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Le nouveau gouvernement se place sous le sceau de l'"humilité" et du "dialogue"
information fournie par Reuters 23/09/2024 à 17:33

Le Premier ministre français Michel Barnier arrive pour assister à une réunion avec le nouveau gouvernement français à l'Hôtel de Matignon à Paris

Le Premier ministre français Michel Barnier arrive pour assister à une réunion avec le nouveau gouvernement français à l'Hôtel de Matignon à Paris

Emmanuel Macron a invité lundi le nouveau gouvernement, réuni pour son premier conseil des ministres, à faire preuve "d'humilité" et "d'esprit de dialogue" à l'écoute des "voix divergentes" des Français.

Après une réunion à Matignon lundi matin avec le Premier ministre Michel Barnier, les 39 ministres et secrétaires d'Etat se sont retrouvés autour du chef de l'Etat dans l'après-midi à l'Elysée pour un conseil des ministres express qui aura duré 28 minutes.

Emmanuel Macron a jugé que "s'ouvrait un temps nouveau pour la vie" du pays, plus de deux mois après la dissolution surprise de l'Assemblée et les élections législatives anticipées qui ont suivi et débouché sur une chambre fragmentée.

Tenant d'une "coexistence exigeante", le chef de l'Etat a assuré aux ministres qu'il serait là pour les "aider à réussir" et les a appelés à faire "preuve d'humilité et d'esprit de dialogue avec les Français".

"Beaucoup de nos compatriotes ont exprimé des voix divergentes. Il faut les entendre et les respecter", a déclaré Emmanuel Macron, selon son entourage.

Le Premier ministre a pour sa part demandé aux membres de son gouvernement de la "solidarité" et de "la simplicité dans le comportement, sans jamais faire preuve d'arrogance".

L'ancien commissaire européen avait déjà réclamé, lors de la réunion de lundi matin, que ses ministres soient "irréprochables et modestes", sans "esbroufe", a indiqué son entourage.

Un séminaire gouvernemental est prévu vendredi après-midi à Matignon pour préparer le discours de politique générale que doit prononcer Michel Barnier le 1er octobre à l'Assemblée nationale. Avant cela, le chef du gouvernement entend rencontrer les présidents des groupes parlementaires et les partenaires sociaux.

"RÉSULTATS RAPIDES"

Après deux mois d'un gouvernement démissionnaire chargé de la gestion des affaires courantes, Michel Barnier entend "agir plus que communiquer" pour des "résultats rapides", a souligné son entourage.

"Ce sera dur", a concédé le nouveau ministre de l'Intérieur (Les Républicains, LR) Bruno Retailleau lors de la passation de pouvoirs avec Gérald Darmanin. "Il faudra de la persévérance, du professionnalisme, de la constance aussi".

Michel Barnier revendique le soutien de 220 à 230 députés, soit le "socle le plus important de l'Assemblée nationale" - une assise toutefois loin des 289 élus requis pour la majorité absolue.

Sans surprise, l'alliance de gauche du Nouveau Front populaire (NFP), forte de 193 députés, a dénoncé une "forfaiture antidémocratique", selon l'expression du député La France insoumise Manuel Bompard sur Europe 1.

"La nomination de Michel Barnier et la constitution de ce gouvernement est une sorte de braquage en bande organisée", a dénoncé le coordinateur de LFI alors que le NFP, ressorti en tête des élections législatives anticipées, revendiquait de former un gouvernement de cohabitation.

LE RN "ATTEND LE DISCOURS DE POLITIQUE GÉNÉRALE"

Le NFP menace d'ores et déjà de déposer une motion de censure contre le gouvernement à l'issue du discours de politique générale de Michel Barnier.

"Quoi qu’il arrive, ce sera la motion de censure", a confirmé Manuel Bompard.

Le NFP n'est toutefois pas en mesure à lui seul de faire tomber le gouvernement; il lui faut pour cela les voix du Rassemblement national (RN) et de ses alliés qui comptent 142 députés à l'Assemblée nationale.

Dans la formation d'extrême droite, la ligne est de ne pas sanctionner "a priori" tout en laissant planer la menace d'une censure.

"On attend le discours de politique générale de M.Barnier, qu'est-ce qu'il va annoncer comme chemin pour notre pays, qu'est-ce qu'il va annoncer comme mesures concrètes très rapides sur le budget, et on jugera sur pièce", a expliqué lundi sur France Inter le député RN Jean-Philippe Tanguy.

"C'est nous qui déciderons si oui ou non ce gouvernement a un avenir", a-t-il ajouté.

La présentation du budget pour 2025, prévue le 9 octobre, constituera le premier test majeur pour le gouvernement Barnier.

Si le Premier ministre a exclu dimanche toute hausse généralisée des impôts - rejetée par le camp présidentiel -, il n'a pas exclu "quelques prélèvements ciblés" sur les Français "les plus fortunés" et "certaines grandes entreprises".

(Rédigé par Blandine Hénault et Elizabeth Pineau, édité par Sophie Louet)

1 commentaire

  • 23 septembre 13:30

    il y a le budget, et il y a la gestion du budget. J’imagine que la politique d’embauche et de remplacement n’est pas de la responsabilité de l’AN mais des ministres et Ministères?


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