Des rassemblements et cortèges se sont formés samedi en France, sous haute surveillance policière, dans le cadre d'une journée de "colère sociale" associant "gilets jaunes", lycéens et étudiants, organisations syndicales et partis de gauche pour dénoncer la vie chère ou encore le manque de moyens de l'Education nationale.
A 15h00, plus de 140 actions réunissant plusieurs dizaines de milliers de personnes étaient dénombrées en province, selon l'entourage du ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, qui a fait état de la présence de centaines de "black blocs" et 272 interpellations sur tout le territoire national.
Initialement né sur les réseaux sociaux, l'appel à manifester ce 17 octobre a été relayé par les syndicats lycéens qui se mobilisent depuis la mi-septembre pour obtenir de meilleures conditions d'enseignement.
Des syndicats comme la CGT, Solidaires ou la Confédération paysanne se sont également joints au mouvement. "Le mot d'ordre, c'est stop à la vie chère", a déclaré vendredi sur France inter la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet. "Le point commun, c'est de dire qu'il faut que le gouvernement prenne l'argent là où il est, c'est à dire dans les poches des milliardaires, des rentiers, des plus grandes entreprises."
L'entourage du ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a estimé à environ 500 le nombre d'actions envisagées, ajoutant que des "débordements" étaient attendus, notamment dans les grandes villes, et que tout blocage des "axes structurants et des équipements majeurs" ne serait pas toléré.
A Paris, la préfecture de police a interdit les manifestations autour de l'Elysée et Matignon tout en autorisant deux cortèges à partir de la place de la République, dont l'un s'est élancé en début d'après-midi vers la place de Clichy, l'autre devant rejoindre celle de la Nation.
PRINCIPAUX DÉVELOPPEMENTS :
16h00 - En tête du cortège parisien avec plusieurs élus de La France insoumise (LFI), le candidat à l'élection présidentielle Jean-Luc Mélenchon a accusé les autorités de provoquer délibérément des violences.
"À Paris, le désordre est organisé par le préfet qui interdit l'accès à la place de la République en gazant sans relâche. Pourtant, c'est le point de départ officiel et autorisé. L'affrontement semble être le but de cette stratégie de 'maintien de l'ordre'", a-t-il écrit sur la plateforme X.
15h30 - Le cortège parisien se déroule sans incident entre la place de la République et la place de Clichy. En revanche, des incidents violents ont lieu place de la République entre les forces de l'ordre et des "black blocks".
Selon le ministère de l'Intérieur, les manifestations à Lyon et Nantes rassemblent environ 20.000 personnes et celle de Rennes quelque 10.000 personnes.
"Dans ces cortèges, des black blocs de plusieurs centaines d'individus se sont constitués autour de l’ultra/gauche", écrit le ministère dans son dernier point de situation.
15h00 - A Lyon, sur la place Bellecour, l'office du tourisme a été incendié, montrent des images diffusées par les chaînes d'information continue.
14h15 - Plus de 1.000 contrôles préventifs ont été réalisés à Paris depuis samedi matin et 49 amendes forfaitaires délictuelles ont été délivrées, déclare la préfecture de police qui fait état de plusieurs centaines "d'individus violents" s'attaquant aux forces de l'ordre place de la République et annonce 133 interpellations.
14h00 - "J'en ai ras-le-bol de la doctrine du maintien de l'ordre dans ce pays" et un usage de la force "complètement disproportionné" qui "met tout le monde en danger, les lycéens et les policiers", déclare à la presse la secrétaire nationale des Ecologistes Marine Tondelier place de la République à Paris.
13h50 - Sur BFM TV, Benoît Payan déplore une "intrusion" et "quelques dégâts" infligés à la mairie de Marseille par des "abrutis". "Ce n'est pas ma conception de la République", ajoute le maire, dénonçant le "bras armé et les idiots utiles de ceux qui se battent contre les revendications des lycéens".
Benoît Payan dit avoir obtenu des autorités l'envoi de renforts de CRS. "Il a fallu que j'appelle le président de la République, le Premier ministre et le ministre de l'Intérieur pour que les choses bougent. On est passé d'une compagnie à cinq."
12h46 - Selon l'entourage du ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, 140 actions réunissant 32.800 personnes avaient été dénombrées en province à 12h00, et 166 interpellations effectuées sur tout le territoire national.
De même source, on dénonce des "opérations violentes et ciblées en certains endroits par des individus cagoulés et constitués en black blocs notamment à Paris, Marseille, Rennes, Toulouse, Angers".
"La probabilité que l’ultra gauche fasse dégénérer les cortèges de l’après-midi est très forte. Le ministre a rappelé les consignes de grande fermeté aux préfets et aux forces de l’ordre", dit encore l'entourage du ministre de l'Intérieur.
12h45 - La police fait usage de gaz lacrymogènes sur la place de la République à Paris, point de départ de manifestations prévues dans l'après-midi.
12h15 - A Marseille, des heurts opposent policiers et manifestants sur le bas de la Canebière, constate un correspondant de Reuters. Selon la préfecture de police des Bouches-du-Rhône, un commissariat de la police municipale a été dégradé en marge de regroupements non déclarés. Des vitres ont été cassées et des fumigènes lancés à l'intérieur sans que des blessés soient à déplorer, dit-elle.
11h20 - "Nous nous battons parce que le coût de la vie est trop élevé, parce que le prix de l'essence est trop cher, parce que des lycéens sont victimes de violences et de blessures partout dans le pays simplement parce qu'ils tentent de manifester et de demander plus d'enseignants et des conditions d'apprentissage décentes", explique à Reuters Lola, une jeune manifestante de 19 ans rencontrée à Paris, où des cortèges non déclarés se forment, bloqués par la police.
11h10 - Un incendie volontaire a "ravagé" l'UFR de lettres de l'université de Rouen, sur le campus de Mont-Saint-Aignan, dans la nuit de vendredi à samedi, déclare le ministre de l'Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, sur X.
10h30 - Sur X, la préfecture de police déclare que 40 interpellations avaient été réalisées à 09h30 dans l'agglomération parisienne "principalement pour port d'armes ou de protections prohibées".
09h30 - A Paris, une large présence policière est observée autour des Champs-Elysées et l'arc de Triomphe et plusieurs boutiques se sont barricadées en prévision de la journée.
09h00 - A Rennes, un groupe de manifestants tente de bloquer une avenue du nord-ouest de la ville en érigeant des barricades enflammées et une intervention des forces de l'ordre est en cours, déclare sur X la préfecture de Bretagne et d'Ille-et-Vilaine. Un petit groupe de manifestants est dispersé à Lyon, selon la préfecture citée par BFM TV.

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