Plus de 500 anciens ministres, ambassadeurs et hauts responsables européens appellent lundi la Commission européenne à agir sans délai contre le projet "E1" d'extension des colonies israéliennes en Cisjordanie occupée, en sanctionnant notamment les institutions financières et prestataires de services qui participent à ce programme dénoncé comme "illégal".
Le gouvernement israélien a lancé en septembre un appel d'offres pour la première tranche de ce projet gelé en 2021 puis relancé en 2025. Le programme "E1" prévoit la construction de plus de 3.000 logements à l'est de Jérusalem.
Douze pays européens, dont la France, ont condamné ce projet dans une déclaration conjointe le 8 septembre et annoncé des restrictions commerciales visant les biens en provenance des colonies de Cisjordanie occupée.
Ils estiment que ce chantier a pour objectif de "compromettre les perspectives d'une solution à deux Etats en créant une division à travers la Cisjordanie".
Cette nouvelle implantation, qui relierait la colonie de Ma'aleh Adumim à Jérusalem-Est, couperait de facto en deux la Cisjordanie.
Israël devrait attribuer prochainement les premiers contrats.
"Malgré les conséquences considérables de cette nouvelle annexion de terres, l'Union européenne n'a pris aucune mesure pour dissuader la réalisation du projet E1 ni, plus généralement, n'a respecté ses obligations, découlant des traités européens, d'agir face aux violations du droit international", déplorent les responsables dans un appel commun.
Parmi eux, les anciens Premiers ministres et ministres des Affaires étrangères français Alain Juppé et Dominique de Villepin, l'ancien président du Parlement européen Josep Borrell, l'ancien chef de la diplomatie allemande Sigmar Gabriel, ou l'ex-président du Conseil italien Massimo D'Alema.
Saluant l'initiative conjointe du 8 septembre, qui repose sur des mesures nationales, les signataires accusent l'Allemagne et l'Italie, notamment, de "systématiquement (...) bloquer l'adoption de mesures au niveau européen, devenant ainsi de facto complices de l'affaiblissement des valeurs de l'UE et de la solution à deux États."
Ils exhortent en conséquence la Commission européenne à présenter "immédiatement des propositions législatives" visant à "sanctionner toutes les institutions financières et autres prestataires de services participant à la mise en œuvre du projet E1 et d'autres colonies illégales" et à "empêcher tout commerce de l'UE avec les colonies illégales."
En août dernier, la Haute représentante pour les affaires étrangères et la politique de sécurité de l'UE, Kaja Kallas, avait demandé le retrait de l'appel d'offres pour le projet "E1", jugé contraire au droit international.
(Rédigé par Sophie Louet, édité par Jean Terzian)

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