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La perspective d'un procès s'éloigne pour Aurore Bergé dans l'affaire des crèches privées
information fournie par AFP 04/05/2026 à 18:26

Aurore Bergé, ministre chargée de l' égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations, le 11 avril 2026 à Paris ( AFP / Ian LANGSDON )

Aurore Bergé, ministre chargée de l' égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations, le 11 avril 2026 à Paris ( AFP / Ian LANGSDON )

La perspective d'un procès devant la Cour de justice de la République s'éloigne pour Aurore Bergé, qui n'a pas été mise en examen dans l'enquête, désormais bouclée, sur des soupçons de faux témoignage sous serment à propos de ses liens avec une lobbyiste des crèches privées.

Figure macroniste, la ministre de 39 ans a été mise en cause à l'origine par le livre-enquête "Les Ogres" (Flammarion) de Victor Castanet, paru en septembre 2024, sur les dérives de certains groupes privés de crèches.

Le journaliste, prix Albert-Londres pour son ouvrage précédent sur les maisons de retraite et le groupe Orpea, évoquait un "pacte de non-agression" qui aurait été conclu entre Aurore Bergé, titulaire à l'époque du portefeuille de la Famille, et la déléguée générale de la Fédération française des entreprises de crèches (FFEC), Elsa Hervy.

Dans un courriel révélé par M. Castanet, la ministre dit à sa directrice de cabinet en août 2023 à propos de Mme Hervy: "C'est surtout une copine :) Elle sera très aidante avec moi".

Auditionnée le 30 avril 2024 sous serment par la commission d'enquête parlementaire sur le modèle économique des crèches, la ministre avait affirmé n'avoir aucun "lien personnel, intime ou amical, ni d'accointances" avec Elsa Hervy.

Le journaliste Victor Castanet le 15 novembre 2025, à Trappes dans les Yvelines ( AFP / GEOFFROY VAN DER HASSELT )

Le journaliste Victor Castanet le 15 novembre 2025, à Trappes dans les Yvelines ( AFP / GEOFFROY VAN DER HASSELT )

Des députés de La France insoumise et du groupe Écologiste et social la soupçonnaient d'avoir passé sous silence des relations avec les lobbys.

Après un signalement du bureau de l'Assemblée nationale, une information judiciaire a été ouverte, début 2025, devant la Cour de justice de la République (CJR), l'instance qui juge les membres du gouvernement pour des actes commis dans l’exercice de leurs fonctions.

Les gendarmes de la section de recherches de Paris et trois magistrats de la CJR ont alors cherché à déterminer si Mme Bergé et la lobbyiste, Elsa Hervy, avaient une relation particulière, qui aurait pu être sciemment cachée par la ministre.

Cette dernière a été entendue deux fois, en juin et octobre 2025, et avait été placée sous le statut de témoin assisté.

- "Ça n'existera jamais" -

L'information judiciaire ouverte début 2025 devant la Cour de justice de la République (CJR) est "clôturée" ( AFP / KENZO TRIBOUILLARD )

L'information judiciaire ouverte début 2025 devant la Cour de justice de la République (CJR) est "clôturée" ( AFP / KENZO TRIBOUILLARD )

"Cette information judiciaire ouverte est clôturée", a confirmé lundi à l'AFP le parquet général près la Cour de cassation, après une information de Ouest-France. "Aucune mise en examen n’est intervenue dans cette procédure", a-t-il précisé.

Le ministère public doit désormais prendre ses réquisitions sur le sort à donner à la procédure. Il peut notamment demander un non-lieu, ou de nouvelles investigations, mais ne peut pas requérir de procès contre un témoin assisté, comme Mme Bergé.

Ce statut est en effet réservé aux personnes mises en cause dans une enquête pénale ou sur lesquelles pèsent des indices qui rendent vraisemblable leur participation à la commission d'une infraction, mais qui ne sont pas mises en examen, car les indices ne sont pas suffisants.

"La décision appartient aujourd’hui aux magistrats de la CJR et à eux seuls", a réagi l'avocate de la ministre à l'Égalité entre les femmes et les hommes et à la lutte contre les discriminations, ex-présidente du groupe Renaissance à l'Assemblée Nationale, Me Jade Dousselin, interrogée par l'AFP, tout en précisant qu'il ne lui appartenait "pas de communiquer sur ce sujet" et qu'elle ne savait pas qui avait rendu publique cette information.

"La ministre rappelle qu'elle a toujours démenti catégoriquement les accusations qui étaient portées à son encontre et qu'elle a déposé plainte en diffamation", a-t-elle poursuivi.

La FFEC et Elsa Hervy ont elles aussi porté plainte en diffamation à l'encontre de Victor Castanet.

Fin 2025, Me Albane Lancrenon, conseil de la FFEC et d'Elsa Hervy, avait souligné auprès de l'AFP que "cette dernière n'a jamais entretenu de relation personnelle, intime ou amicale avec Aurore Bergé et que leurs échanges sont toujours restés strictement professionnels".

"Il est sain pour les ministres d'écouter aussi les acteurs de terrain. Il nous est arrivé d'échanger directement, comme la ministre l'a fait avec d'autres acteurs, mais je n'ai passé aucun pacte. Ça n'existera jamais", avait précédemment déclaré sa cliente.

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