( AFP / DAMIEN MEYER )
L'activité des artisans du bâtiment a reculé, pour le 13e trimestre consécutif, au deuxième trimestre 2026 à cause d'un contexte "macroéconomique, climatique et géopolitique incertain", a indiqué mercredi le principal syndicat du secteur.
La Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb) chiffre à 1,5% la baisse globale de l'activité du secteur sur un an. Une "stabilisation" par rapport au trimestre précédent qui reste insuffisante pour envisager une reprise d'activité, pourtant espérée en début d'année pour 2026.
"On ne peut pas parler d'amélioration parce qu'on voit bien que le recul est persistant et qu'on est maintenant à 13 trimestres consécutifs de baisse de l'activité globale", a souligné la Capeb lors d'une conférence de presse à Paris.
Le recul de l'activité continue de peser sur l'emploi. Sur un an, le secteur enregistre une perte d'environ 12.000 postes dans les entreprises du bâtiment de moins de 10 salariés.
Le syndicat relève toutefois une légère amélioration du marché de la construction neuve et surtout une hausse de 5,2% des ventes de logements anciens cumulées sur 12 mois, "prédictives de la demande de travaux en entretien-rénovation".
"Notre environnement ne nous amène pas à considérer que nous pourrions avoir une activité positive en 2026", a toutefois estimé la Capeb.
Le syndicat pointe notamment les incertitudes entourant l'avenir du dispositif MaPrimeRénov' que le gouvernement souhaite réformer en réduisant les aides à la rénovation dites "par geste". Les aides dédiées aux rénovations globales de logement seraient, elles, inchangées.
"On voudrait voir MaPrimeRénov' réaffectée sur plus de mono-gestes", a déclaré Jean-Christophe Repon, président de la Capeb, qui plaide pour des rénovations énergétiques "par étapes" afin "d'aider les Français à mieux vivre leur habitat l'été".
La Capeb cite également la hausse des coûts liée au conflit au Moyen-Orient. Selon elle, l'augmentation des prix du carburant et des matières premières se traduit par une hausse des coûts du déplacement pour les artisans et des prix des fournisseurs de "10 à 25%".
Les aléas climatiques constituent aussi un autre sujet d'inquiétude pour les entreprises du secteur. D'après une étude menée fin mai auprès de 2.200 adhérents de la Capeb, 58% des répondants déclarent avoir subi des retards de chantier liés aux événements météorologiques.
"Ce tunnel de baisse d'activité n'a jamais été aussi long et, avec une élection présidentielle à venir, sans vraiment de lueur au bout du tunnel pour se projeter", a alerté Jean-Christophe Repon.
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