Le président russe s'est également dit prêt à des pourparlers avec l'Ukraine, mais sur la base de discussions menées en Turquie il y a deux ans.

Vladimir Poutine à Vladivostok, en Russie, le 5 septembre 2024. ( POOL / VYACHESLAV PROKOFYEV )
Vladimir Poutine a affiché jeudi 5 septembre sa "priorité numéro un" : conquérir, ou plutôt "libérer" l'ensemble du Donbass, dans l'est de l'Ukraine. Son armée y progresse ces derniers mois, alors que dans le même temps, assure le président russe, elle repousse les forces ukrainiennes de la région frontalière russe de Koursk.
Le président russe a également dit être disposé à des pourparlers avec Kiev sur la base de ceux du printemps 2022 , si l'Ukraine le demande, alors que Moscou disait exclure toute discussion du fait de l'offensive ukrainienne contre la région de Koursk lancée début août.
Vladimir Poutine a ordonné le 24 février 2022 un assaut à grande échelle contre son voisin ukrainien, une opération militaire que le Kremlin pensait éclair. Mais après des semaines de résistance ukrainienne acharnée, les forces de Moscou ont dû battre en retraite au printemps 2022 du nord de l'Ukraine, avant de perdre du terrain dans le Sud et dans la partie nord du front oriental. Ces défaites humiliantes ont poussé le maître du Kremlin à mobiliser à l'automne 2022 plusieurs centaines de milliers de réservistes et proclamer l'annexion de quatre régions ukrainiennes - Lougansk, Donetsk, Kherson, Zaporijjia -, sans toutefois les contrôler entièrement.
"La libération" totale du Donbass, qui comprend les régions de Lougansk et Donetsk, "est notre priorité numéro un", a martelé jeudi Vladimir Poutine lors d'un forum économique dans l'Extrême-Orient russe, affichant sa détermination sans faille, malgré le coût humain et économique. Le président russe avait déjà fixé au préalable comme condition, avant toute discussion de paix, que Kiev se retire complètement de ces zones. Une demande inacceptable pour l'Ukraine et ses alliés occidentaux.
Offensive surprise de Kiev
Alors que l'armée russe était à l'initiative sur le front depuis près d'un an, les forces ukrainiennes ont lancé le 6 août une offensive d'ampleur dans la région russe de Koursk, s'emparant de plusieurs centaines de kilomètres carrés selon Kiev , soit la plus grande avancée en sol russe d'une armée étrangère depuis la Deuxième Guerre mondiale.
Dans les jours suivants, Vladimir Poutine était apparu à la télévision russe visiblement irrité par la facilité avec laquelle les forces ukrainiennes avaient pu pénétrer le sol russe, rencontrant peu de résistance. L'un des objectifs affichés par Kiev ces dernières semaines était de forcer ainsi la Russie à redéployer ses troupes qui sont à l'attaque dans la région de Donetsk, d'après Vladimir Poutine.
Mais selon lui cette objectif a échoué, Moscou poursuivant son assaut dans le Donbass, en particulier en direction de Pokrovsk, nœud ferroviaire et routier crucial pour la logistique des forces ukrainiennes dans cette région de l'est de l'Ukraine. "(La tactique ukrainienne) a-t-elle fonctionné ? Non !", a soutenu jeudi Vladimir Poutine. "Au contraire (...), l'ennemi s'est affaibli dans des zones clés et nos troupes ont accéléré les opérations offensives " sur le front oriental, s'est-il félicité, assurant que l'Ukraine y subissait "de très lourdes pertes".
Dans la région de Koursk, les forces russes ont même, d'après lui, "stabilisé la situation et commencé à expulser progressivement" l'armée ukrainienne, qui dit contrôler une centaine de localités.
Prêt à discuter avec l'Ukraine
S'agissant d'éventuels pourparlers, le président russe a affirmé être prêt à des discussions avec Kiev, si l'Ukraine le veut, mais à condition de les mener sur la base des "documents sur lesquels on s'était entendus et qui avaient été de facto paraphés à Istanbul" au printemps 2022. Ces textes évoqués par le chef de l'État russe n'ont jamais été rendus publics, et la partie ukrainienne a toujours démenti tout accord.
L'annonce de Vladimir Poutine intervient pourtant deux semaines après que le Kremlin a soutenu mordicus que des pourparlers pour mettre fin au conflit étaient impossibles, "à ce stade", en raison de l'attaque ukrainienne dans la région de Koursk.
Avant cela en juin, Vladimir Poutine lui-même avait affiché encore une autre position, affirmant qu'il ne mettrait fin au conflit que si l'Ukraine renonçait à son ambition de rejoindre l'Otan et lui cédait les quatre régions ukrainiennes qu'il revendique en sus de la péninsule de Crimée annexée , ce qui constituerait de facto une capitulation pour Kiev.
S'agissant des pourparlers du printemps 2022 d'Istanbul, Moscou affirme qu'un compromis avait été paraphé, mais que les Occidentaux ont poussé Kiev à rejeter l'accord. L'Ukraine dément cette version des faits.
Les positions, en l'état, entre Moscou et Kiev semblent toutefois difficilement conciliables. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a dit de son côté vouloir élaborer d'ici à novembre, date de l'élection présidentielle aux États-Unis -allié vital de Kiev-, un plan qui servirait de base à un futur sommet pour la paix auquel le Kremlin doit être convié, préalable à de futures discussions.
13 commentaires
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer