Des voitures chinoises attendent d'être exportées dans un port de Dalian
Les exportations de la Chine ont ralenti en mars alors que les investissements liés à l'intelligence artificielle (IA) ont été enrayés par la dure réalité de la guerre au Moyen-Orient, qui a provoqué un choc énergétique et complique les efforts de Pékin pour soutenir la croissance de la deuxième économie mondiale.
Des données officielles publiées mardi montrent que les exportations chinoises ont progressé le mois dernier de 2,5% sur un an, soit un plus bas de cinq mois, alors que le consensus ressortait à +8,3% après un bond de 21,8% en janvier-février.
Pour leur part, selon les douanes chinoises, les importations ont grimpé en mars de 27,8%, s'établissant à un pic depuis novembre 2021. Les économistes anticipaient en moyenne une progression de 11,2% après une hausse de 19,8% lors des deux premiers mois de l'année.
Alors que la Chine a enregistré l'an dernier un excédent commercial record et que l'accélération de ses exportations s'était prolongée en janvier-février, la guerre au Moyen-Orient a fait planer un doute sur cette dynamique.
Mars représentait un premier révélateur de la capacité de l'engouement pour l'IA à compenser ou non la morosité provoquée par le choc énergétique mondial découlant de la fermeture de facto du détroit d'Ormuz par l'Iran, en réponse à la campagne de bombardements lancée par les Etats-Unis et Israël le 28 février. Environ 20% des livraisons de pétrole et de gaz mondiales transitent habituellement par Ormuz.
Si elle est critiquée de longue date par des partenaires commerciaux pour sa politique de subventions publiques et de production à bas-coût, la Chine n'en demeure pas moins vulnérable quand les portefeuilles de ses clients sont plombés par la flambée des prix du carburant et du transport.
Il n'empêche que, selon Fred Neumann, économiste en chef de HSBC pour l'Asie, les producteurs chinois pourraient encore tirer leur épingle du jeu dans le contexte actuel, les entreprises étrangères étant en quête de solutions moins coûteuses. Pékin peut profiter des stocks accumulés pendant des décennies pour faire face à de quelconques hausses des prix à la production liées aux matières premières, a-t-il noté.
En amont de la publication des données officielles, les économistes s'interrogeaient sur la résistance des producteurs chinois au premier mois de la guerre. Un cessez-le-feu fragile de deux semaines entre Washington et Téhéran a été annoncé le 8 avril.
Autre élément à prendre en compte, pour la lecture des données: les usines chinoises avaient l'an dernier accéléré leurs livraisons vers l'étranger afin de devancer les vastes droits de douane dits "réciproques" que le président américain Donald Trump menaçait d'imposer en avril dernier.
D'après les données des douanes, l'excédent commercial de la Chine s'est établi en mars à 51,13 milliards de dollars contre 214 milliards de dollars en janvier-février.
(Joe Cash; version française Jean Terzian)

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