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Les paramilitaires s'emparent du musée national du Soudan-directeur adjoint
information fournie par Reuters 03/06/2023 à 21:45

(Corrige coquille §1)

KHARTOUM, 3 juin (Reuters) - Le groupe paramilitaire des Forces de soutien rapide (FSR) a pris le contrôle du musée national du Soudan, a annoncé samedi son directeur adjoint, qui a exhorté les combattants à protéger le patrimoine national, notamment les momies millénaires.

Des membres des FSR, qui combattent l'armée depuis la mi-avril pour prendre le contrôle du Soudan, sont entrés dans le musée vendredi, a déclaré le directeur adjoint, Ikhlas Abdellatif.

Le personnel du musée ne connaît pas la situation à l'intérieur de l'établissement, fermé depuis que le conflit a éclaté le 15 avril, et la police a dû quitter les lieux, a ajouté Ikhlas Abdellatif.

Un combattant filmé dans l'enceinte du musée a nié vouloir porter atteinte au musée et a invité toute personne ou organisation voulant faire des vérifications à s'y rendre, montre une vidéo diffusée par les FSR.

On pouvait également voir dans la vidéo des membres des FSR recouvrir les momies exposées avec des draps et fermer les boîtes blanches dans lesquelles elles se trouvaient.

Le musée se trouve dans un grand bâtiment sur les rives du Nil, près de la banque centrale dans le centre de Khartoum, dans une zone où se sont déroulés certains des combats les plus violents.

Parmi les milliers d'objets inestimables présents dans le musée, se trouvent des momies qui datent de 2.500 ans avant J.-C. et sont les plus anciennes et les plus importantes au monde sur le plan archéologique.

L'établissement contient également des statues, des poteries et des peintures murales anciennes, ainsi que des objets datant de l'âge de pierre jusqu'aux époques chrétienne et islamique, a déclaré l'ancien directeur Hatim Alnour.

Les combats se poursuivent malgré plusieurs trêves, dont une négociée par l'Arabie saoudite et les États-Unis, à laquelle les deux parties ont adhéré. La dernière devait expirer samedi soir.

Des habitants ont fait état d'affrontements et de frappes aériennes et d'artillerie samedi après-midi dans le sud de Khartoum et dans les quartiers nord des villes jumelles d'Omdourman et de Bahri, situées de part et d'autre du Nil.

Après la poursuite des affrontements, Washington et Riyad ont suspendu les pourparlers et les États-Unis ont annoncé cette semaine des sanctions sur les intérêts commerciaux des deux parties.

Les affrontements, les plus violents dans le pays depuis des décennies, ont été déclenchés par un désaccord sur l’intégration des FSR dans l’armée, nouvel épisode des tumultes liés au partage du pouvoir mis en place à la suite du coup d’Etat militaire de 2021, survenu deux ans après la chute de l’autocrate Omar el Béchir.

Vendredi, le Conseil de sécurité des Nations unies a appelé les belligérants à cesser les hostilités pour permettre l'accès des organisations humanitaires.

"L'armée nous bombarde et les forces de sécurité sont dispersées dans les rues. Les citoyens paient le prix de la guerre", a commenté Sami el-Tayeb, un habitant d'Omdourman âgé de 47 ans.

Le conflit a déjà provoqué le déplacement de 1,2 million de personnes à l'intérieur du pays et forcé 400.000 autres à fuir dans les États voisins.

(Reportage Khalid Abdelaziz à Dubaï et Adam Makary au Caire, rédigé par Angus McDowall ; version française Kate Entringer)

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