Le tout nouveau parquet national anti-criminalité organisée (Pnaco) s'est saisi de six faits d'enlèvements ou séquestrations liés à des extorsions de cryptomonnaies, ayant eu lieu entre mi-décembre et mi-janvier dans diverses régions de France ( AFP / Ludovic MARIN )
Le tout nouveau parquet national anti-criminalité organisée (Pnaco) s'est saisi de six faits d'enlèvements ou séquestrations liés à des extorsions de cryptomonnaies, ayant eu lieu entre mi-décembre et mi-janvier dans diverses régions de France, où ce phénomène a explosé depuis début 2025.
Ces faits, accompagnés de violences aggravées, ont été commis en bande organisée entre le 18 décembre et le 14 janvier en Charente-Maritime, dans la Sarthe, le Maine-et-Loire, les Yvelines, les Hauts-de-Seine et en Haute-Savoie, a précisé le Pnaco dans un communiqué.
Des juges d'instruction spécialisés du tribunal judiciaire de Paris ont été saisis ce vendredi de ces différentes affaires, afin de poursuivre les investigations.
L'objectif est notamment "d'identifier les auteurs de ces faits ayant entraîné un préjudice estimé à plusieurs millions d'euros" et "une prise en charge médicale pour certaines des victimes ayant subi d'importantes violences", a expliqué ce parquet spécialisé entré en fonction le 5 janvier.
Ce parquet entend combattre toute forme de criminalité organisée, des enlèvements au narcotrafic, mais aussi les filières d'immigration clandestine, la traite d'êtres humains, le proxénétisme ou les vols à main armée.
Les informations judiciaires ont été ouvertes des chefs d'"arrestation, enlèvement, séquestration en bande organisée", "violences volontaires aggravées", "blanchiment en bande organisée", "extorsion et tentative d'extorsion en bande organisée" et "participation à une association de malfaiteurs criminelle".
Parmi les dossiers dont le Pnaco s'est saisi figure la séquestration d'un couple à Dompierre-sur-Mer, en Charente-Maritime, par trois individus cagoulés qui ont forcé leurs victimes à leur transférer environ huit millions d'euros en cryptomonnaies.
Les malfaiteurs, une "équipe criminelle structurée", se sont introduits dans la nuit du 17 au 18 décembre au domicile du couple, à côté de La Rochelle: les agresseurs les ont ligotés et leur ont porté des coups pendant près de deux heures, avant que l'homme ne leur verse la somme, avait expliqué le procureur de Rennes Frédéric Teillet.
L'homme travaillait dans le secteur des cryptomonnaies, selon une source policière.
- Doigt sectionné -
Les enlèvements, parfois spectaculaires, et les vols liés aux cryptomonnaies se sont multipliés depuis début 2025 en France parallèlement à la popularité de ces actifs.
Ce vendredi, le parquet de Lyon a ainsi annoncé la mise en examen et le placement en détention provisoire de trois personnes soupçonnées d'avoir participé à l'enlèvement et la séquestration d'un septuagénaire à Voiron (Isère) dans le but d'extorquer une rançon en cryptomonnaies à son fils.
L'homme de 74 ans avait été enlevé dimanche matin à Voiron, avant d'être libéré "dans la soirée" à Loriol, dans la Drôme, selon le parquet, qui n'a pas donné de détails sur les circonstances de sa libération. Il a seulement précisé qu'il présentait des "blessures à une main et au visage".
La série noire des enlèvements a commencé en janvier 2025 avec le rapt du cofondateur de Ledger (start-up de portefeuilles de cryptomonnaies), David Balland, et de sa compagne. Ce dernier, dont le doigt avait été sectionné par les malfaiteurs, avait finalement été libéré grâce à un assaut du GIGN tandis que sa compagne avait été retrouvée ligotée dans un véhicule par les gendarmes. Six hommes et une femme avaient été mis en examen dans la foulée, tandis que le commanditaire présumé a été mis en examen en avril et écroué.
Le 1er mai, en plein Paris, le père d'un homme ayant fait fortune dans les cryptomonnaies avait également été enlevé par quatre hommes encagoulés alors qu'il sortait promener son chien.
Il s'en était suivi 58 heures d'angoisse pour la famille et de calvaire pour l'otage dont un doigt a été sectionné, au terme d'un premier ultimatum fixé par les ravisseurs qui réclamaient une rançon de plusieurs millions d'euros en cryptomonnaies.
L'homme détenu dans un pavillon de Palaiseau (Essonne) avait finalement été libéré par la police.

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