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Comment endiguer la dette française ? Les quatre scénarios de l'Institut Montaigne
information fournie par Boursorama avec Media Services 26/11/2025 à 17:30

Le think-tank libéral propose quatre pistes d'action, élaborées sur la base de l'idée portée par François Bayrou de "réinterroger l'ensemble" des dépenses du pays, "depuis la base".

( AFP / PHILIPPE HUGUEN )

( AFP / PHILIPPE HUGUEN )

Un budget fixant à partir d'une page blanche la politique de dépenses devant être menée pour stabiliser la dette en 2029, comme promis à Bruxelles : c'est l'exercice auquel s'est livré l'Institut Montaigne en quatre scénarios, dont aucun ne serait indolore pour les Français. "L'originalité de la méthode, explique Nicolas Laine, responsable des publications aux études France de l'Institut Montaigne et auteur de la note publiée mercredi, est vraiment cette démarche de budget 'base zéro'", en écho au souhait émis en avril par l'ancien Premier ministre François Bayrou "de réinterroger depuis la base l'ensemble de nos dépenses". L'autre originalité, selon lui, est de dire vraiment "dans quoi on va couper", et "de remettre dans le débat public des ordres de grandeur qui soient à la hauteur des enjeux", c'est-à-dire bien pires que ce qu'annoncent en général les politiques.

Les hypothèses de travail

Pour stabiliser la dette –-déficit public ramené à 3% du PIB au lieu de 5,4% actuellement-–, les dépenses doivent être limitées en 2029 à 1.845 milliards d'euros, soit 140 milliards d'économies par rapport à la trajectoire actuelle, a calculé l'Institut.

Dans chaque scénario, 242 milliards d'euros sont consacrés aux "engagements extérieurs": UE, défense, charge de la dette. Reste 1.603 milliards pour les politiques nationales, alors que 56% des dépenses vont à la protection sociale actuellement.

Le think tank libéral ne retient que des baisses de dépenses pour ses scénarios, "dans un contexte où le taux de prélèvements obligatoires français est déjà au-dessus de la moyenne européenne".

1 : le "rabot généralisé"

Dans le premier scénario on taille uniformément 8% sur tous les postes. Pour les retraites, les mesures souvent évoquées – alignement de la CSG sur celle des salariés, suppression de l'abattement de 10% – ne couvriraient qu'un cinquième de l'effort.

Même constat pour santé, chômage, transports ou enseignement supérieur: multiplier par trois le prix des transports ou par 16 les frais de scolarité d'une licence n'y suffiraient pas. Pour réaliser cette économie sur la mission sécurité, il faudrait supprimer toutes les polices municipales.

2 : le maintien du modèle social

Séduisant politiquement, ce scénario préserve retraites, santé, chômage et aides au logement. Mais il impose de renoncer aux aides aux services publics: transports, enseignement supérieur, culture, et de cesser de subventionner la recherche ou l'écologie. À terme, il pourrait engendrer un appauvrissement du pays qui aboutirait à réduire ces dépenses sociales.

3 : "Priorité à la compétitivité à long terme"

Ce scénario protège éducation, recherche, infrastructures (avec 34 milliards d'euros de nouveaux investissements), mais au détriment du social, avec des nuances pour la santé, car recherche et prévention sont aussi des dépenses d'avenir.

Dans ce cas, réduire les pensions de 8,3%, les aides au logement de 60%, les indemnités chômage de 18,5%, pour les aligner sur la moyenne européenne, baisser de 30% les versements de RSA et supprimer 200.000 postes de fonctionnaires territoriaux ne couvrirait que moins de deux tiers des économies nécessaires.

Si l'Institut n'a pas de "préconisation opérationnelle précise", il juge le scénario numéro 3 comme "le plus profitable à long terme", remarque M. Laine. Le plus dur serait d'en convaincre des citoyens attachés à la protection sociale. À 18 mois de la présidentielle, l'Institut prône la franchise: "les ajustements annoncés lors d'une campagne électorale sont mieux acceptés".

4 : le scénario du pire

Aucune mesure n'est prise, la dette explose, et la France, sous la contrainte d'un programme de l'UE ou du FMI, comme la Grèce et le Portugal dans les années 2010, doit consacrer 150 milliards d'euros de plus par an au remboursement de sa dette, au détriment des autres dépenses et du bien-être national.

Ce scénario pourrait aussi découler d'une crise géopolitique, souligne l'Institut Montaigne, si la France devait augmenter ses dépenses de défense.

9 commentaires

  • 27 novembre 02:58

    il s'agit de vos enfants, bon sang !


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