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Colombie: le président de la Espriella promet de combattre "sans répit" le narcotrafic
information fournie par AFP 08/08/2026 à 05:05
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Le président colombien Abelardo de la Espriella prononce un discours après son investiture, au sein de la garnison Pichincha à Cali, le 7 août 2026 ( AFP / Jaime SALDARRIAGA )

Le président colombien Abelardo de la Espriella prononce un discours après son investiture, au sein de la garnison Pichincha à Cali, le 7 août 2026 ( AFP / Jaime SALDARRIAGA )

L'avocat millionnaire Abelardo de la Espriella a promis vendredi, en prenant ses fonctions de président de la Colombie, qu'il affronterait "sans répit" le narcotrafic, dans un pays frappé par la violence des groupes armés.

Ce novice en politique de 48 ans, allié du président américain Donald Trump et doté de la nationalité américaine, succède au premier président de gauche de l'histoire, Gustavo Petro, pour un mandat de quatre ans.

Un tournant pour le pays, qui devrait enterrer les négociations de paix avec les groupes armés menées par Petro et peut déjà compter sur le soutien de Washington avec une aide d'un milliard de dollars annoncée dès les premières heures du mandat du nouveau chef d'Etat.

Lors de son premier discours comme président, dans une caserne devant plusieurs centaines de soldats en uniforme, des blindés et deux hélicoptères à Cali (sud-ouest), ce représentant de la droite dure a promis de restaurer "l'ordre" et "l'autorité".

Élu le 21 juin sur un discours de fermeté contre les guérillas et le trafic de cocaïne, dont la Colombie est le premier producteur mondial, le président de la Espriella a juré de combattre "sans répit le narcoterrorisme et toutes les organisations criminelles".

Dialogue "épuisé"

"L'option du dialogue" poursuivi par Gustavo Petro "est complètement épuisée", a-t-il lancé, laissant deux options aux membres des groupes illégaux : "se soumettre" à la loi ou "affronter la force résolue de l'Etat".

Celui qui se fait appeler "El Tigre" a par ailleurs affirmé qu'il éradiquerait les plantations de coca, ingrédient entrant dans la fabrication de la cocaïne, "par tous les moyens" et autoriserait l'exploitation du pétrole et du gaz par fracturation hydraulique.

Il a par ailleurs affirmé vouloir publier un décret de "gel de la dépense publique", baisser les impôts pour les plus riches et mener la "bataille culturelle pour restaurer la valeur de la famille".

Un véhicule blindé patrouille à Cali, Colombie, le 6 août 2026 à la veille de l'investiture du président Abelardo de la Espriella ( AFP / Luis ACOSTA )

Un véhicule blindé patrouille à Cali, Colombie, le 6 août 2026 à la veille de l'investiture du président Abelardo de la Espriella ( AFP / Luis ACOSTA )

Abelardo de la Espriella a choisi de prêter serment non pas dans la capitale Bogota comme le veut la coutume, mais dans la troisième ville du pays, marquée récemment par des attentats revendiqués par des guérillas.

Cali se trouve près de territoires contrôlés par des groupes armés à l'origine de la pire vague de violence qu'ait connu le pays sud-américain depuis une décennie.

Pour cette journée, la ville avait été placée sous haute protection, avec le déploiement de 11.000 militaires et la mise en place d'un système antidrones pour protéger les invités, principalement des dirigeants de la droite latino-américaine.

Photo fournie par la présidence argentine montrant le président de l'Argentine Javier Milei (à gauche) serrant la main du président élu de la Colombie, Abelardo de la Espriella (à droite), à Cali, en Colombie, le 7 août 2026 ( Argentinian Presidency / ARGENTINE PRESIDENCY )

Photo fournie par la présidence argentine montrant le président de l'Argentine Javier Milei (à gauche) serrant la main du président élu de la Colombie, Abelardo de la Espriella (à droite), à Cali, en Colombie, le 7 août 2026 ( Argentinian Presidency / ARGENTINE PRESIDENCY )

Une dizaine de chefs d'Etat, dont ceux de l'Argentine, du Chili et de l'Equateur, des représentants de la Maison Blanche emmenés par le procureur général des Etats-Unis, ainsi que le roi d'Espagne Felipe VI, ont notamment assisté à l'événement, auquel était également présent le président de la Fifa, Gianni Infantino.

Gustavo Petro, qui a renoncé à participer à la cérémonie, a quitté vendredi la résidence présidentielle.

Des partisans de la gauche ont manifesté pacifiquement dans les principales villes, après avoir perdu les élections avec la marge la plus étroite de l'histoire, moins de 1%.

Pas de majorité au Parlement

Avocat connu, Abelardo de la Espriella a fait irruption dans la campagne et vite conquis des soutiens avec ses rassemblements spectaculaires et ses discours prononcés derrière une vitre blindée, ponctués d'un salut militaire en hommage aux forces de l'ordre.

L'un des premiers actes de son gouvernement, a dit M. de la Espriella, sera de se joindre au Bouclier des Amériques, l'alliance de pays dirigée par Trump pour lutter contre le narcotrafic.

Image extraite d'une vidéo diffusée par le bureau de presse du président élu de la Colombie, Abelardo de la Espriella, le montrant aux côtés de son épouse à leur arrivée à Cali, en Colombie, le 7 août 2026 ( Abelardo de la Espriella's press office / Handout )

Image extraite d'une vidéo diffusée par le bureau de presse du président élu de la Colombie, Abelardo de la Espriella, le montrant aux côtés de son épouse à leur arrivée à Cali, en Colombie, le 7 août 2026 ( Abelardo de la Espriella's press office / Handout )

Annonçant vendredi soir une aide d'un milliard de dollars pour les politiques de sécurité et l'économie du nouveau président, le département d'Etat américain s'est réjoui dans un communiqué "à l'idée de travailler en étroite coopération avec la nouvelle administration afin de garantir la sécurité et la prospérité des États-Unis, de la Colombie et de notre hémisphère".

Privé de majorité dans un Parlement divisé, le nouveau président a promis d'intensifier les bombardements contre les camps de la guérilla avec le soutien d'Israël et des Etats-Unis, ou encore de construire des mégaprisons comme au Salvador pour lutter contre la criminalité.

Mais il hérite de forces armées confrontées à une "capacité limitée" en nombre d'hommes et à un "manque d'équipement", relève Renata Segura, d'International Crisis Group.

L'experte s'inquiète d'éventuels "dommages collatéraux" touchant des civils si la grosse artillerie est déployée contre des groupes armés "très enracinés dans les communautés".

"C'est, à mon avis, un acte de provocation", estime Julian Martinez, avocat et ancien militaire de 38 ans, à Cali. "Les groupes armés peuvent penser +Voyons qui est le plus courageux et le plus fort+".

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