Aller au contenu principal
Fermer

Grande distribution : les producteurs d'oeufs en colère, un syndicat appelle à un arrêt des livraisons
information fournie par Boursorama avec Media Services 20/02/2025 à 11:36

( AFP / JOEL SAGET )

( AFP / JOEL SAGET )

Une réunion pour déterminer le partage des charges de l'ovosexage entre distribution et producteurs a été annulée à la dernière minute, provoquant l'ire des producteurs.

Les producteurs d'oeufs sont en colère contre la grande distribution. Mercredi 19 février, un syndicat a appelé à un arrêt des livraisons d’œufs aux enseignes Carrefour et Leclerc après l'annulation à la dernière minute d'une réunion pour déterminer le partage des charges de l'ovosexage entre la distribution et les producteurs.

L'ovosexage permet de déterminer le sexe des embryons dans l’œuf lors de ses 14 premiers jours, afin d'éliminer les mâles avant leur éclosion pour éviter qu'ils soient broyés, pratique majoritairement interdite depuis 2023. Dans le cadre d'un accord interprofessionnel, qui expire le 28 février, la grande distribution payait une cotisation de 59 centimes pour 100 œufs au titre des investissements nécessaires pour mettre en place cette technologie. Cela représentait au moment de l'interdiction environ 50 millions d'euros par an au total, selon l'interprofession de l’œuf.

Mercredi, la Confédération française de l'aviculture (CFA), syndicat professionnel affilié à la FNSEA, a dénoncé dans un communiqué l'annulation à la dernière minute par les représentants de la distribution d'une réunion mercredi sous l'égide du ministère de l'Agriculture destinée à trouver un accord. Elle les accuse de "bloquer toutes les discussions pour empêcher tout accord de financement et, pour finir, obliger les producteurs à payer le surcoût de l'ovosexage", qu'elle estime à 40 millions d'euros.

"L'appel du syndicat à arrêter de livrer certaines enseignes semble caractériser un appel au boycott", selon la FCD

"A aucun moment", la distribution "n'a envisagé de solutions dans lesquelles les producteurs auraient à contribuer au paiement de l’ovosexage", a réagi Layla Rahhou, déléguée générale de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD), auprès de l'AFP. Elle affirme que la grande distribution, qui "assume seule" le financement de l'ovosexage (81 millions d'euros sur deux ans, selon elle), demande que le coût soit partagé avec "l'ensemble des débouchés des œufs", via de "nouvelles solutions" à trouver, comme le prévoyait l'accord initial. Selon elle, "la position des producteurs (CFA) vise à bloquer les discussions pour parvenir au maintien de l'accord initial de 2022 pourtant caduc", ce qui "n'est pas acceptable".

L'interprofession française de l’œuf (CNPO), qui devait participer à la réunion, a confirmé à l'AFP son annulation. La CFA demande aux conditionneurs d’œufs "un arrêt total des livraisons vers les enseignes Carrefour et Leclerc, responsables de ce blocage", accuse-t-elle. Elle fait aussi planer la menace d'exporter les œufs vers des marchés "plus rémunérateurs" comme les États-Unis, qui font face à des risques de pénuries en raison d'une flambée des cas de grippe aviaire. Le prix des œufs y a presque doublé en un an. "L'appel du syndicat à arrêter de livrer certaines enseignes semble caractériser un appel au boycott, qui constitue une grave infraction aux règles de la concurrence", "il faut que cela cesse immédiatement", a averti la déléguée générale de la FCD.

Le syndicat des industriels des œufs Snipo a de son côté dénoncé dans un communiqué l'annulation de la réunion, affirmant que "les poussins seraient payés deux fois plus chers par les éleveurs" en cas de non-renouvellement de l'accord et évoquant un "risque majeur de pénurie d’œufs dans les rayons des magasins". Les discussions prévoyaient d'étendre le financement de l'ovosexage à l'ensemble des circuits commerciaux, notamment aux grossistes, demande de la grande distribution, a relevé le Snipo.

7 commentaires

  • 20 février 13:57

    Il s'agit bien des œufs destinés à la reproduction et pas à la consommation. Ce n'est donc pas à la GD de payer mais à la production qui le répercute sur le prix. In fine, c'est donc évidemment le consommateur qui paiera, c'est normal. Mais pourquoi effectivement monter une usine à gaz avec la GD? Comme dirait kran, bien français!!


Signaler le commentaire

Fermer

A lire aussi

  • Une frappe aérienne israélienne sur un quartier de la ville de Tyr, dans le sud du Liban, le 15 mai 2026 ( AFP / KAWANT HAJU )
    information fournie par AFP 15.05.2026 20:05 

    Voici les derniers développements en lien avec la guerre au Moyen-Orient vendredi : . L'armée israélienne dit avoir mené une frappe à Gaza contre le chef de la branche armée du Hamas Le ministère israélien de la Défense a annoncé avoir mené une frappe à Gaza visant ... Lire la suite

  • Le jugement sur le fond dans ce procès, initialement attendu le 27 mai, va vraisemblablement être reporté en attendant que la cour d'appel de Nancy se prononce sur ce point.  ( AFP / Jean-Christophe VERHAEGEN )
    information fournie par AFP 15.05.2026 19:50 

    La décision du tribunal judiciaire de Nancy d'annuler des expertises défavorables à Nestlé Waters dans le procès de ses décharges sauvages dans les Vosges va être réexaminée par la cour d'appel, a-t-on appris vendredi de sources concordantes. Ce rebondissement ... Lire la suite

  • Keijo, un orque mâle, dans le bassin du parc d'attractions MarineLand à Antibes, le 27 novembre 2025 ( AFP / Valery HACHE )
    information fournie par AFP 15.05.2026 19:39 

    Après des années d'atermoiements, le gouvernement s'est résolu à favoriser le départ des orques du Marineland d'Antibes (Alpes-Maritimes), peut-être dès la fin juin, vers un parc espagnol, au grand dam des ONG de défense des animaux. Pour plusieurs organisations, ... Lire la suite

  • Protoxyde d'azote: le recyclage sous pression face à l'explosion de la consommation
    information fournie par AFP Video 15.05.2026 19:13 

    Derrière le fléau sanitaire, le protoxyde d'azote pose un défi environnemental colossal pour recycler, une à une, des bouteilles abandonnées partout en France et qu'une usine de traitement à Saint-Pathus voit arriver par milliers.

Pages les plus populaires