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Exercice "Orion-26": l'armée française s'entraîne à conquérir la supériorité aérienne
information fournie par AFP 18/02/2026 à 11:09

Un avion de combat Rafale stationne sur la base aérienne 120 de Cazaux, dans le sud-ouest de la France le 29 janvier 2026 ( AFP / Philippe LOPEZ )

Un avion de combat Rafale stationne sur la base aérienne 120 de Cazaux, dans le sud-ouest de la France le 29 janvier 2026 ( AFP / Philippe LOPEZ )

Avec son exercice majeur "Orion 26", l'armée française s'entraîne avec des militaires de 24 pays alliés à conquérir la supériorité aérienne, préalable indispensable à toute opération militaire, mobilisant aussi bien les moyens spatiaux et cyber que les forces spéciales.

Il faut "organiser la manoeuvre pour pouvoir emporter la décision de façon massive, c'est-à-dire arriver sur place et libérer la zone", explique dans un entretien avec quelques journalistes le général Marc Le Bouil, commandant de la défense et des opérations aériennes (CDAOA) et responsable de la composante aérienne de l'exercice.

Pour cela, "une armée de l'Air doit faire une entrée en premier, s'occuper des systèmes de déni d'accès qui protègent une zone", explique-t-il.

"Orion 26", qui a débuté le 8 février au large des côtes françaises, vise à soutenir le pays fictif "Arnland", confronté à des milices soutenues par le pays hostile "Mercure", qui dispose d'une enclave, "Kalindax", dans le sud-ouest d'Arnland.

Un avion de combat Rafale stationne sur la base aérienne 120 de Cazaux, dans le sud-ouest de la France le 29 janvier 2026 ( AFP / Philippe LOPEZ )

Un avion de combat Rafale stationne sur la base aérienne 120 de Cazaux, dans le sud-ouest de la France le 29 janvier 2026 ( AFP / Philippe LOPEZ )

Le scénario rappelle les craintes de l'Otan d'une éventuelle action de déstabilisation russe contre les pays baltes où vivent d'importantes minorités russophones.

Quelque 12.500 militaires français et de 24 pays, 25 navires, dont le porte-avions Charles De Gaulle, et une centaine d'avions et d'hélicoptères sont mobilisés pour Orion. Parmi les alliés engagés figurent l’Allemagne, le Royaume-Uni et les États-Unis, qui contribuent avec du personnel et des équipements aux différentes phases de l’exercice.

Le week-end dernier, dans la baie de Quiberon en Bretagne, les militaires ont débarqué sur "Arnland". "Occuper le terrain, ça veut dire qu'il faut amener des gens au sol par bateau et pour ça il faut arriver à s'approcher", résume le général Le Bouil.

- Cyber contre radars -

En amont, il faut conduire une "campagne de renseignement" visant à identifier les radars et systèmes de défense aérienne ennemis mais aussi ses centres de commandement, ses dépôts de carburant et de munitions.

Les satellites d'observation et d'écoute électromagnétique, les avions de renseignement voire les forces spéciales y participent.

Il s'agit de créer "une sorte de bulle" pour "occuper l'espace aérien sans être attaqué dans une fenêtre de temps pour mener l'action décisive, comme un débarquement", détaille-t-il.

Pour cela, il faut neutraliser les défenses ennemies. "Physiquement avec des avions (...) mais aussi en utilisant des actions cyber, des actions dans l’espace, pour aveugler par exemple un satellite, des missions des forces spéciales".

"Ce qui m'intéressera c'est peut-être moins de détruire chaque batterie (anti-aérienne, ndlr) que de détruire la capacité à les actionner", par exemple par des actions cyber, voire "la destruction des groupes électrogènes qui alimentent le centre de commandement qui permet de donner les ordres", explique le haut gradé.

Les capacités de suppression des défenses aériennes ennemies (SEAD), c'est-à-dire des missiles antiradars et des puissants brouilleurs, sont essentielles à cela.

Elles ont été "déterminantes dans l'acquisition de cette supériorité aérienne par Israël" lors de ses opérations aériennes contre l'Iran en octobre 2024 puis en juin 2025, relevait à l'automne le chef d'état-major de l'armée de l'Air et de l'Espace, le général Jérôme Bellanger.

Ou encore lors de l'opération militaire américaine visant à capturer le dirigeant vénézuélien Nicolas Maduro début janvier.

Pour le général Le Bouil, ce "séquencement des opérations, c'est à peu près le même dans toutes les opérations que l'on vit. La petite exception, c'est l'Ukraine". En envahissant le pays en 2022, la Russie s'est montrée incapable d'acquérir la maîtrise du ciel.

La France est pour l'heure dépourvue de ces missiles antiradars et n'en disposera pas avant le début des années 2030. Les capacités SEAD sont "une priorité", selon le général Le Bouil.

Pour Orion, "on travaille en coalition", rappelle-t-il. "Pour l'instant, ces capacités sont plutôt dans les mains de nos armées de l'Air partenaires" comme les Allemands, les Britanniques ou les Américains.

"En même temps on travaille en coordonnant les effets pour compenser en partie les munitions que l'on n'aurait pas forcément à disposition aujourd'hui", par des attaques cyber ou de forces spéciales, ajoute-t-il.

Car "aujourd'hui, pour être fort dans nos opérations, il faut réussir à intégrer" les différents milieux (maritime, terrestre, aérien) et champs d'action (cyber, spatial, forces spéciales), selon lui. Ce que les militaires de l'Otan dans leur jargon nomment le "multimilieux, multichamps" (M2MC).

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