Alain Soral à Lausanne dans le canton de Vaud en Suisse le 27 septembre 2023 ( AFP / FABRICE COFFRINI )
Une procédure de dissolution a été engagée contre l'association Égalité et Réconciliation fondée par l'essayiste d'extrême droite Alain Soral, a-t-on appris dimanche auprès du ministère de l'Intérieur, confirmant une information du journal Libération.
"Une mesure de dissolution est envisagée, et à cette fin, un contradictoire est en cours, à l’issue duquel la dissolution pourra intervenir", a indiqué à l'AFP le ministère de la place Beauvau.
La procédure, signifiée à l'association dans un courrier daté du 9 octobre, est actuellement dans la phase contradictoire de dix jours, permettant aux mis en cause de présenter leurs arguments au ministère. À l'issue de ce délai, Beauvau décidera alors de présenter ou non un décret de dissolution en Conseil des ministres.
Selon le journal Libération, qui a consulté le courrier adressé à Égalité et Réconciliation, le ministère de l’Intérieur souligne que l’association, sous couvert de "combattre le racisme ou d’assister les victimes de discrimination fondée sur leur origine nationale, ethnique, raciale ou religieuse", "reprend en réalité le courant de votre pensée national-socialiste, référence directe au nazisme".
Le ministère relève également que l’association "propage des idées tendant à justifier ou encourager un discours discriminatoire, haineux et appelant à la violence envers les personnes juives, immigrées, les femmes et la communauté LGBT".
Alain Soral, idéologue d'extrême droite condamné plusieurs fois en France et en Suisse pour des propos antisémites et homophobes, préside Égalité et Réconciliation (E&R), présenté sur son site comme "une association politique trans-courant créée en juin 2007" avec "pour objet de soutenir et de défendre les idées politiques d’Alain Soral".
Le polémiste s'est "réfugié" en Russie en février selon ses dires sur ses réseaux, après avoir rejoint la Suisse en 2019 pour échapper à la prison en France.
En mars, il a été condamné en Suisse à cinq mois de prison ferme pour des propos antisémites et homophobes, tenus sur les réseaux sociaux entre 2023 et 2025.
Dans une enquête publiée le 28 septembre par Mediapart sur des propos antisémites datant de 2013 attribués au président du RN Jordan Bardella, le média d'investigation développe un volet sur une "fascination" qu'aurait eue alors le jeune militant du Front national pour Alain Soral.

2 commentaires
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer