Pierre Hurmic (g) et Thomas Cazenave, lors d'un débat le 26 février 2026, à Bordeaux ( AFP / ROMAIN PERROCHEAU )
Coup de théâtre à Bordeaux, où l'outsider Philippe Dessertine, qui refusait de s'allier à Thomas Cazenave pour le second tour des municipales, n'a finalement pas déposé de liste, laissant le champ libre au député macroniste face au maire sortant écologiste Pierre Hurmic.
Ce retrait du candidat, qui défendait un programme proche du sien, est une excellente nouvelle pour l'ancien ministre des Comptes publics, devancé de seulement deux points par M. Hurmic (27,68% contre 25,58%) au premier tour dans cet ancien fief de Jacques Chaban-Delmas puis d'Alain Juppé, dirigé par la droite de 1947 à 2020.
M. Cazenave a d'ailleurs "salué la décision de Philippe Dessertine" et appelé ses électeurs à comparer leurs programmes car ils ont "beaucoup de points de convergence".
"Je pense que c'est mieux aujourd'hui d'être deux avec un choix clair qu'une triangulaire", a-t-il ajouté mardi soir lors d'un point-presse. "Ce soir une nouvelle campagne démarre", "un choix très politique entre une ville qui s'est beaucoup repliée, une équipe qui a beaucoup nié les problématiques du quotidien et un projet qui vise à relancer l'ambition de Bordeaux".
Pour sa première campagne politique, M. Dessertine, connu jusque-là comme expert économique sur les plateaux télévisés, avait créé la surprise, terminant troisième dimanche dernier, avec un score supérieur à celui annoncé par les rares sondages (20,20%).
"Ces 20,2% sont insuffisants. Je dois me rendre à l'évidence que la victoire dimanche prochain n'est pas envisageable. Je le regrette profondément", a-t-il déclaré lors d'une réunion publique mardi soir, prévue initialement dans le cadre de sa campagne pour le second tour.
"Conformément à nos principes, ceux qui nous unissent tous autour de cette liste, nous ne sommes entrés dans aucune discussion, aucune tractation, aucune négociation. J'ai donc pris la décision de me retirer dès ce soir de la course à la mairie de Bordeaux", a ajouté celui qui, lundi soir encore, assurait au journal Sud Ouest pouvoir "transformer l'essai" dimanche.
- Courtisé par Cazenave -
Philippe Dessertine, à Bordeaux le 17 mars 2026 ( AFP / Philippe LOPEZ )
Courtisé à plusieurs reprises par le député Renaissance, qui lui a encore parlé lundi, M. Dessertine, 62 ans, avait systématiquement écarté toute alliance depuis sa déclaration de candidature mi-septembre.
"C'est hors sol. Tout le monde nous fait des offres, Julie Rechagneux (candidate du RN éliminée au 1er tour avec 7% des voix, NDLR) ou Thomas Cazenave", avait affirmé lundi soir au quotidien régional le candidat sans étiquette, classé divers centre par la préfecture.
Son programme qui promettait "l'ordre dans la rue", le retour de l'éclairage public la nuit et la chasse aux mauvaises herbes sur les trottoirs, mais aussi un déluge d'argent privé sur la ville, avait fait mouche dans les quartiers aisés de la ville, faisant directement concurrence au député.
Le retrait de Philippe Dessertine survient quelques heures après la publication d'une tribune de soutien à M. Cazenave de l'ensemble des présidents des grands partis de la droite et du centre.
- Militants déçus -
"À Bordeaux, plus que jamais, la victoire est possible pour la liste d'union" portée par le député Renaissance, écrivent dans ce texte le président LR du Sénat Gérard Larché, ainsi que les dirigeants des Républicains, de Renaissance, du MoDem, d'Horizons, de l'UDI et Nathalie Delattre, présidente du Parti radical et colistière de M. Cazenave.
"L'unité est la clé de la victoire. Aucune voix ne doit manquer", ajoutaient-ils.
Cette tribune n'a "absolument pas" joué dans cette décision de retrait, selon M. Dessertine qui assure l'avoir prise "sans en référer à personne, sans avoir besoin de demander l'autorisation à quiconque".
"Je n'appelle à voter pour personne", a-t-il ajouté.
Avant son intervention, des militants déçus déclaraient qu'ils n'iraient pas voter dimanche, quand d'autres estimaient "qu'il n'y a rien de pire qu'Hurmic".
Cette nouvelle configuration complique la donne pour le maire sortant écologiste, qui a écarté lundi la main tendue par le candidat insoumis Nordine Raymond (9,4%).
Estimant que le premier tour avait démontré "la force de la gauche à Bordeaux avec 45% des suffrages exprimés", en comptant l'ensemble des listes, il a aussi souligné "la plus faible mobilisation des électeurs de gauche" dimanche dernier et mis en avant des mesures sociales (accès au logement, pouvoir d'achat, encadrement des loyers renforcé...) pour sa campagne de second tour.

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