L'inflation a progressé de 1% en Chine en mars sur un an et les prix à la production ont augmenté pour la première fois depuis 2022, portés notamment par les prix des matières premières, selon des données officielles publiées vendredi.
( AFP / PEDRO PARDO )
Les autorités chinoises entendent faire de la consommation intérieure un pilier central de la croissance, s'éloignant ainsi des moteurs traditionnels que sont les exportations et l'industrie manufacturière.
Mais la Chine peine à retrouver le dynamisme de l'avant-Covid. Elle est soumise à des pressions déflationnistes, une faible demande des ménages, des excédents de production et une grave crise de l'immobilier.
L'indice des prix à la consommation (CPI), principale jauge de l'inflation, avait connu en février sa plus forte hausse (+1,3%) depuis plus de trois ans.
Le taux a décéléré à 1,0% en mars, a indiqué vendredi le Bureau national des statistiques (BNS). Un panel d'analystes interrogés par l'agence Bloomberg tablait sur 1,1%.
Il s'agit du sixième mois consécutif de hausse de l'indice CPI. Mais c'est toujours bien inférieur à l'objectif gouvernemental de 2% d'inflation en 2026.
"Après les vacances" du Nouvel an chinois mi-février, période d'intense activité touristique, "les prix des voyages et de certains services ont marqué un ralentissement", indique dans un communiqué Dong Lijuan, une statisticienne du BNS.
Parmi les facteurs d'augmentation du CPI, elle cite les prix du carburant, qui sont repartis à la hausse (+3,8% sur un an).
La guerre au Moyen-Orient a provoqué une forte hausse des prix de l'énergie, notamment du pétrole.
Le BNS a également indiqué vendredi que l'indice des prix à la production (PPI), qui mesure le coût des marchandises sorties d'usines, était repassé en mars en territoire positif: il était de +0,5% sur un an.
Le PPI avait connu 41 mois consécutifs de déclin depuis octobre 2022, synonyme de marges réduites pour les entreprises.
Son retour en territoire positif est notamment dû à "la hausse rapide des prix des matières premières à l'international", a indiqué Dong Lijuan.
"On ne sait pas vraiment dans quelle mesure cela s'explique par des tensions sur les approvisionnements en raison du conflit au Moyen-Orient, ou par une demande intérieure plus forte", écrit dans une note Zhiwei Zhang, économiste en chef chez Pinpoint Asset Management.
"Je pense que les autorités maintiendront leur politique (économique) inchangée à ce stade, en attendant d'y voir plus clair sur la situation internationale", dit-il.
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