Une "dynamique dangereuse" pour l'Etat de droit est à l'oeuvre aux Etats-Unis depuis l'entrée en fonction de la nouvelle administration, qui multiplie "sanctions, représailles politiques et mesures discriminatoires" envers les professions juridiques et singulièrement les avocats, déclarent les barreaux de Paris et de New York dans une tribune publiée vendredi.
"Les règles de droit qui permettaient autrefois le dialogue et la coopération entre États sont aujourd'hui ouvertement rejetées, critiquées et bafouées, souvent sans procédure régulière ni justification", écrivent le bâtonnier et la vice-bâtonnière de Paris, ainsi que le bâtonnier de New York sur le site du Monde.
Le samedi 24 janvier est la "Journée internationale des avocats en danger", au cours de laquelle les barreaux entendent dénoncer les intimidations et autres pressions politiques qui visent les avocats dans le monde. C'est la situation aux Etats-Unis depuis l'investiture de Donald Trump, le 20 janvier 2025, qui est mise en avant cette année.
Un choix justifié par "de graves préoccupations concernant l'escalade des attaques contre les avocats aux États-Unis en 2025, notamment les sanctions, représailles politiques et mesures discriminatoires qui portent atteinte à l'indépendance professionnelle", soulignent Louis Degos, Carine Denoit-Benteux, et Muhammad Faridi.
"Au cours de l'année écoulée, la volonté constante du pouvoir exécutif de cibler certains cabinets d'avocats et de restreindre leur capacité à exercer a introduit une nouvelle dynamique dangereuse pour l'ensemble du système juridique", déplorent-ils.
L'administration fédérale américaine, sur ordre de Donald Trump, a pris en 2025 une série de mesures drastiques contre les cabinets d'avocats américains visant à limiter leur champ d'action : retrait d'habilitations de sécurité aux avocats, interdiction de recevoir des fonds publics, interdiction d'accès des avocats aux bâtiments fédéraux.
La Maison Blanche a notamment pris pour cible le cabinet Covington & Burling, qui a accepté de représenter Jack Smith, l'ancien procureur spécial chargé des procédures pénales contre Donald Trump, en lien notamment avec les tentatives d'inverser les résultats de l'élection présidentielle de 2020.
(Sophie Louet, édité par Tangi Salaün)

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