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Israël dit avoir tué un artificier du Hamas, les civils fuient la ville de Gaza
information fournie par Reuters 08/11/2023 à 17:26

De la fumée s'élève dans le nord de la bande de Gaza à la suite d'une frappe aérienne israélienne

De la fumée s'élève dans le nord de la bande de Gaza à la suite d'une frappe aérienne israélienne

L'armée israélienne a dit mercredi avoir éliminé au cours de frappes aériennes un important artificier du Hamas, alors que les troupes israéliennes sont entrées dans la ville de Gaza que les civils continuent à fuir par le couloir sécurisé qu'Israël ouvre quatre heures par jour.

Après un mois d'intenses bombardements aériens, les forces terrestres israéliennes ont coupé la bande de Gaza en deux pour isoler les centres de commandement du Hamas situés pour la plupart dans des tunnels creusés sous la ville de Gaza.

Israël a appelé la population civile à quitter la ville et a mis en place depuis le début de la semaine un corridor sécurisé pendant quatre heures par jour. Plusieurs milliers d'habitants l'ont emprunté mercredi à la mi-journée pour gagner le sud de l'enclave, bien que celle-ci subisse aussi des bombardements, de moindre intensité cependant.

"La situation empire de jour en jour", a déclaré Oum Haïtham Hejela, une femme qui a pour le moment choisi de rester dans la ville de Gaza et a trouvé refuge dans un camp de toile improvisé sur le parking de l'hôpital d'Al Chifa. "Il n'y a pas de nourriture, pas d'eau. Quand mon fils va chercher de l'eau, il doit faire la queue pendant trois ou quatre heures. Ils ont bombardé les boulangeries. Nous n'avons plus de pain."

Le ministre israélien de la Défense, Yoav Gallant, a déclaré mardi que ses troupes affrontaient les combattants islamistes au coeur de la ville de Gaza.

Dans un communiqué, l'armée a dit mercredi avoir tué dans deux frappes distinctes un armurier du Hamas jouant un rôle important dans la fabrication des roquettes utilisées par le mouvement islamiste contre les villes israéliennes, Mahsein Abou Zina, ainsi que des combattants qui tiraient des roquettes ou des missiles antichar contre ses forces.

DESTRUCTION DES TUNNELS

Selon les médias palestiniens, des combats ont lieu près du camp d'Al Chati ("La plage"), situé le long du littoral dans la partie nord-ouest de la ville de Gaza. Le Hamas a affirmé pour sa part avoir infligé de lourdes pertes aux assaillants.

Israël dit avoir perdu 32 soldats depuis le début de son offensive terrestre il y a un peu plus d'une semaine. Côté palestinien, le dernier bilan fait état de 10.569 morts.

Reuters n'est pas en mesure de vérifier les affirmations des deux camps sur le champ de bataille.

Yoav Gallant a assuré mardi qu'Israël n'avait qu'"une seule cible à Gaza : les terroristes du Hamas, leurs infrastructures, leurs commandants, leurs bunkers et leurs salles de communication".

Le principal porte-parole de l'armée, le contre-amiral Daniel Hagari, a précisé que le génie utilisait des engins explosifs pour détruire méthodiquement le réseau de tunnels construit par le Hamas, qui s'étend sur des centaines de kilomètres sous Gaza.

Dans un communiqué publié mercredi, l'armée a dit avoir détruit 130 puits de tunnels depuis le début de son opération terrestre.

Les chars israéliens rencontrent une forte résistance de la part des combattants du Hamas qui utilisent ces tunnels pour leur tendre des embuscades, selon des sources au sein du Hamas et du Djihad islamique.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a répété qu'Israël n'accepterait aucun cessez-le-feu tant que les quelque 240 otages pris par le Hamas lors de son attaque de grande ampleur du 7 octobre ne seraient pas libérés.

Le Hamas affirme pour sa part qu'il ne fera aucun geste tant que l'offensive se poursuivra. "Gaza est incassable et restera une épine dans la gorge des Américains et des sionistes", a déclaré Ghazi Hamad, haut responsable du mouvement islamiste, à la chaîne de télévision Al Jazeera.

Selon une source au fait des discussions, le Qatar, qui mène depuis le début du conflit une médiation en coordination avec les Etats-Unis, tente de négocier la libération de 10 à 15 otages en échange d'une pause humanitaire d'un ou deux jours.

"QUELQUE CHOSE NE VA PAS", DIT GUTERRES

Washington a soutenu la position d'Israël selon laquelle un cessez-le-feu aiderait militairement le Hamas. Mais le président Joe Biden a dit mardi qu'il avait exhorté Benjamin Netanyahu à accepter une pause humanitaire.

Le secrétaire général de l'Onu, Antonio Guterres, a estimé pour sa part que le nombre important de victimes civiles à Gaza démontre que "quelque chose ne va clairement pas" dans la façon dont est menée l'opération militaire israélienne.

"Il est également important qu'Israël comprenne que ce n'est pas dans son intérêt que l'on voit tous les jours les images terribles des besoins humanitaires dramatiques auxquels sont confrontés les Palestiniens", a-t-il dit à Reuters Next, réitérant son appel à un accès sans restriction de l'aide humanitaire.

Près des deux tiers des 2,3 millions d'habitants de Gaza ont des été déplacés par les combats, selon les chiffres de l'Onu, et des milliers de personnes cherchent refuge dans les hôpitaux, notamment dans des camps de tentes de fortune installés sur leurs parkings.

Il y a dans la bande de Gaza 350.000 patients souffrant de maladies chroniques, notamment de cancer et de diabète, ainsi que 50.000 femmes enceintes, selon les données des organisations des Nations Unies, et beaucoup ne reçoivent plus de traitement.

Dans ce contexte dramatique pour les civils palestiniens, l'Arabie saoudite accueillera dans les prochains jours des sommets des nations arabes et islamiques pour "chercher une solution pacifique" au conflit, a déclaré le ministre des Investissements du royaume, Khalid al Falih, lors du Bloomberg New Economy Forum mercredi à Singapour.

Ryad accueillera notamment dimanche le président iranien Ebrahim Raïssi, dont le régime soutient le Hamas, une première depuis que les deux pays ont mis fin à des années d'hostilité dans le cadre d'un accord négocié par la Chine en mars.

(Reportage de Nidal al-Mughrabi à Gaza, Maytaal Angel, Emily Rose et Maayan Lubell à Jérusalem, Rami Amichay à Tel Aviv ; rédigé par Rami Ayyub et Michael Perry ; version française Tangi Salaün, édité par Kate Entringer et Blandine Hénault)

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