Les banques s'inquiètent d'une sortie d'argent massive de leurs bilans si les particuliers sont autorisés à détenir trop d'euros numériques.
( AFP / DANIEL ROLAND )
Les dirigeants de la Fédération bancaire française et des organisations patronales Medef et CPME ont demandé demandé dimanche 12 avril aux autorités européennes de fixer une limite basse à la détention par les particuliers du futur euro numérique de détail, version digitale de l'argent détenu en espèces.
Le projet d'euro numérique de détail porté par la Banque Centrale Européenne (BCE) est actuellement débattu au Parlement européen. Cette version électronique de la monnaie unique, qui serait utilisable comme les espèces pour effectuer des paiements dans les commerces, en ligne ou entre particuliers en préservant l'anonymat des transactions, est une alternative aux géants américains Visa et Mastercard.
Mais la Fédération bancaire s'est plusieurs fois élevée contre des limites de détention de l'euro numérique trop hautes, qui sortiraient de fait des sommes importantes de leur bilan. L'euro numérique serait en effet géré directement par la BCE , via des comptes ouverts auprès d'elle par les utilisateurs. "Si on prend l'hypothèse d'une détention de 1.000 euros par citoyen pour 200 millions d'utilisateurs, 200 milliards d'euros quitteraient rapidement les bilans bancaires", et en conséquence cela "renchérirait les taux des prêts aux entreprises et aux particuliers d'au moins 4 milliards d'euros" , assurent les auteurs de la tribune.
"Impact négatif sur le financement de l'économie"
"Une limite de détention faible, 100 euros par exemple", permettrait selon eux "de limiter l'impact négatif sur le financement de l'économie".
Dans sa conception actuelle, l'euro numérique de détail, est "un moyen de paiement supplémentaire, un concurrent des solutions souveraines déjà performantes en France et qui se développent en Europe grâce à des investissements importants et concertés avec les clients : Cartes Bancaires (CB), Wero" etc, expliquent Daniel Baal (Fédération bancaire française), Patrick Martin (Medef) et Amir Reza-Tofighi (CPME), dans une tribune publiée lundi dans Les Échos .
Pour éviter aux commerçants et aux entreprises de se raccorder à une nouvelle infrastructure et d'en maintenir deux ensuite : une pour l'euro commercial (avec des paiements par carte bancaire par exemple) et une pour l'euro numérique de détail, "la BCE devrait s'appuyer sur le secteur privé en adoptant les standards de paiement européens, existants ou en cours de déploiement" , soulignent les représentants des entreprises. De plus, "l'adoption par la BCE de (...) standards européens identiques à ceux du secteur privé rendrait son projet plus efficace", insistent-ils.
La BCE compte lancer courant 2027 la phase pilote du projet et commencer à émettre des euros numériques en 2029, à condition qu'un cadre législatif européen soit adopté cette année.
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