Des employés travaillent sur une ligne de production de panneaux solaires dans l'atelier d'une société solaire à Hefei
La croissance de la production industrielle en Chine a accéléré de manière inattendue en janvier-février tandis que les ventes au détail ont également dépassé les attentes, confirmant la solidité de la deuxième économie mondiale alors qu'elle fait face à un éventail de défis au niveau géopolitique.
D'après des données officielles publiées lundi, la production industrielle chinoise a progressé lors des deux premiers mois de l'année de 6,3% sur un an, après une hausse de 5,2% en décembre et alors que le consensus ressortait à +5,0%.
Les ventes au détail, un indicateur clé de la consommation, ont augmenté en janvier-février de 2,8% en rythme annuel, après une hausse de 0,9% en décembre, selon le Bureau national des statistiques (BNS). Les analystes anticipaient en moyenne une progression de 2,5%.
Cette solidité s'explique en partie par les festivités du Nouvel an lunaire en février, qui ont contribué à donner un coup de pouce au secteur touristique. Les autorités chinoises combinent les données de janvier et de février afin d'atténuer les distorsions liées à cette période de fête.
"Si les risques pour les perspectives se sont accrus dans le contexte des tensions géopolitiques et des perturbations dans le commerce mondial et les marchés de l'énergie, les dernières données indiquent que la Chine est entrée dans l'année d'un pied plus ferme qu'on ne le pensait au préalable", a commenté Hao Zhou, économiste en chef de Guotai Junan International.
Un rapport publié plus tôt ce mois-ci montre que les exportations de la Chine ont connu une accélération d'une ampleur inattendue en janvier-février, après un excédent commercial record en 2025.
Les données communiquées lundi envoient un signal positif supplémentaires aux décideurs à Pékin, alors qu'un rebond inattendu des investissements a compensé en partie la crise prolongée du secteur de l'immobilier.
Reste que, dans l'ensemble, un net écart demeure entre la robustesse de la demande extérieure et la faiblesse de la consommation des ménages, laquelle, selon des analystes, pourrait nuire aux prévisions de croissance sur le long-terme.
Élément préoccupant à ce niveau, le taux de chômage est ressorti à 5,3% en janvier-février, contre 5,1% en décembre, d'après le BNS.
"On ne peut pas écarter l'hypothèse que les données sur la demande intérieure en mars continuent de faire face à des pressions à la baisse", a noté Zhaopeng Xing, stratégiste chez ANZ, ajoutant toutefois que rien ne suggérait pour l'heure qu'une baisse des taux serait nécessaire à court-terme.
La guerre au Moyen-Orient vient ajouter de l'incertitude au tableau, alors qu'elle alimente une flambée des prix de l'énergie et secoue les échanges commerciaux mondiaux.
Cela rend d'autant plus importante la venue du président américain Donald Trump, attendu à la fin mars en Chine pour y rencontrer son homologue Xi Jinping.
"Le marché va se focaliser sur cette réunion à venir entre les deux dirigeants", a déclaré Zhiwei Zhang, économiste en chef de Pinpoint Asset Management. "Si la Chine va probablement acheter aux Etats-Unis davantage de biens afin d'atténuer le déséquilibre de la balance commerciale, la guerre au Moyen-Orient rend cette réunion plus compliquée".
(Ethan Wang, Kevin Yao et Ellen Zhang; version française Jean Terzian)

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