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Iran: la justice affiche sa fermeté face aux "émeutiers" après des menaces de Trump
information fournie par AFP 05/01/2026 à 20:45

Un panneau d’affichage anti-américain et anti-israélien avec un message du secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale "Prenez garde à vos soldats", après le soutien du président américain aux manifestations antigouvernementales, à Téhéran, en Iran, le 4 janvier 2026 ( AFP / ATTA KENARE )

Un panneau d’affichage anti-américain et anti-israélien avec un message du secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale "Prenez garde à vos soldats", après le soutien du président américain aux manifestations antigouvernementales, à Téhéran, en Iran, le 4 janvier 2026 ( AFP / ATTA KENARE )

La justice iranienne a prévenu lundi qu'elle ne ferait preuve "d'aucune indulgence" envers "les émeutiers", au neuvième jour d'un mouvement de contestation, après une menace d'intervention de Donald Trump en cas de répression meurtrière.

Le président américain a menacé dimanche de "frapper" l'Iran si ses autorités "commencent à tuer des gens comme ils l'ont fait dans le passé".

La contestation a débuté le 28 décembre à Téhéran, menée au départ par des commerçants sur le coût de la vie, avant de gagner 23 provinces sur les 31 que compte le pays avec des revendications désormais politiques.

Elle touche ou a touché au moins 45 villes, essentiellement petites et moyennes et surtout situées dans l'ouest du pays, selon un décompte de l'AFP basé sur les annonces officielles et des médias.

Policiers et police antiémeute étaient déployés lundi aux principaux carrefours de Téhéran, a constaté un correspondant de l'AFP. Des policiers étaient aussi présents devant certains établissements scolaires, tandis que plusieurs universités ne dispensent plus leurs cours qu'en ligne. La majorité des commerces étaient en revanche ouverts lundi dans la capitale.

L'agence de presse du pouvoir judiciaire, Mizan, affirme lundi que les services de renseignement de la police de la capitale ont saisi "des armes, des munitions et du matériel servant à fabriquer des engins explosifs artisanaux" dans une cache.

Au moins 12 personnes ont été tuées depuis le début de la contestation lors d'affrontements localisés, dont des membres des forces de sécurité, selon un bilan de l'AFP basé sur des annonces officielles et des médias.

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a souligné "la nécessité d'éviter d'autres victimes", jugeant que "tous les individus doivent être autorisés à manifester pacifiquement", a rapporté son porte-parole.

- "Saper l'unité" -

"J'ordonne au procureur général et aux procureurs de tout le pays d'agir conformément à la loi et avec détermination contre les émeutiers et ceux qui les soutiennent" sans "aucune indulgence ni aucune complaisance", a déclaré lundi le chef du pouvoir judiciaire, Gholamhossein Mohseni Ejeï.

A l'instar de la position affichée par le pouvoir depuis le début du mouvement, il a toutefois reconnu un droit légitime à manifester pour des revendications économiques. "La République islamique écoute les manifestants (...) et fait une distinction avec les émeutiers", a-t-il ajouté.

Téhéran a par ailleurs accusé lundi Israël de chercher à "saper l'unité nationale" après que le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'est dit dimanche "solidaire du combat" des Iraniens.

Il est "très possible que nous soyons à un moment décisif, un moment où le peuple iranien prend son destin en main", a surenchéri lundi M. Netanyahu.

De nouveaux affrontements ont opposé durant le week-end manifestants et forces de l'ordre en Iran.

Samedi soir, des slogans politiques tels que "+Mort au dictateur+" ont été entendus dans la capitale, selon l'agence de presse Fars, évoquant des rassemblements sporadiques et isolés. Des images prises dimanche dans le centre-ville et authentifiées par l'AFP montrent des forces de l'ordre utiliser du gaz lacrymogène pour disperser un groupe de manifestants.

La situation était tendue ces derniers jours dans l'ouest du pays, à plusieurs centaines de kilomètres de Téhéran, notamment à Malekshahi, où vit une importante population kurde.

L'organisation Iran Human Rights, basée en Norvège, a notamment fait état de quatre morts et trente blessés dans cette ville. Et publié des images, authentifiées par l'AFP, de ce qui paraissait être des corps ensanglantés au sol.

- Geste des autorités -

L'agence de presse iranienne Fars a assuré pour sa part lundi que "la tendance observée dimanche soir est à une baisse notable du nombre de rassemblements et de leur étendue géographique".

Des manifestants brandissent des drapeaux iraniens d'avant la révolution islamique de 1979 durant un rassemblement à Paris en soutien aux manifestants iraniens, le 4 janvier 2026 ( AFP / Blanca CRUZ )

Des manifestants brandissent des drapeaux iraniens d'avant la révolution islamique de 1979 durant un rassemblement à Paris en soutien aux manifestants iraniens, le 4 janvier 2026 ( AFP / Blanca CRUZ )

Les autorités et les médias iraniens ne communiquent pas nécessairement ni en détail sur tous les incidents. Des vidéos sur la mobilisation inondent les réseaux sociaux, mais toutes ne peuvent pas être authentifiées.

Dimanche, les autorités ont annoncé une aide mensuelle de 10 millions de rials (environ six euros) par personne, pendant quatre mois, pour "réduire la pression économique sur la population".

Les 86 millions d'Iraniens subissent depuis des années une hyperinflation à deux chiffres dans un pays plombé par des sanctions internationales liées à son programme nucléaire. Le salaire moyen est d'environ 170 euros par mois et le salaire minimum d'environ 85 euros.

Le mouvement n'est à ce stade pas de l'ampleur de celui déclenché fin 2022 par la mort en détention de Mahsa Amini, arrêtée pour avoir enfreint le strict code vestimentaire féminin.

En 2019, des manifestations avaient aussi fait des dizaines de morts en Iran après l'annonce d'une envolée du prix de l'essence.

3 commentaires

  • 05 janvier 19:14

    Les Mollahs risquent d'avoir chaud aux fesses. J'ai l'impression que ça démange D. Trump


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