Des gendarmes recherchent Lyhanna, collégienne disparue dans le Gers, le 2 juin 2026 ( AFP / Lionel BONAVENTURE )
Une plainte pour viol sur mineure, une exclusion pour comportement inapproprié dans un lycée: les antécédents de l'homme soupçonné de l'enlèvement de Lyhanna, 11 ans, dans le Gers, dessinent un profil inquiétant alors que les recherches sur place en sont à leur sixième jour.
Mardi soir, le procureur de la République de Toulouse a confirmé à l'AFP que ce père de 41 ans, mis en examen et placé en détention dans cette affaire, avait fait l'objet d'une plainte pour viols sur une enfant de 10 ans, déposée en août 2025.
Cette plainte pour "viols sur mineure de moins de 15 ans", a été déposée le 22 août 2025 à la brigade de gendarmerie de Plaisance du-Touch, en Haute-Garonne.
Comme l'agression avait eu lieu à Montestruc-sur-Gers, village où réside la famille de Lyhanna dans le Gers, le parquet de Toulouse a transféré le dossier au parquet d'Auch, qui n'a pu transmettre la plainte à la gendarmerie de Fleurance qu'en janvier, indique la procureure d'Auch Clémence Meyer, précisant que "l'enquête est toujours en cours".
- "Comportement inapproprié" -
La mère de la fille qui a déposé cette plainte a indiqué sur BFM avoir sollicité les enquêteurs à plusieurs reprises pour connaître l'évolution de la procédure, sans obtenir de réponse.
Par ailleurs, il y a cinq ans, le suspect a également été licencié de son emploi au lycée de Lectoure "après une procédure disciplinaire suite au signalement d'un comportement inapproprié envers une lycéenne", a indiqué la région Occitanie.
En charge de la gestion des lycées, la collectivité a précisé que le mis en examen avait fait des remplacements en tant qu'"agent polyvalent d'entretien/petite maintenance" dans plusieurs établissements gersois entre septembre 2018 et février 2021.
Devant le juge d'instruction nommé dans le dossier Lyhanna, le suspect dont le casier judiciaire ne fait apparaître aucune condamnation "n'a pas souhaité s'exprimer", "ni répondre à d'éventuelles questions", a affirmé le procureur de la République d'Agen, Olivier Naboulet.
- "Aucune déclaration" -
Sollicitées mercredi par l'AFP, les avocates du suspect, Sandra Vazquez et Eléonore Paré, n'ont pas souhaité répondre, renvoyant à leur communiqué diffusé mardi affirmant qu'elles ne feraient "aucune déclaration à la presse" et invitant "l'ensemble des médias et intervenants" au "plein et strict respect" de la présomption d'innocence.
Cette position de principe s'applique "par extension à toute la défense de notre client" et donc "également pour toutes les éventuelles procédures en cours", a précisé Me Vazquez.
Dans le cadre de la disparition de Lyhanna, l'avocat de ses parents, François Roujou de Boubée, a également fait état du fait qu'ils avaient coupé tout contact avec le suspect qu'ils connaissaient après une "soirée pyjama" au domicile de ce dernier dont la fille est amie avec Lyhanna, et des "doutes" sur ce qui avait pu se passer ce soir-là.
Mercredi, au sixième jour de la disparition de la collégienne, les recherches ont repris à Fleurance et dans les communes voisines, une zone rurale, boisée et vallonnée, à environ 80 km à l'ouest de Toulouse.
"Le volume du dispositif du jour est reconduit, compris entre 170 et 180 personnels, dont les gendarmes mobiles toujours en renfort", a indiqué un porte-parole du commandement opérationnel de la gendarmerie sur place, le lieutenant-colonel Romand.
"Une cinquantaine de volontaires", issus des rangs des chasseurs, ont "été répartis en plusieurs groupes, encadrés par les gendarmes", ce qui porte à "environ 230 personnes" le total déployé sur le terrain.

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