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Coup de grisou en Chine: 82 morts, recherche des deux derniers disparus
information fournie par AFP 24/05/2026 à 16:57

Des chauffeurs attendent dans des véhicules de secours devant la mine de charbon de Liushenyu, où une explosion a tué des dizaines de personnes dans le comté de Qinyuan, dans la province du Shanxi, dans le nord de la Chine, le 24 mai 2026 ( AFP / GREG BAKER )

Des chauffeurs attendent dans des véhicules de secours devant la mine de charbon de Liushenyu, où une explosion a tué des dizaines de personnes dans le comté de Qinyuan, dans la province du Shanxi, dans le nord de la Chine, le 24 mai 2026 ( AFP / GREG BAKER )

Les secouristes en Chine s'activaient dimanche pour retrouver deux disparus après une explosion de gaz qui a tué 82 personnes dans une mine de charbon, en proie selon les autorités à de graves défaillances en matière de sécurité.

Cet accident survenu vendredi soir au puits de Liushenyu, dans la province du Shanxi (nord), à environ 500 kilomètres au sud-ouest de Pékin, est la pire catastrophe minière qu'ait connue le pays depuis 2009.

Au total, 247 mineurs se trouvaient sous terre lors de l'explosion, affirment les autorités, selon lesquelles 82 sont morts et 128, blessés, ont été hospitalisés.

Des proches attendaient dimanche près de la mine en quête de nouvelles, ont constaté des journalistes de l'AFP.

"Je n'ai aucune idée de comment l'accident est survenu", déclare un homme, qui explique que les appels téléphoniques à son frère mineur, âgé de 47 ans, "ne passaient plus" depuis l'explosion.

Une proche d'un des mineurs portés disparus après le coup de grisou dans le puits de Liushenyu, attend des nouvelles près de la mine de charbon, le 24 mai 2026 ( AFP / GREG BAKER )

Une proche d'un des mineurs portés disparus après le coup de grisou dans le puits de Liushenyu, attend des nouvelles près de la mine de charbon, le 24 mai 2026 ( AFP / GREG BAKER )

Un employé de 58 ans, qui était de l'équipe du matin vendredi et a donc échappé au drame, s'est dit à l'AFP "dévasté" par la perte de ses collègues.

Plusieurs centaines de secouristes sont mobilisés, selon les autorités.

Elles ont ouvert une enquête et pointé de "graves" infractions commises par le groupe privé Tongzhou, exploitant de la mine, des gaz toxiques s'étant notamment accumulés dans des galeries.

"Les responsables seront sévèrement punis", ont promis samedi les autorités.

- "Fouille systématique" -

L'hôpital de Qinyuan, en Chine, cerné par des cordons de sécurité le 24 mai 2026 ( AFP / GREG BAKER )

L'hôpital de Qinyuan, en Chine, cerné par des cordons de sécurité le 24 mai 2026 ( AFP / GREG BAKER )

La télévision publique CCTV a affirmé dimanche que les mineurs ne pouvaient théoriquement descendre sous terre qu'après avoir franchi plusieurs contrôles: reconnaissance faciale, portillon de sécurité et enregistrement avec un badge de géolocalisation individuel censé permettre de les suivre à la trace dans la mine.

Le panneau d'affichage des effectifs à l'entrée du puits indiquait 124 personnes descendues au moment de l'explosion, mais elles étaient en fait 247, un écart qui soulève des interrogations, pointe la chaîne.

Un ouvrier a affirmé dans une interview diffusée dimanche par l'agence officielle Chine nouvelle que peu d'employés descendaient sous terre avec cet outil de géolocalisation.

Des équipes de secours arrivent, le 23 mai 2026, à la mine de charbon de Liushenyu, dans le nord de la Chine, après une explosion de gaz dans les galeries ( CNS / CNS )

Des équipes de secours arrivent, le 23 mai 2026, à la mine de charbon de Liushenyu, dans le nord de la Chine, après une explosion de gaz dans les galeries ( CNS / CNS )

Des "chefs" disaient qu'on n'en a "pas besoin", affirme cet homme. "Difficile de dire" si des contrôles sont effectués, mais "en tout cas, on peut descendre sans badge", assure-t-il.

Par ailleurs, selon le journal officiel Beijing News (Xinjingbao), les plans fournis par la mine étaient incorrects, obligeant les secouristes à ratisser les galeries une par une.

L'AFP a adressé au groupe Tongzhou une demande de commentaire au sujet des accusations portées contre lui.

Un responsable de l'entreprise a été interpellé samedi, selon l'agence officielle Chine nouvelle.

Dimanche, des sauveteurs se sont relayés pour descendre dans le puits et rechercher les deux disparus, déployant notamment un robot pour sonder les lieux, ont indiqué les médias officiels.

"L'objectif est de procéder à une fouille systématique de toute la galerie", a indiqué l'un d'eux à CCTV.

"La pente est raide. Certains endroits sont étroits. Les déplacements prennent donc pas mal de temps, surtout avec les gros équipements", a-t-il souligné.

- Odeur suspecte -

Cet accident minier est le plus meurtrier en Chine depuis 2009, quand un coup de grisou dans le Heilongjiang (nord-est) avait fait 108 morts.

Des hommes se tiennent près d'ambulances devant l'Hôpital populaire du canton de Qinyuan, à 20 km de la mine de charbon de Liushenyu, où des dizaines de mineurs ont trouvé la mort vendredi après une explosion ( AFP / GREG BAKER )

Des hommes se tiennent près d'ambulances devant l'Hôpital populaire du canton de Qinyuan, à 20 km de la mine de charbon de Liushenyu, où des dizaines de mineurs ont trouvé la mort vendredi après une explosion ( AFP / GREG BAKER )

Le gouvernement a ordonné une offensive nationale contre les activités minières illégales, comme les falsifications de données de sécurité ou le recours à de la main-d'oeuvre non déclarée.

Wang Yong, un mineur blessé, a raconté à CCTV avoir senti une odeur suspecte au moment de l'explosion: "Je n'ai rien entendu du tout, puis un nuage de fumée est apparu. Ça sentait le soufre, comme quand on fait exploser des pétards".

Il a dit avoir vu des gens suffoquer, avant de perdre lui-même connaissance.

"Je suis resté allongé pendant environ une heure, puis je me suis réveillé tout seul. J'ai appelé les personnes à côté de moi" avant de sortir de la mine, a-t-il raconté.

Le Shanxi est un haut lieu de l'exploitation charbonnière en Chine.

La sécurité dans les mines s'est améliorée ces dernières décennies. Mais des accidents surviennent régulièrement, en raison de la dangerosité inhérente au secteur et de l'application parfois laxiste des mesures de sécurité.

En février 2023, l'effondrement d'une mine de charbon à ciel ouvert en Mongolie intérieure (nord) avait fait 53 morts.

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