( AFP / ERIC PIERMONT )
Malgré une amélioration de leur trésorerie, les dirigeants de TPE et PME demeurent freinés dans leurs projets d'investissement par l'incertitude politique et géopolitique, selon le baromètre trimestriel de Bpifrance Le Lab et Rexecode publié vendredi.
L'étude, réalisée du 24 août au 3 septembre auprès de plus de 1.100 dirigeants d'entreprises de 1 à 249 salariés, montre que la situation financière des petites entreprises résiste malgré la persistance du conflit au Moyen-Orient. Le solde d'opinion sur l'évolution récente de la trésorerie gagne cinq points sur le trimestre et atteint son meilleur niveau depuis deux ans.
Dans le même temps, 88% (+3 points) des dirigeants estiment disposer d'une trésorerie suffisante pour absorber les conséquences du conflit.
Mais cette amélioration ne se traduit pas par un regain de confiance. Les intentions d'investissement reculent après leur rebond du premier semestre: 42% des dirigeants prévoient d'investir cette année, quatre points de moins qu'au trimestre précédent.
Parmi les entreprises ayant un projet d'investissement, 59% envisagent encore de le reporter ou de l'annuler en raison de l'incertitude entourant la politique économique. C'est toutefois sept points de moins qu'une année auparavant.
La faiblesse de la demande demeure le principal frein à l'activité, citée par 64% des dirigeants. Pour les dirigeants, trois principaux facteurs de risque pour l'activité se dégagent au troisième trimestre : l'incertitude politique à l'approche de l'élection présidentielle, citée par 24%, le contexte international, cité par 23% et la faiblesse de la demande, citée par 18%.
L'enquête s'est intéressée à l'entrée en vigueur de la facturation électronique au 1er septembre. Selon le baromètre, 91% des TPE-PME se déclaraient prêtes à recevoir des factures électroniques au moment de l'enquête. Côté émission de ces factures, dont l'obligation interviendra en septembre 2027, 44% se disent déjà prêtes et 46% supplémentaires estimaient pouvoir l'être dans les délais.
Huit dirigeants sur dix identifiaient des freins à la mise en œuvre de la réforme, notamment le coût de la plateforme électronique pour opérer les échanges (42%), la difficulté à choisir un prestataire adapté (37%) ou encore la complexité technique (23%), tandis que 21% redoutaient une augmentation du risque de vol de données.
Au total, 52% des chefs d'entreprise anticipent des bénéfices de cette réforme, principalement un gain de temps administratif. Ce n'était le cas au moment de l'enquête que de 38% des dirigeants qui n'étaient pas encore prêts, ceux ayant anticipé la réforme étant plus enthousiastes (58%).
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