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Marine Le Pen à la barre au procès en appel des assistants parlementaires du FN
information fournie par AFP 20/01/2026 à 04:25

Marine Le Pen, présidente du groupe parlementaire du RN, le 16 janvier 2026 à Marseille ( AFP / Miguel MEDINA )

Marine Le Pen, présidente du groupe parlementaire du RN, le 16 janvier 2026 à Marseille ( AFP / Miguel MEDINA )

Une prestation capitale pour son destin politique: Marine Le Pen est appelée mardi à la barre au procès en appel à Paris des assistants parlementaires du Front national, où elle joue sa candidature à la présidentielle de 2027.

Sous les grandioses boiseries de la première chambre du palais de justice, la leader d'extrême droite doit être interrogée mardi après-midi ainsi que toute la journée de mercredi par la cour présidée par la magistrate Michèle Agi, puis les représentants du parquet et les avocats des différentes parties prenantes.

La justice reproche à Marine Le Pen, au Rassemblement national (alors appelé Front national) et à dix autres cadres d'avoir payé entre 2004 et 2016 des salariés du parti, qui traversait alors des difficultés financières en raison de mauvais résultats électoraux, avec de l'argent du Parlement européen.

Sur les 25 condamnés en première instance, seule la moitié a fait appel.

Marine Le Pen, présidente du groupe parlementaire du RN, le 17 janvier 2026 à Marseille ( AFP / MIGUEL MEDINA )

Marine Le Pen, présidente du groupe parlementaire du RN, le 17 janvier 2026 à Marseille ( AFP / MIGUEL MEDINA )

En déplacement à Marseille en fin de semaine dernière, Marine Le Pen a martelé être "engagée dans un combat pour (s)on innocence", tout en soulignant ne pas vouloir plaider "devant la presse".

"Quand on fait appel, par définition, on est optimiste (...). Je veux conserver cet optimisme et cette conviction que la cour entendra les arguments que le tribunal n'a pas entendus", a-t-elle déclaré lors d'une conférence de presse avec le député RN Franck Allisio, candidat à la mairie de Marseille.

Le 31 mars, le tribunal correctionnel de Paris a déclaré Marine Le Pen coupable et l'a notamment condamnée à cinq ans d'inéligibilité avec exécution immédiate, l'empêchant en l'état de se présenter à la prochaine présidentielle. Un coup de tonnerre au moment où la candidate survolait les intentions de vote pour le premier tour.

En première instance, les juges ont établi le préjudice économique du Parlement de Strasbourg à 3,2 millions d'euros, une fois déduit 1,1 million d'euros de fonds indûment versés mais déjà remboursés par une partie des prévenus.

- Télescopage judiciaire -

Au moment où l'extrême droite a le vent en poupe, avec le nombre sans précédent de 120 députés RN à l'Assemblée, Marine Le Pen, rattrapée par les pratiques des années de vaches maigres du parti, pourrait voir sa quatrième candidature à l'élection présidentielle empêchée par la justice et devoir céder la place à son poulain Jordan Bardella.

Le président du Rassemblement national (RN), Jordan Bardella, participe à un événement au Grand Palais à Paris, le 13 janvier 2026 ( AFP / JULIEN DE ROSA )

Le président du Rassemblement national (RN), Jordan Bardella, participe à un événement au Grand Palais à Paris, le 13 janvier 2026 ( AFP / JULIEN DE ROSA )

Lors de sa première prise de parole devant les juges d'appel, à l'ouverture du procès il y a une semaine, la députée du Pas-de-Calais de 57 ans a soutenu n'avoir eu "aucun sentiment" de commettre un délit ni "rien dissimulé" dans cette affaire, estimant que le Parlement européen n'a pas "pas joué (son) rôle d'alerte".

Un argument balayé par l'institution européenne lors de la déposition de son représentant jeudi devant la cour d'appel.

"Le Parlement est la victime d'un système selon lequel certains assistants de députés européens du FN ont en fait travaillé au profit du parti", a estimé à la barre son directeur général des finances, Didier Klethi, fustigeant une "organisation bien rodée que seule l'instruction (de la justice) a permis de révéler".

Dans un télescopage du calendrier judiciaire, au moment même où Marine Le Pen montera à la barre sur l'île de la Cité, la 17e chambre correctionnelle du tribunal de Paris aux Batignolles rendra également son délibéré dans une affaire de diffamation dans laquelle elle est aussi mise en cause.

Une ancienne étudiante de l'Institut d'études politiques de Bordeaux la poursuit pour injure publique pour l'avoir associée en mars 2019 dans un tweet à l'"islam radical" en commentaire d'une photographie où elle était voilée.

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