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Le Conseil de la paix se réunit, l'avenir de Gaza dans le flou
information fournie par Reuters 19/02/2026 à 15:32

(Actualisé avec déclarations du porte-parole du Quai d'Orsay)

par Steve Holland, Simon Lewis et Samia Nakhoul

Donald Trump présidera ce jeudi à Washington la séance inaugurale de son Conseil de la paix censé piloter la reconstruction de la bande de Gaza dont l'avenir reste suspendu à de nombreuses questions laissées sans réponse.

Le désarmement du Hamas, l'ampleur des fonds destinés à rebâtir l'enclave palestinienne anéantie par des mois de bombardements israéliens, l'accès à l'aide humanitaire pour les plus de deux millions d'habitants du territoire sont quelques-uns des problèmes urgents que cette instance mise en place dans le cadre de l'accord de cessez-le-feu d'octobre 2025 devra s'atteler à régler dans les semaines et mois à venir.

En amont de la réunion, à laquelle devraient assister les représentants de 47 pays, le président américain a annoncé que 5 milliards de dollars (4,23 milliards d'euros) avaient été levés pour abonder le fonds de reconstruction.

Cette somme devrait inclure deux versements de 1,2 milliard effectués respectivement par les Emirats arabes unis et le Koweït, deux pays du Golfe alliés à Washington, a déclaré un responsable américain à Reuters.

Selon des représentants de la Maison blanche, Donald Trump devrait également dévoiler les noms de plusieurs pays prêts à participer à une force internationale de stabilisation dans le territoire palestinien dont le déploiement, suspendu au désarmement du Hamas, n'est pas attendu avant des mois.

Le mouvement islamiste freine des quatre fers pour rendre ses armes, l'un des 20 points du plan de paix dévoilé par Donald Trump en octobre dernier, qui n'a abouti pour l'heure qu'à un cessez-le-feu précaire après deux ans de guerre et au renforcement de l'emprise du Hamas sur l'enclave.

"Nous n'avons aucune illusion sur les défis concernant la démilitarisation, mais nous avons été encouragés par les retours des médiateurs", déclare un haut responsable du gouvernement américain.

SCEPTICISME

Le Conseil de la paix, ses attributions et sa composition, suscitent scepticisme et controverse.

Israël y est représenté contrairement aux Palestiniens et Donald Trump, en suggérant le mois dernier qu'il pourrait oeuvrer à la fin d'autres conflits dans le monde, a alarmé les partisans du multilatéralisme en laissant transparaître sa volonté de contourner les Nations unies.

Les délégations de 47 pays, de l'Albanie au Vietnam, ainsi que l'Union européenne en tant qu'observateur, sont attendues à Washington mais aucun des membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies ne sera présent hormis les Etats-Unis.

"Le Board of Peace doit se recentrer sur la situation à Gaza (...). Tant qu'il existe une ambiguïté sur son périmètre, la France ne peut pas y participer, tout simplement", a déclaré jeudi le porte-parole du Quai d'Orsay Pascal Confavreux lors de son point de presse hebdomadaire.

"S'agissant de la Commission européenne, nous sommes surpris car elle n'a pas de mandat du Conseil européen pour s'y rendre (...) elle devra s'en expliquer à son retour", a-t-il ajouté.

Outre Donald Trump, le secrétaire d'Etat Marco Rubio, les négociateurs du président américain, son émissaire Steve Witkoff et son gendre Jared Kushner, l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair, appelé à jouer un rôle éminent au sein du "Board", et le diplomate bulgare Nikolaï Mladenov, désigné Haut représentant pour Gaza, prendront la parole.

Un membre du Conseil de la paix souhaitant rester anonyme a estimé que le plan Trump se heurtait à de multiples obstacles.

La sécurisation de l'enclave est une condition préalable à la mise en oeuvre des étapes suivantes mais la force de police n'est ni formée, ni opérationnelle, a-t-il souligné.

Une autre question non résolue est de savoir qui négociera avec le Hamas, Israël se méfiant du Qatar et de la Turquie, capables d'exercer une influence sur le mouvement islamiste.

A cela s'ajoute l'aide humanitaire, que cet officiel qualifie de "désastreuse" en l'état, et dont on ne sait encore comment elle sera distribuée à l'avenir.

(Jean-Stéphane Brosse pour la version française, avec John Irish, édité par Blandine Hénault et Kate Entringer)

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