquent aux fonctionnaires qu'elles allaient prendre le métro afin de rejoindre le cortège officiel parti plus au sud de la Porte d'Italie.

Bordeaux met en garde "les marioles"

Un vétéran de la CGT, drapeau en main, s’explique avec deux jeunes masqués et vêtus de noir : "On est là malgré une interdiction de manifester, donc on n'est pas là pour faire les marioles, donc vous ne faites pas de conneries".

Un jeune encapuchonné zigzague en vélo sur les quais brandissant un fumigène bleu, sous les vivats de la foule.

Lucie 42 ans, designer qui habite la ville voisine de Bègles, est venue manifester malgré l'interdiction prononcée la veille par la préfecture : "je trouve ça important d’être là. C'est interdit, mais dans la Constitution, c'est un droit qui est acquis".

Génération "nan nan"

À Strasbourg, où quelques milliers de personnes se sont élancées pour une marche autorisée en périphérie du centre-ville, des manifestantes ont repris comme slogans des textes de l'ex-rappeuse Diam's.

Des clients en terrasse d'un café regardent passer des manifestants, le 24 octobre 2026 à Montpellier  ( AFP / Sylvain THOMAS )

Des clients en terrasse d'un café regardent passer des manifestants, le 24 octobre 2026 à Montpellier ( AFP / Sylvain THOMAS )

"Génération nan nan, c'est ma génération", confie une manifestante de 37 ans qui a couché sur sa pancarte des paroles de cette figure du rap français du début des années 2000. Son prénom : Marine.

"Les textes d'il y a 20 ans sont encore d'actualité", souffle Anaïs Baulinet, autre manifestante venue avec une pancarte dont le texte reprend un son de 2006 de Diam's.

Drapeau français sur le panneau de l'A3

A la Porte d'Ivry à Paris, un manifestant vêtu de noir, capuche sur la tête et masque sur le visage, a grimpé sur un panneau de circulation.

Il a déployé un drapeau français sur lequel est inscrit "Gen Z", qui recouvre le panneau indiquant la direction de l'autoroute A3.

Secouriste

A proximité du cortège, casque vissé sur la tête et dossard rouge sur les épaules, Alexandre B., 32 ans, secouriste formé par la Protection civile, assure sa deuxième mission de secourisme en manifestation "après un baptême du feu en beauté" le 17 octobre, place de la République à Paris, où il dit avoir assisté à une "scène de guerre".

"L'ambiance" et la "tension sous-jacente qu'on peut ressentir" ce samedi n'ont "rien à voir" avec le rassemblement de la semaine dernière, observe-t-il, relevant qu'"à la même heure, il y avait déjà des affrontements depuis plus d'une heure".

Un manifestant costumé en Spiderman derrière des CRS, le 24 octobre 2026 à Paris ( AFP / Dimitar DILKOFF )

Un manifestant costumé en Spiderman derrière des CRS, le 24 octobre 2026 à Paris ( AFP / Dimitar DILKOFF )

Il raconte avoir effectué le 17 octobre sept interventions urgentes dont deux concernaient des "traumas crâniens" et deux autres des "fractures ouvertes".

Blindé Centaure à Limoges

A Limoges, la gare est protégée par un périmètre de sécurité et un véhicule blindé Centaure est stationné devant la préfecture, une semaine après l'incendie de l'hôtel de ville.

Philippe, fonctionnaire de 46 ans, observe de loin cette mobilisation : "Je ne veux pas être associé à ça. Je vais attendre le 5 novembre pour manifester avec les syndicats. Ce sera plus encadré, plus légitime et plus sérieux. Il faut à tout prix éviter de laisser le mouvement être parasité par les casseurs".

En terrasse pour regarder la manif

A Montpellier, des clients d'un café sont installés en terrasse, au soleil. Comme au théâtre, ils sont tous tournés du même côté pour regarder passer les manifestants.

Lunettes de natation mauves

A Toulouse, un policier repart avec des éléments saisis sur des manifestants, un masque chirurgical et des lunettes de natation, une paire mauve et deux paires noires, qu'il tient dans la main, à proximité de son arme.

Porte close au Louvre

A Paris, le musée du Louvre est fermé samedi. Des visiteurs regardent à travers la grille close.

Une pancarte rouge indique que le domaine sera "exceptionnellement fermé. Les personnes ayant réservé pour une visite dans la journée de samedi seront automatiquement remboursées".

Aimez-vous

Devant le panneau de l'esplanade du Souvenir français à Orléans, un manifestant, bonnet rouge sur lequel est écrit "France" et cigarette à la main, tient une pancarte sur laquelle est inscrit "Aimez-vous".

La ville est le point d'orgue de ce nouveau samedi de mobilisation: elle accueille le congrès du Rassemblement national, contre lequel 11.000 manifestants ont été comptabilisés à midi par la préfecture, 26.000 selon les organisateurs.

"Je n'arrive pas à trouver de cortège"

Un étudiant de 21 ans et ses trois amies attendent près de l'université Lyon 2 en fin de matinée. Il souhaite rester anonyme : "je veux manifester, peu importe que l'arrondissement soit interdit de manifestation ou pas, parce que je trouve ça injuste et contraire au droit de manifester".

"Les forces de l'ordre sont très mobiles. Du coup je n'arrive pas à trouver de cortège depuis le début de la matinée. (...) Ils arrivent à disperser les cortèges avant même qu'ils apparaissent", souligne-t-il.

Il ajoute que contrairement au 17 octobre, "les informations relayées sur les réseaux ont du mal à se concrétiser", et "du coup on s'échange des informations comme des criminels. On est par petits groupes, par binôme, on essaye de se partager les infos, trouver des gens mais c'est très compliqué".

8 commentaires

  • 18:04

    Macron démission pour le bien de la France et du peuple !!!! dégage


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