par Parisa Hafezi et Angus McDowall
Le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) iranien pourraient profiter de l'accord trouvé entre les Etats-Unis et l'Iran, alors que les négociations entre Washington et Téhéran visant à mettre fin à la guerre pourraient débloquer des milliards de dollars pour l'Iran.
Des années durant, les Gardiens de la révolution ont prospéré en dépit des sanctions, bâtissant un empire commercial qui s'étend du pétrole et de la construction aux services de communication et aux ports.
Alors que l'Iran et les Etats-Unis se préparent à des discussions sur la mise en oeuvre du protocole d'accord signé mercredi par les présidents des deux pays, le CGRI pourrait être le grand gagnant d'une réouverture de l'économie iranienne à l'international.
Quatre sources iraniennes haut placées ont expliqué en quoi les Gardiens de la révolution occupaient une position unique pour s'approprier une part importante des retombées financières qui découleraient de la levée des sanctions, de la reprise des exportations de pétrole et des investissements étrangers.
Le rôle central du CGRI pourrait également s'avérer être l'un des nombreux obstacles à la conclusion d'un accord: les Gardiens étant si étroitement imbriqués dans le monde des affaires iranien, leur classification comme organisation terroriste pourrait compliquer considérablement les efforts visant à libérer l'économie des sanctions.
L'une des sources a décrit les Gardiens comme étant les grands vainqueurs de la guerre, expliquant que, ayant assuré la survie du système en Iran, ils étaient les mieux placés pour profiter d'une levée des sanctions.
Un porte-parole des Gardiens de la révolution s'est refusé à tout commentaire.
Le protocole d'accord entre les Etats-Unis et l'Iran annoncé cette semaine permettra d'accorder des dérogations concernant les ventes de pétrole soumises à des sanctions, tandis qu'un accord plus complet conclu dans les prochains mois pourrait lever toutes les autres sanctions et donner à l'Iran accès à un fonds de reconstruction de 300 milliards de dollars.
La législation iranienne en matière d'investissement imposant aux entreprises étrangères de s'associer à des partenaires locaux, le nombre considérable de sociétés liées au CGRI fait que celles-ci deviendraient les garantes de l'accès des investisseurs potentiels aux secteurs les plus lucratifs d'Iran.
Cela signifie que les entreprises qui reviendraient sur le marché iranien pourraient se retrouver à opérer aux côtés, ou par l'intermédiaire, d'entités liées au CGRI et risqueraient de se heurter à d'éventuelles sanctions toujours en vigueur et spécifiquement liées aux Gardiens.
Si aucun accord global n'est conclu et que les sanctions restent en vigueur, le CGRI continuera de bénéficier des dérogations provisoires sur les exportations de pétrole et pourra maintenir son emprise sur l'économie iranienne grâce à son expérience en matière de contournement des sanctions, ont déclaré des sources iraniennes de haut niveau.
(avec Timothy Gardner; version française Camille Raynaud)

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