Des personnes se rassemblent sur la place de la République après les résultats des élections européennes, à Paris
par Gabriel Stargardter et Raphael Satter
La justice française examine la possible implication d'une société israélienne du nom de BlackCore dans une campagne d'ingérence étrangère visant La France insoumise (LFI) en amont des élections municipales de mars, selon trois sources proches du dossier.
Les services de renseignement français enquêtent sur les commanditaires présumés de cette campagne menée par BlackCore reposant sur la diffusion de sites internet et de faux comptes sur les réseaux sociaux accusant certains candidats LFI aux municipales de comportements criminels, ainsi que de publicités en ligne diffamatoires, ont indiqué deux des sources.
Reuters n'a pu établir de manière indépendante l'identité des responsables de BlackCore, la localisation de son siège social ni trouver la moindre trace de cette société dans les registres israéliens du commerce.
BlackCore n'a pas répondu à plusieurs messages envoyés via le formulaire de contact sur son site internet et sa page LinkedIn, tous deux désactivés depuis.
Les parquets de Toulouse et Marseille n'ont pas répondu aux messages ou ont refusé de commenter les activités présumées de BlackCore. Viginum, le service de vigilance et protection contre les ingérences numériques étrangères, n'a pas souhaité s'exprimer.
L'opération a ciblé le candidat LFI pour la mairie de Marseille (Bouches-du-Rhône), Sébastien Delogu, ainsi que François Piquemal, candidat à Toulouse (Haute-Garonne), et David Guiraud, élu à Roubaix (Nord), selon les autorités françaises et les candidats eux-mêmes.
Les grandes lignes de cette opération ont été dévoilées pour la première fois par le journal Le Monde en mars, quand Viginum a révélé un système d'"ingérence numérique étrangère" de "faible visibilité" ciblant un "parti politique français" et ses candidats à Marseille, Toulouse et Roubaix.
Le Canard enchaîné a ensuite rapporté que les autorités soupçonnaient une entreprise israélienne, sans toutefois la nommer.
LFI a dit avoir été alerté par Viginum d'une ingérence étrangère visant ses candidats et dit coopérer avec les enquêteurs.
"Nous nous attendons à ce que l'élection à venir [le scrutin présidentiel de 2027, NDLR] soit le théâtre d'attaques de ce type", a déclaré le parti d'extrême gauche dans un communiqué.
"Les développements technologiques vont probablement démultiplier ce risque."
Auprès de Reuters, le ministère israélien des Affaires étrangères a déclaré ne pas être au courant de l'existence de BlackCore et n'a pas répondu à la question de savoir si le gouvernement français avait pris contact avec lui au sujet des allégations d'ingérence électorale.
Le ministère français des Affaires étrangères n'a pas répondu aux demandes de commentaires.
(Avec la contribution de Steven Scheer, version française Blandine Hénault)

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