(Actualisé avec lettre de Sebastien Lecornu)
Entre 400 et 500 lycées devraient rester complètement ou partiellement fermés lundi en France, sur un total de 3.700, soit des chiffres similaires à vendredi, a déclaré dimanche le ministre de l'Education Edouard Geffray, signe que la mobilisation des lycéens ne faiblit pas.
"Il y avait entre 400 et 500 lycées qui ont suspendu leurs cours vendredi et il y en aura probablement autant lundi mais avec une reprise partielle et progressive des cours qui va se mettre en place", a-t-il précisé sur France 2.
Edouard Geffray a tenté de calmer vendredi la mobilisation dans les lycées en France en recevant les représentants de syndicats étudiants, qui ont fait part de leur déception et appelé à poursuivre leur mouvement.
Tout en se désolidarisant des violences ayant éclaté en marge des blocages d'établissements, ils ont appelé à des rassemblements mardi 6 octobre et seront rejoints par plusieurs confédérations syndicales dont la CGT.
Les élèves qui bloquent les lycées dénoncent notamment des classes surpeuplées, le manque d'enseignants ou encore la vétusté des bâtiments, attribuant ces problèmes à des années de sous-investissement dans le secteur de l'enseignement public.
Dans une lettre adressée à Edouard Geffray ainsi qu'à d'autres ministres, le Premier ministre Sébastien Lecornu demande à ce que "cinq chantiers" soient engagés "pour répondre aux difficultés des lycéens et des personnels".
Parmi les chantiers énumérés, celui que Sébastien Lecornu considère comme le plus important est la nécessité de donner des "suites visibles à la parole de lycéens".
"Chaque proposition recevra une réponse motivée, avec une échéance lorsqu'elle sera retenue", a déclaré le Premier ministre, demandant à ses ministres des "premières décisions, leur coût, leur financement et leur calendrier" d'ici la fin du mois.
ACCÉLÉRER L'EXAMEN DU PROJET DE LOI "CASSEUR-PAYEUR"
"La confiance se rétablira lorsque chacun pourra constater ce qui change dans son lycée", a encore dit Sébastien Lecornu, qui adopte aussi un ton de fermeté par rapport aux violences qui ont émaillé les blocages.
"Avec le ministre de l'Intérieur et le garde des Sceaux, nous allons accélérer l'examen du projet de loi "casseur-payeur", pour mieux faire supporter aux auteurs de dégradations le coût des dommages causés", a-t-il ajouté.
"La fermeté face aux violences et aux tentatives d'instrumentalisation doit aller de pair avec l'écoute des inquiétudes légitimes. Notre soutien va aux élèves et personnels agressés, aux policiers et gendarmes blessés."
Edouard Geffray a précisé dimanche que 24 établissements scolaires avaient été "incendiés ou saccagés" et que "78 personnels" de l'éducation nationale avaient été blessés depuis le début du mouvement.
Depuis lundi, environ 5.000 personnes, pour la plupart des adolescents, ont été interpellées dans tout le pays et des dizaines d'autres ont été blessées.
Le mobilisation lycéenne est partie le 18 septembre d'établissements en banlieue parisienne défavorisés avant de s'étendre au reste du pays.
(Rédigé par Benoit Van Overstraeten)

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