Un message contre la discrimination à l'intérieur du stade pendant un match amical Espagne-Egypte
par Paolo Laudani
La police espagnole a ouvert mercredi une enquête sur des chants islamophobes et xénophobes entonnés lors du match amical de l'équipe nationale contre l'Égypte (0-0) la veille, et qui ont suscité de vives critiques de la part des responsables du football espagnol et du gouvernement.
Au RCDE Stadium, près de Barcelone, enceinte du club de Liga de l'Espanyol, des supporteurs espagnols ont scandé "celui qui ne saute pas est musulman" pendant cette rencontre de préparation à la Coupe du monde.
Le ministre de la Justice Félix Bolanos a dénoncé ces chants sur le réseau social X, réaffirmant la position du gouvernement de gauche face à la montée de l'extrême droite, qu'il associe à une progression du racisme et de la xénophobie.
"Les insultes et les chants racistes nous font honte en tant que société. L’extrême droite ne laissera aucun espace échapper à sa haine, et ceux qui se taisent aujourd'hui sont complices", a-t-il écrit.
L'incident remet en lumière les inquiétudes liées au racisme dans le football espagnol, un problème récurrent illustré notamment par plusieurs affaires très médiatisées visant l'attaquant brésilien du Real Madrid, Vinicius Junior.
Le stade a diffusé sur ses écrans géants des messages rappelant que la participation à des actes racistes et xénophobes constituait un délit, mais les chants ont continué.
Le sélectionneur espagnol Luis de la Fuente a déclaré aux journalistes que le comportement raciste de certains supporteurs était intolérable.
"Ils ne sont pas représentatifs du football. Ils profitent du football, comme ils le font dans d’autres domaines de la vie. Nous devons isoler ces personnes de la société", a-t-il dit.
Dans un message publié sur les réseaux sociaux, la Fédération espagnole de football affirme qu'elle "s'oppose au racisme dans le football et condamne tout acte de violence dans les stades".
La police régionale de Catalogne, les Mossos d'Esquadra, a déclaré mercredi avoir ouvert une enquête sur l'incident, sans donner davantage de précisions.
(Reportage de Paolo Laudani, version français Vincent Daheron, édité par Sophie Louet)

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