Aperçu presse de la tapisserie de Bayeux au British Museum de Londres
"C'est tout simplement magique" : les premiers visiteurs de l'exposition du British Museum dévoilant la tapisserie de Bayeux, qui s'est ouverte jeudi à Londres, ne cachaient pas leur émotion en découvrant la broderie du XIe siècle relatant la conquête de l'Angleterre par Guillaume le Conquérant en 1066.
L'exposition-événement, qui s'achève le 11 juillet 2027, fait l'objet d'un engouement inédit, une véritable "Bayeux-mania". Les premiers billets mis en vente en juillet se sont arrachés et une nouvelle mise en vente est prévue le 21 octobre.
"C'est tout simplement magique, n'est-ce pas ?", s'exclame Pauline Gairey, professionnelle de la finance venue du Pays de Galles, qui se souvenait avoir étudié la tapisserie à l'école.
"C'est merveilleux qu'elle soit visible au Royaume-Uni, je suis vraiment ravie d'être ici."
Les journaux anglais ont publié des guides spéciaux sur "The Bayeux tapestry", "prêt historique de la France", les internautes échangent des conseils pour obtenir des billets et le pub situé en face du musée a même temporairement été rebaptisé "The Beer Tapestry".
Le chef-d'œuvre a quitté officiellement le 9 juillet le musée de Bayeux (Calvados), en rénovation jusqu'à octobre 2027. Ce document historique unique, inscrit dans la catégorie "Mémoire du Monde" de l'Unesco, devrait être de retour en France avant septembre 2027.
"BANDE DESSINÉE"
En échange, des pièces exceptionnelles du trésor de Sutton Hoo, site archéologique anglais du haut Moyen-Âge, (casque en bronze, épée au pommeau en or et grenat, cottes de mailles, etc.) ont été prêtées par le British Museum pour être exposées à Caen (Calvados) et Rouen (Seine-Maritime).
Les employés du British Museum s'étaient vêtus jeudi pour l'occasion de costumes de combat médiévaux, avec casques, boucliers et épées, rappel des faits d'armes du duc de Normandie.
Longue de 70 mètres et haute de 50 centimètres, la broderie est présentée dans une vitrine et exposée pour la première fois à plat, dans une semi-obscurité. Les visiteurs disposent de 40 minutes pour l'observer d'une passerelle surélevée avant de descendre et d'admirer de près ses détails colorés. Des animations expliquent les événements retracés.
La tapisserie emblématique de l'art roman comporte 58 scènes dont 25 scènes sont en France et 33 en Angleterre, avec 626 personnages. Dix scènes, notamment, sont consacrées à la Bataille d'Hastings.
"C'est incroyable que les couleurs soient encore si vives, c'est incroyable comme ça a résisté si bien au temps", s'enthousiasme Richard Samuel, un avocat de 60 ans.
"C'est une sorte de bande dessinée extrêmement évocatrice qui continue de nous fasciner aujourd'hui encore, mille ans après sa création", renchérit Jessica O'Neill qui anime une chaîne YouTube consacrée aux musées et faisait la queue pour visiter l'exposition.
Le roi Charles III s'était rendu sur place la semaine dernière accompagné du président français Emmanuel Macron.
(Reportage d'Edward Baran et Toby Melville, rédigé par Sarah Young; version française Aleksandra Kret, édité par Sophie Louet)

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