Le ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Saar a annoncé jeudi qu'il rompait "tout contact" avec la cheffe de la diplomatie de l'Union européenne Kaja Kallas, après des propos qui lui ont été attribués et dans lesquels elle aurait comparé Israël à l'Afrique du Sud de l'époque de l'apartheid.
Dans une publication sur les réseaux sociaux, Gideon Saar a indiqué que Kaja Kallas aurait "comparé Israël au régime raciste de l'apartheid" lors d’une visite au Mexique le mois dernier et qu'en conséquence, il rompait tout contact avec elle jusqu'à ce qu'elle retire ses propos.
Dans des publications ultérieures sur X, Gideon Saar a partagé des messages provenant d’autres comptes qui mentionnaient ou faisaient référence à un article publié le 12 juin par le site d’information européen Euractiv.
Cet article citait des responsables et des diplomates anonymes affirmant que, lors de sa visite au Mexique, Kaja Kallas avait comparé le traitement réservé par Israël aux Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza aux politiques de l’Afrique du Sud sous l’apartheid, un système de ségrégation raciale institutionnalisée.
Kaja Kallas a répondu au ministre israélien dans un message publié sur X, soulignant l'importance du maintien du dialogue sans toutefois aborder directement les propos qui lui étaient attribués.
"Cher Gideon, comme vous le savez, l’Union européenne et Israël ont beaucoup de liens qui nous unissent", a-t-elle écrit.
"Je reste attachée à notre dialogue et à notre engagement, et je suis disposée à poursuivre dans cet esprit, de manière respectueuse et constructive. Le dialogue est le fondement de la diplomatie, en particulier lorsque des divergences apparaissent. L’UE est toujours attachée à une relation constructive avec Israël," a-t-elle ajouté.
CRITIQUES DE L'UE SUR L'EXTENSION DES COLONIES
L'UE a critiqué l’expansion des colonies juives par Israël en Cisjordanie, largement considérée comme illégale au regard du droit international et comme un obstacle à la paix israélo-palestinienne, ainsi qu’à la création d’un État palestinien.
En mai, l’UE avait sanctionné trois personnes et quatre entités qu’elle a désignées comme responsables de "violations graves et systématiques des droits de l’homme à l’encontre des Palestiniens en Cisjordanie". Gideon Saar avait alors déclaré qu’Israël rejetait fermement cette décision.
L’UE a également critiqué la conduite d’Israël dans la guerre à Gaza, tout en réaffirmant le droit d’Israël à se défendre. Mais les 27 États membres du bloc restent divisés, certains étant très critiques envers Israël tandis que d’autres entretiennent des relations étroites avec le pays.
Jeudi, Gideon Saar a accusé Kaja Kallas d’"agir de manière obsessionnelle et avec une injustice flagrante envers l’État d’Israël".
Dans sa réponse, Kaja Kallas a déclaré que "pour parvenir à la paix au Moyen-Orient, la solution à deux États reste la seule voie viable".
"L’Union européenne a condamné les colonies israéliennes illégales en Cisjordanie, qui rendent de plus en plus difficile l’atteinte de cet objectif. Telle est la position de l’UE," a-t-elle déclaré.
(Reportage Alexander Cornwell et Lili Bayer, version française Elena Smirnova, édité par Benoit Van Overstraeten)

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