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Le PDG de Naval Group dénonce une "brutalité inouïe" de l'Australie
information fournie par Reuters22/09/2021 à 23:21

LE PDG DE NAVAL GROUP DÉNONCE UNE "BRUTALITÉ INOUÏE" DE L'AUSTRALIE

LE PDG DE NAVAL GROUP DÉNONCE UNE "BRUTALITÉ INOUÏE" DE L'AUSTRALIE

PARIS (Reuters) - La décision de l'Australie de renoncer à son contrat avec Naval Group portant sur 12 sous-marins a été effectuée "sans aucun préavis, avec une brutalité inouïe", a déclaré dans un entretien au Figaro le PDG du groupe français, Pierre Éric Pommellet, qui va remettre une "proposition détaillée" pour être indemnisé.

La France a dénoncé la semaine dernière un "coup dans le dos" après la décision de l'Australie d'annuler ce contrat de plusieurs dizaines de milliards de dollars au profit d'un partenariat stratégique avec les Etats-Unis et la Grande-Bretagne.

Canberra a fait valoir cette semaine que Paris n'aurait pas dû être surpris par son changement d'alliance, assurant avoir exprimé depuis des années son inquiétude sur ce contrat du fait notamment de retards et de coûts en hausse.

"Naval Group a toujours honoré ses engagements sur tous les plans, coûts, délais, supply chain australienne…", assure Pierre Éric Pommellet dans un entretien publié mercredi soir sur le site internet du Figaro. "Chez Naval Group, ni en France, ni en Australie, nous n'avons eu aucun signe avant-coureur ni la moindre information que nous devenions un plan B au bénéfice d'un plan A associant les Etats-Unis et le Royaume-Uni".

Le 15 septembre, explique-t-il, quelques heures avant que Canberra n'informe Naval Group de sa décision, celui-ci a reçu "un courrier nous informant officiellement que le gouvernement australien avait accepté notre offre ainsi que les choix techniques qui auraient permis d'engager une nouvelle phase du programme, dite 'basic design' des sous-marins".

Interrogé sur les indemnités de rupture de contrat, le PDG de Naval Group déclare que les estimations de montant qui circulent n'ont "aucun fondement".

"L'Australie a résilié le contrat pour 'convenance' (...) Nous ne sommes pas en 'faute'", dit Pierre Éric Pommellet. "C'est un cas qui est prévu dans le contrat et qui donnera lieu notamment à un paiement de nos coûts engagés et à venir (...) L'Australie nous a demandé de lui remettre une proposition détaillée et chiffrée" qui sera remise dans "quelques semaines".

Le président français Emmanuel Macron et le président américain Joe Biden sont convenus mercredi lors d'un entretien téléphonique de lancer des "consultations approfondies" pour mettre en place "les conditions garantissant la confiance" entre Paris et Washington après la crise provoquée par cette affaire.

(Rédigé par Jean Terzian)

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