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"Ma Dalton" ou "Mamie trésor": la personnalité clivante de Marie-Thérèse Garcia, jugée pour meurtre
information fournie par AFP 17/06/2026 à 22:16

"Ma Dalton" ou "Mamie trésor": la personnalité clivante de Marie-Thérèse Garcia, jugée pour meurtre ( AFP / CHARLY TRIBALLEAU )

"Ma Dalton" ou "Mamie trésor": la personnalité clivante de Marie-Thérèse Garcia, jugée pour meurtre ( AFP / CHARLY TRIBALLEAU )

Manipulatrice pour les uns, cœur sur la main pour les autres, la personnalité de Marie-Thérèse Garcia, jugée pour le meurtre de Corinne Di Dio en 1995, a été longuement évoquée mercredi au deuxième jour de son procès devant la cour d'assises des Yvelines.

Chemise à fleurs, cheveux blancs relevés en chignon et lunettes en verre fumé, l'accusée de 79 ans s'est montrée disserte pour répondre aux questions de la cour sur son parcours de vie.

Elle comparaît depuis lundi pour l'enlèvement, la séquestration et le meurtre de son ex belle-soeur Corinne Di Dio, dont le corps démembré avait été retrouvé fin juin 1995 dans une malle métallique dérivant sur la Seine près de La Roquette, dans l'Eure.

Le caractère bien trempé de Mme Garcia, que plusieurs membres de son entourage disent capable de violences verbales et physiques, lui a valu le sobriquet de "Ma Dalton", en référence à la cheffe de gang autoritaire de la BD Lucky Luke.

D'autres soutiens familiaux soulignent au contraire sa générosité et sa volonté d'aider ses proches, au point de la surnommer "Mamie trésor".

"Je suis pas toute rose, j'ai fait des erreurs dans ma vie et j'ai le verbe haut", a reconnu depuis son box l'accusée, en détention provisoire à la maison d'arrêt de Versailles depuis plus de trois ans.

Avant d'assurer un peu plus tard, d'une voix gouailleuse, n'avoir jamais été "hors ligne".

Marie-Thérèse Garcia est revenue sur ses relations sentimentales qui l'ont fait côtoyer plusieurs figures du grand banditisme, notamment le braqueur Antonio Gomez Marquez, coaccusé du meurtre de Corinne Di Dio.

Recherché pour trafic de stupéfiants, il est visé par un mandat d'arrêt et jugé en son absence.

Née à Montrouge dans les Hauts-de-Seine en 1946, Marie-Thérèse Garcia a vécu de longues années à Saint-Hilarion, dans les Yvelines, où elle avait pour habitude de garder des enfants du cercle familial élargi parmi lesquels Romain, le fils de Corinne Di Dio et Antonio Marquez Gomez.

C'est dans cette commune, située entre Versailles et Chartres, que la victime aurait été tuée, un crime que nie vigoureusement l'accusée.

"Ca fait 30 ans que je clame mon innocence, je n'en peux plus", s'est-elle emportée.

Deux non-lieux ont été rendus dans ce dossier, en 2000 et 2008 avant que l'enquête ne soit relancée en 2012 à la suite d'exploitations téléphoniques d'une petite-fille de Marie-Thérèse Garcia disant avoir vu dans sa jeunesse "une bonne femme se faire couper en morceaux".

Martinet

Il a aussi été question de l'environnement familial complexe de l'accusée, notamment ses rapports délétères avec sa fille cadette Nancy, qu'elle soupçonne d'avoir cherché à l'assassiner en 2004 en posant une grenade sous sa voiture, des faits contestés par l'intéressée.

A l'origine de la rivalité entre les deux femmes, la liaison qu'a entretenue Nancy avec Francisco Marquez Gomez, frère d'Antonio et ancien compagnon de Marie-Thérèse.

Une autre relation adultérine, celle entre Francisco et Corinne Di Dio, a été avancée au cours de l'enquête, plaçant la jalousie de Marie-Thérèse Garcia comme possible mobile du crime.

La présidente de la cour l'a aussi questionnée sur son père, décédé en 2008 et accusé par plusieurs membres de la famille d'attouchements sexuels, des abus que l'accusée a assuré ignorer.

"Il était assez sévère et nous a appris le respect", s'est-elle contentée de décrire, ajoutant que son père utilisait le martinet "avec douceur".

Interrogée sur ses conditions de détention, Marie-Thérèse Garcia a affirmé aller "moralement très mal et physiquement encore plus mal", dressant une longue liste de pathologies: hypertension, arthrose, vertiges, paralysie d'une partie du corps et multiples accidents cardio-vasculaires.

Elle comparaît le bras gauche en écharpe, à la suite d'une fracture du poignet.

Ses avocats, qui alertent depuis plusieurs années sur son état de santé et la présentent comme la détenue la plus âgée de France, ont formulé plusieurs demandes de remise en liberté avant son procès, toutes rejetées.

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