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France/Allemagne: Réunion ministérielle à Hambourg sur fond de désaccords
information fournie par Reuters 09/10/2023 à 10:17

Les drapeaux de l'Allemagne, de la France et de l'Union européenne flottant devant le Bundestag

Les drapeaux de l'Allemagne, de la France et de l'Union européenne flottant devant le Bundestag

par Sarah Marsh et Andreas Rinke

BERLIN (Reuters) - L'Allemagne et la France entament lundi à Hambourg une réunion informelle de deux jours pour tenter de redéfinir les relations entre les deux premières puissances de la zone euro alors que de nombreux désaccords subsistent sur l'énergie, l'industrie et la politique de défense.

Le moteur franco-allemand, qui a guidé la politique de l'Union européenne pendant des décennies, a calé ces derniers temps, estiment des analystes et parlementaires, alors même qu'il est plus que jamais nécessaire compte tenu de la multitude de crises auxquelles le bloc est confronté.

L'UE fait face à l'explosion de l'immigration irrégulière, à la transition vers une économie neutre en carbone, à la guerre en Ukraine, à un changement dans les relations avec la Chine, son principal partenaire commercial, et maintenant un nouvel embrasement au Proche-Orient.

"La relation franco-allemande, et par conséquent l'Europe, n'est pas à la hauteur des défis auxquels nous sommes actuellement confrontés", a déclaré Jacob Ross, chercheur au Conseil allemand des relations extérieures (DGAP).

Selon lui, l'un des problèmes est que le président français Emmanuel Macron se considère comme le successeur naturel de l'ancienne chancelière allemande Angela Merkel à la tête de l'Europe, et qu'il a adopté des positions fortes à Bruxelles, parfois contraires aux intérêts allemands.

L'invasion russe de l'Ukraine a conduit en outre Berlin à se concentrer davantage sur son alliance transatlantique avec son principal partenaire en matière de sécurité, les États-Unis, au détriment de sa relation avec la France.

MANQUE D'ALCHIMIE

Le manque d'alchimie entre Emmanuel Macron et le très discret chancelier allemand Olaf Scholz a également rendu plus difficile l'aplanissement des divergences entre les deux gouvernements, selon des responsables et des diplomates.

"Macron et Scholz ont tout simplement des personnalités très différentes", a déclaré le député Anton Hofreiter, président de la commission des Affaires de l'UE du parlement allemand.

Le principal sujet de discorde entre les deux pays est la réforme prévue du marché de l'électricité de l'UE, l'Allemagne et certains autres pays faisant pression pour des règles plus strictes sur le soutien des prix de l'électricité par l'État, ce qui nuirait à l'industrie française.

"Le nucléaire français n'est pas négociable", a rappelé lundi le ministre français de l'Economie, Bruno Le Maire. Autre ligne rouge pour la France, "une électricité décarbonée dont le coût doit correspondre au coût moyen de production de cette électricité", a indiqué le ministre sur Sud Radio.

En public, les deux gouvernements minimisent néanmoins leurs divergences et appellent à un accord.

"Nous pouvons et nous devons trouver un accord ensemble. Quel est le défi ? Ce n'est pas que France et Allemagne s'affrontent sur la question de l'énergie", a dit lundi Bruno Le Maire.

"Notre sujet est de nous mettre ensemble pour être compétitifs face aux Etats-Unis et certainement pas d'ouvrir un conflit entre nos deux pays".

NOUVELLE BASE

"En fin de compte, l'intérêt des relations bilatérales est de surmonter les différences, ce qui est au coeur de l'Union européenne", a déclaré un membre du gouvernement français sous couvert d'anonymat.

La réunion, qui s'inscrit dans la tradition allemande des "Klausur" ou retraites de cabinet, dans la ville portuaire de Hambourg, où Scholz a été maire de 2011 à 2018, vise à donner une nouvelle base aux relations plutôt qu'à produire des initiatives politiques concrètes.

Les enjeux sont importants, a déclaré Detlef Seif, député de l'Union chrétienne-démocrate allemand (CDU) en charge des Affaires européennes.

"Si les deux parties décident de poursuivre leurs propres intérêts, elles seront non seulement perdantes, mais aussi l'UE, qui n'est pas aussi forte et stable qu'elle devrait l'être", a-t-il déclaré à Reuters.

(Reportage de Sarah Marsh et Andreas Rinke à Berlin ; avec la contribution de Michel Rose à Paris, Diana Mandia pour la version française, édité par Kate Entringer)

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