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Immigration : l'envoi des migrants en régions est un "levier efficace", mais "insuffisamment" utilisé, épingle la Cour des comptes
information fournie par Boursorama avec Media Services 12/06/2026 à 11:56

La Chapelle, à Paris, le 6 juin 2026. ( AFP / JOEL SAGET )

La Chapelle, à Paris, le 6 juin 2026. ( AFP / JOEL SAGET )

En 2020, l’Ile-de-France enregistrait 46 % des demandes d’asile - or, sa capacité d'hébergement des demandeurs représentait 19 % du dispositif national d’accueil (DNA).

Comment désengorger l'Ile-de-France de la concentration des personnes migrantes ? Leur envoi vers des centres d'hébergement en régions est un "levier efficace", selon la Cour des comptes dans un rapport publié jeudi 11 juin. Il est en revanche "insuffisamment" utilisé et avec de fortes disparités dans l'accueil selon les territoires.

L'afflux de migrants suite la crise migratoire de 2015 a créé un déséquilibre entre leur présence "très concentrée" en Ile-de-France et la capacité d’hébergement de cette région avec pour conséquence une hausse des personnes dormant dans la rue ou dans des campements, observe la Cour des comptes. En 2020, l’Ile-de-France enregistrait 46 % des demandes d’asile. Or, sa capacité d'hébergement des demandeurs, durant la première phase de constitution de leur dossier, en Centres d'accueil et d'examen des situations (CAES), représentait 19 % du dispositif national d’accueil (DNA). Ainsi "moins de la moitié des demandeurs d’asile pouvaient être hébergés", note l'institution.

Depuis la loi immigration de 2018, afin de remédier à cette concentration, les demandeurs d'asile peuvent se voir proposer d'aller dans des CAES en régions, sans connaître à l'avance la destination. Quelque 40% d'entre eux refusent malgré la suppression des aides prévues. En 2024, le dispositif a permis de réaliser près de 18.000 orientations (proche de l'objectif fixé à 22.000) pour un coût "limité" de 50 millions d'euros, note l'institution chargée de s'assurer du bon emploi de l'argent public, au regard de l'ensemble des dépenses d'hébergement des demandeurs d'asile (962 millions d'euros). Toutefois certaines régions sont "très en deçà des objectifs d'accueil, tandis que d'autres les ont dépassés", relève la Cour des comptes.

Dix "sas" régionaux

Ainsi, en 2024, les Pays de la Loire, qui auraient dû accueillir 2.445 demandeurs d'asile depuis l'Ile-de-France, n'en ont accueilli que 504. Deux autres régions sont significativement éloignées de leur cible : Auvergne-Rhône-Alpes (1.988 au lieu des 3.681 prévus) et Nouvelle-Aquitaine (2.684 au lieu des 5.045 attendus). À l’inverse, la région Centre-Val-de-Loire en a accueilli plus que prévu (1.754 contre 1.229 attendus). La Cour des comptes propose notamment d'"améliorer le pilotage du dispositif" et de l'étendre aux Hauts-de-France également concernés par une forte présence de demandeurs d'asile.

Outre ces centres d'accueil exclusivement réservés aux étrangers sollicitant le statut de réfugié, la Cour s'intéresse aussi aux dix "sas" régionaux, qui depuis 2023 recueillent les personnes évacuées des campements d'Ile-de-France, qu'elles soient demandeurs d'asile, déjà reconnues réfugiées, titulaires d'une carte de séjour ou étrangères en situation irrégulière. Depuis leur création ces "sas" ont accueilli à fin octobre 2025 plus de 8.000 personnes pour un montant de 8 millions d'euros. Des places ne sont pas occupées, notamment en raison de "l'inadaptation de certains locaux à la réalité des publics" (familles, femmes), déplore la Cour qui incite à l'engagement de travaux.

Cela est également dû aux refus des personnes à la rue qui "sont pour beaucoup insérées professionnellement" en Ile-de-France, relève la préfecture de région interrogée par la Cour des comptes. La Cour recommande également de mettre en place un suivi administratif de l'hébergement des personnes accueillies en "sas", afin de mesurer le phénomène de 'retour à la rue', notamment en Ile-de-France, régulièrement dénoncé par les associations. Faute de chiffre, la Cour ne peut évaluer l'efficacité de ce dernier dispositif.

9 commentaires

  • 14:02

    la bonne solution c'est de les renvoyer chez eux. et ça coutera 8 millions de moins au contribuable.
    on a déja plus de 5 millions de chômeurs !!!


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