Aller au contenu principal
Fermer

Groenland: Trump lève subitement ses menaces et annonce un "cadre" d'accord
information fournie par AFP 22/01/2026 à 00:06

Donald Trump s'exprime à Davos le 21 janvier 2026 ( AFP / Fabrice COFFRINI )

Donald Trump s'exprime à Davos le 21 janvier 2026 ( AFP / Fabrice COFFRINI )

Après des semaines de déclarations agressives, Donald Trump a subitement annoncé mercredi à Davos "le cadre d'un futur accord" sur le Groenland, extrêmement vague, et levé ses menaces douanières autant que militaires.

L'annonce a été accueillie avec enthousiasme par Wall Street et avec un soulagement prudent au Danemark, mais avec méfiance sur l'île arctique, territoire autonome danois.

"Il ment", a réagi Mickel Nielsen, un technicien de 47 ans, auprès de l'AFP. "Je ne crois à rien de ce qu'il dit et je pense que je ne suis pas le seul".

Le président américain a refusé de préciser si le compromis en discussions donnait aux Etats-Unis la possession du territoire autonome danois, comme il l'a exigé à de multiples reprises afin, selon lui, d'en garantir la sécurité face à la Russie et à la Chine.

"Trump dit qu'il met la guerre commerciale en pause, dit +je ne vais pas attaquer le Groenland+, ce sont des messages positifs", a réagi le ministre des Affaires étrangères danois Lars Løkke Rasmussen, sans vouloir se prononcer sur le projet d'accord annoncé.

Le chef de l'Otan Mark Rutte, avec qui Donald Trump dit avoir négocié le projet d'accord, a lui déclaré à l'AFP qu'il restait "beaucoup de travail" avant de le finaliser.

Carte de l'Arctique montrant les bases militaires et les installations de l'Otan et de la Russie, ainsi que les routes commerciales maritimes ( AFP / Jonathan WALTER )

Carte de l'Arctique montrant les bases militaires et les installations de l'Otan et de la Russie, ainsi que les routes commerciales maritimes ( AFP / Jonathan WALTER )

Sans livrer aucun détail, le président américain a assuré à des journalistes qu'il n'était "pas question d'argent" dans les négociations.

Au cours d'une "réunion très productive que j'ai eue avec le secrétaire général de l'Otan Mark Rutte, nous avons conçu le cadre d'un futur accord concernant le Groenland et, en réalité, toute la région arctique", a écrit le dirigeant républicain sur son réseau Truth Social, depuis la station de ski suisse où il participe au Forum économique mondial.

- "Pour toujours" -

"Sur la base de cette entente, je n'imposerai pas les droits de douane qui devaient entrer en vigueur le 1er février", a ajouté Donald Trump dans son message.

Cette menace, émise samedi en réaction à l'envoi de troupes européennes, visait la Norvège, la Suède, la France, l'Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la Finlande.

Wall Street, dont Donald Trump suit toujours les mouvements avec grande attention, a salué cette désescalade commerciale. Le Dow Jones a progressé de 1,21% et l'indice Nasdaq a pris 1,18% mercredi, après avoir chuté la veille.

Le président américain, ancien promoteur immobilier, se vante régulièrement d'être un négociateur hors pair de "deals" forcément avantageux mais parfois bien vagues.

Ses déclarations à Davos n'ont pas fait exception à la règle.

Il a assuré à des journalistes que le projet d'accord donnait aux Etats-Unis "tout ce (qu'ils) voulaient" et "pour toujours".

Interrogé pour savoir si cela impliquait une possession du Groenland, il a hésité puis esquivé: "Euh... C'est un accord de long terme. C'est l'accord de long terme par excellence".

Le président américain Donald Trump à Davos en Suisse le 21 janvier 2026 ( AFP / Mandel NGAN )

Le président américain Donald Trump à Davos en Suisse le 21 janvier 2026 ( AFP / Mandel NGAN )

Le milliardaire de 79 ans avait déjà nettement calmé le jeu quelques heures auparavant en excluant pour la première fois d'utiliser "la force" pour mettre la main sur le Groenland.

"Je n'utiliserai pas la force", a-t-il déclaré lors d'un discours.

A Nuuk, les habitants ont surtout fait part à l'AFP d'un sentiment de défiance.

"Le Groenland est le pays des Groenlandais. On ne peut pas en disposer comme ça, pour quoi que ce soit", a confié Anak, une aide-soignante de 64 ans.

"L'Otan n'a en aucun cas le droit de négocier quoi que ce soit sans nous, le Groenland. Rien sur nous, sans nous", a protesté pour sa part la députée groenlandaise Aaja Chenmitz, l'une des deux élues représentant le Groenland au parlement danois.

"Et que l'Otan ait son mot à dire sur notre pays et nos minéraux, c'est complètement dingue", a-t-elle ajouté.

Selon le dernier sondage en date publié en janvier 2025, 85% des Groenlandais sont opposés à leur rattachement aux Etats-Unis. Seuls 6% y sont favorables.

41 commentaires

  • 00:06

    Bon Trump a le Groenland, l’Ukraine s’entend avec nos amis Russes et on passe à autre chose … non ? Ces enfantillages sont fatiguants …


Signaler le commentaire

Fermer

A lire aussi

  • Trump retire sa menace de taxes douanières liées au Groenland, cite une entente avec l'Otan
    information fournie par Reuters 21.01.2026 23:49 

    Donald Trump a fait volte-face mercredi à propos du Groenland, retirant sa menace de surtaxes douanières contre des pays européens s'étant opposés à son projet de contrôler l'île de l'Arctique, pour laquelle il a dit renoncer à utiliser la force, et annonçant qu'un ... Lire la suite

  • Wall Street dans le vert après les commentaires de Trump sur le Groenland
    information fournie par Reuters 21.01.2026 23:43 

    par David French La Bourse de New York a fini en hausse mercredi, dans le sillage de l'annonce par le président américain Donald Trump d'un cadre ‍d'entente à propos du Groenland, écartant la perspective de droits de douane américains supplémentaires contre plusieurs ... Lire la suite

  • Des fleurs déposées devant un portrait de l'ancien Premier ministre japonais Shinzo Abe lors d'une cérémonie dans un temple, un an après sa mort, le 8 juillet 2023 à Tokyo ( AFP / Philip FONG )
    information fournie par AFP 21.01.2026 22:45 

    Tetsuya Yamagami, l'homme jugé pour avoir tué par balle l'ancien Premier ministre japonais Shinzo Abe, a été condamné à la prison à vie, mercredi, plus de trois ans après cet assassinat en plein jour qui avait provoqué une onde de choc mondiale. M. Yamagami, 45 ... Lire la suite

  • Vue extérieure de la Bourse de New York, le 12 janvier 2026 ( AFP / ANGELA WEISS )
    information fournie par AFP 21.01.2026 22:37 

    Après sa forte chute de la veille, la Bourse de New York a inversé la tendance mercredi, poussée par la volte-face de Donald Trump sur le Groenland, qui a suspendu ses menaces douanières contre plusieurs pays européens. L'indice élargi S&P 500 a gagné 1,16%,

Pages les plus populaires