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Corée du Sud: des victimes de harcèlement au travail se battent pour leurs droits
information fournie par AFP 23/08/2026 à 10:11
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La Sud-Coréenne Baek Song-yi, qui fait campagne pour le droit des victimes de harcèlement au travail, le 17 juillet 2026 à Séoul ( AFP / Jade GAO )

La Sud-Coréenne Baek Song-yi, qui fait campagne pour le droit des victimes de harcèlement au travail, le 17 juillet 2026 à Séoul ( AFP / Jade GAO )

Après un signalement contre un supérieur pour harcèlement, Baek Song-yi n'a jamais eu de nouvelles : la Sud-coréenne fait maintenant campagne pour le droit des victimes à être informées des suites de leurs plaintes pour pouvoir "tourner la page".

Cette ex-salariée d'un groupe américain, âgée de 40 ans, dit avoir subi des attaques verbales de son supérieur, plus âgé, pendant trois ans.

La Sud-Coréenne Baek Song-yi, qui fait campagne pour le droit des victimes de harcèlement au travail, le 17 juillet 2026 lors d'un entretien à l'AFP à Séoul ( AFP / Jade GAO )

La Sud-Coréenne Baek Song-yi, qui fait campagne pour le droit des victimes de harcèlement au travail, le 17 juillet 2026 lors d'un entretien à l'AFP à Séoul ( AFP / Jade GAO )

Quand elle a dénoncé ce comportement, le groupe lui a demandé de signer un accord de confidentialité, l'avertissant qu'elle pourrait être licenciée si elle révélait en public des informations évoquées pendant la procédure.

"J'étais complètement sidérée", explique Baek Song-yi à l'AFP, disant qu'elle croyait jusqu'alors que son employeur encourageait les victimes de harcèlement moral à se manifester.

Elle a refusé de signer, et l'enquête a tout de même été menée, confirmant finalement sa plainte.

Mais l'entreprise a refusé de lui communiquer les mesures disciplinaires prises, invoquant "la loi sur la protection de la vie privée".

La Sud-Coréenne Baek Song-yi, qui fait campagne pour le droit des victimes de harcèlement au travail, le 17 juillet 2026 lors d'un entretien à l'AFP à Séoul ( AFP / Jade GAO )

La Sud-Coréenne Baek Song-yi, qui fait campagne pour le droit des victimes de harcèlement au travail, le 17 juillet 2026 lors d'un entretien à l'AFP à Séoul ( AFP / Jade GAO )

Un enquêteur lui a dit que le harceleur serait "surveillé". Mais elle n'a jamais su si sa requête visant à l'empêcher d’accéder aux bureaux du groupe avait été acceptée.

"J'ai eu le sentiment que les victimes se retrouvaient sans possibilité de tourner la page, sans sentiment de justice et sans aucun moyen de savoir", souligne celle qui a depuis quitté l'entreprise.

Elle milite désormais pour une législation, similaire à celle de Californie, qui limite les accords de confidentialité dans les affaires de harcèlement au travail, et défend le droit des victimes à être informées des mesures disciplinaires.

Combat "vain"

La Corée du Sud a une loi contre le harcèlement au travail depuis sept ans, mais ses détracteurs estiment qu'elle ne fournit pas de protection suffisante.

Selon une étude menée l'an dernier par l'ONG Gapjil 119, seules 15% des victimes signalent les cas de harcèlement.

La Sud-Coréenne Baek Song-yi, qui fait campagne pour le droit des victimes de harcèlement au travail, le 17 juillet 2026 lors d'un entretien à l'AFP à Séoul ( AFP / Jade GAO )

La Sud-Coréenne Baek Song-yi, qui fait campagne pour le droit des victimes de harcèlement au travail, le 17 juillet 2026 lors d'un entretien à l'AFP à Séoul ( AFP / Jade GAO )

"Les employeurs ont toute latitude pour décider de divulguer ou non les mesures disciplinaires, car aucune disposition ne les oblige à en informer la victime", explique à l'AFP l'avocate spécialisée en droit du travail Kim Yu-kyung.

Mme Yoo, identifiée uniquement par son nom de famille, a lancé une procédure pour harcèlement. Après dix mois d'attente, son ancien employeur lui a indiqué que des mesures avaient été prises conformément au "règlement de l'entreprise", mais a refusé d'en révéler la nature.

Mme Yoo, identifiée uniquement par son nom de famille et qui a lancé une procédure pour harcèlement au travail, lors d'un entretien à l'AFP le 15 août 2026 à Séoul ( AFP / Jung Yeon-je )

Mme Yoo, identifiée uniquement par son nom de famille et qui a lancé une procédure pour harcèlement au travail, lors d'un entretien à l'AFP le 15 août 2026 à Séoul ( AFP / Jung Yeon-je )

Le ministère du Travail, qui a confirmé le bien-fondé de sa plainte, est ensuite intervenu pour autoriser Mme Yoo à consulter le règlement... qui ne contenait aucune disposition concernant le harcèlement, dénonce-t-elle auprès de l'AFP. On lui a ensuite indiqué que son harceleur avait simplement été prié de décrire par écrit les faits.

La victime, qui a démissionné et a attendu d'avoir quitté son poste pour dénoncer son harceleur par crainte de représailles, indique avoir souffert d'insomnie et de crises de panique.

"Je me suis demandée pourquoi je m'étais infligé plus de dix mois de stress et de combat", raconte-t-elle. "Tout cela me paraissait un peu vain".

Le droit de savoir

Baek Song-yi s'est, elle, tournée vers la commission du travail de la région de Séoul pour savoir quelles mesures avaient été prises après son signalement.

"Il n'existe aucune obligation légale d'informer (la victime) des mesures prises à l'encontre de l'auteur", lui a confirmé un responsable au cours d'un appel enregistré, auquel l'AFP a eu accès.

Mme Yoo, identifiée uniquement par son nom de famille et qui a lancé une procédure pour harcèlement au travail, le 15 août 2026 à Séoul  ( AFP / Jung Yeon-je )

Mme Yoo, identifiée uniquement par son nom de famille et qui a lancé une procédure pour harcèlement au travail, le 15 août 2026 à Séoul ( AFP / Jung Yeon-je )

L'entreprise était uniquement tenue de demander à la victime quelles mesures elle souhaitait avant de prendre une décision, a-t-il ajouté.

Baek Song-yi considère que son ancien employeur "ne faisait qu'utiliser une loi ambiguë" pour protéger les victimes "de la manière la plus minimale possible".

Le ministère du Travail a indiqué à l'AFP avoir révisé en juillet ses directives sur le harcèlement au travail, "recommandant" aux employeurs de communiquer aux plaignants le résultat des enquêtes. Mais précise qu'une divulgation obligatoire "exigerait un examen attentif", au vu des implications pour la vie privée des parties.

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