L'augmentation est faible, certes, mais force est de constater qu'en termes de taux de chômage, la tendance s'est inversée. Alors que l'année 2023 avait été marquée par une baisse de 0,3 points par rapport à 2022, l'Insee vient d'annoncer une augmentation de 0,1 point au troisième trimestre 2024... Inquiétant, ou comme le précise l'Institut, un phénomène d'évolution "quasi stable" qui doit être temporisé ? Quelques éléments d'analyse.
(Crédits: Adobe Stock)
Le chômage en France en quelques chiffres
Le taux de chômage en France touche au troisième trimestre 2024, 7,4% de la population active (contre 7,3 % au trimestre précédent), soit 2,3 millions de personnes. La tranche d'âge 15 - 24 ans est la plus touchée par le chômage, avec un taux de 19,7% (soit une augmentation de 1,8 pour cent par rapport au trimestre précédent). Du côté des tranches d'âges supérieures les chiffres sont plus encourageants pour les 55 à 64 ans, avec un taux d'emploi qui est passé de 34% à 58,4% entre 2000 et 2023. En revanche, le taux d'emploi chute après 60 ans, passant à 38,1% chez les 60-64 ans. Un phénomène que la Direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques (DARES) impute aux transitions progressives vers la retraite : « Jusqu'à 55 ans, la part de personnes en retraite est marginale, alors qu'à 60 ans, une personne sur six environ est retraitée, et plus de deux sur trois le sont à 63 ans. »
L'Insee temporise, la CGT alerte...
Alors que l'INSEE qualifie le taux de chômage de « quasi stable", soulignant que la récente évolution est proche des taux enregistrés sur la même période en 2023, les syndicats, de leur côté, sont beaucoup moins optimistes et interpellent le gouvernement... « Ça fait six mois qu'on tire le signal d'alarme. En mai, la CGT a publié une liste des 130 plans de licenciement en cours. Personne n'en a rien eu à faire... [ ] Là, aujourd'hui, on est quasiment à 200 », déclarait ainsi Sophie Binet la secrétaire générale de la CGT, interviewée par La Dépêche. De fait, les données récentes publiées par l'Insee ne prenaient déjà pas en compte les plans sociaux annoncés dans certains gros groupes comme Michelin ou Auchan. La hausse du chômage enregistrée ce trimestre devrait donc se poursuivre, et le taux de chômage pourrait atteindre 8 % à la fin de l'année 2025. Pour tenter de rassurer à la fois les syndicats et le patronat, le Premier ministre Michel Barnier a indiqué, le 14 novembre dernier, dans un entretien à Ouest France, que son gouvernement allait mettre en place une « task force » réunissant « tous les ministres concernés » (travail, industrie, finances, budget…). Objectif : « apporter des réponses rapides à chaque situation particulière ». et d'ajouter que le gouvernement est aussi « en train de demander à toutes les entreprises qui ont reçu de l'argent public ces dernières années, notamment pour surmonter les crises du Covid et de l'énergie chère, de nous dire ce qu'elles en ont fait ».
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