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par David Ljunggren et Ryan Patrick Jones
La police canadienne a déclaré mercredi qu'une jeune femme de 18 ans présentant des troubles mentaux avait perpétré la fusillade meurtrière survenue la veille dans une région de l'Ouest du pays, sans préciser le mobile de l'attaque qui a fait neuf morts, soit l'une des tueries de masse les plus sanglantes de l'histoire du Canada.
Identifiée comme étant Jesse Van Rootselaar, l'assaillante s'est suicidée après la fusillade survenue mardi dans un collège-lycée de Tumbler Ridge, communauté isolée de 2.400 habitants dans la province de Colombie-Britannique.
Les autorités ont revu mercredi le bilan à la baisse, à neuf morts contre dix rapportés auparavant, dont la suspecte.
Jesse Van Rootselaar avait été interpellée à plus d'une reprise par le passé afin d'être évaluée en raisons de problèmes de santé mentale, a déclaré le directeur adjoint de la gendarmerie royale de la province. Elle n'était plus scolarisée depuis quatre ans, a ajouté Dwayne McDonald.
"La police s'était rendue à plusieurs reprises dans la résidence familiale au cours des dernières années, en raison d'inquiétudes pour la santé mentale de notre suspecte", a-t-il dit devant les journalistes.
Contrairement aux Etats-Unis, les fusillades dans les écoles sont très inhabituelles au Canada, où des politiciens ont peiné à contenir leur émotion.
Visiblement très ému, le Premier ministre canadien Mark Carney a déclaré plus tôt dans la journée que le pays saurait se relever après cet incident.
"Nous allons surmonter cette épreuve. Nous allons en tirer des leçons", a-t-il dit à la presse, les larmes aux yeux.
"Mais pour l'instant, il faut se serrer les coudes, comme les Canadiens le font toujours dans ces situations, ces situations terribles, pour se soutenir mutuellement, pour pleurer ensemble et pour grandir ensemble."
Mark Carney, qui a reporté un voyage prévu en Allemagne où il devait participer à la Conférence de Munich sur la sécurité, a ordonné que les drapeaux de tous les bâtiments gouvernementaux soient mis en berne pendant les sept prochains jours.
Dans l'après-midi, à Ottawa, une minute de silence a été respectée à la Chambre des communes, devant laquelle le dirigeant canadien a souligné à quel point la fusillade de mardi avait choqué le pays.
Dwayne McDonald a déclaré aux journalistes que Jesse Van Rootselaar était née homme mais s'identifiait comme femme depuis six ans.
En premier lieu, a-t-il dit, l'assaillante a abattu sa mère, âgée de 39 ans, et son demi-frère, 11 ans, dans leur résidence familiale. Elle s'est ensuite rendue à l'école, où elle a ouvert le feu contre une enseignante de 39 ans, trois écolières âgées de 12 et deux écoliers âgés de 12 et 13 ans.
Deux des victimes, grièvement blessées, se trouvent toujours à l'hôpital.
"Il serait prématuré de spéculer sur les motivations" de la suspecte, a dit Dwayne McDonald lors d'une conférence de presse, ajoutant que la police ne disposait pas d'informations indiquant que quiconque aurait été spécifiquement visé.
L'attaque a semé la consternation à Tumbler Ridge, située aux pieds des Rocheuses canadiennes, à quelque 1.155 km au nord-est de Vancouver.
En avril 2020, un homme de 51 ans déguisé en policier et conduisant une fausse voiture de police a abattu 22 personnes dans la province de Nouvelle-Ecosse, dans l'est du Canada, au cours d'une fusillade qui a duré 13 heures.
Dans ce qui constitue la pire fusillade jamais survenue dans une école du pays, en décembre 1989, un homme armé a tué 14 étudiantes et en a blessé 13 autres à l'Ecole polytechnique de Montréal, au Québec, avant de se suicider.
(David Ljunggren à Ottawa, Ryan Patrick Jones à Toronto, avec la contribution de Maria Cheng et Bhargav Acharya; version française Camille Raynaud, Kate Entringer, Tangi Salaün et Jean Terzian)

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