Façade du siège de la Banque de France à Paris
Emmanuel Moulin, le candidat proposé par Emmanuel Macron pour occuper le poste de gouverneur de la Banque de France (BdF), a dit mercredi lors de son audition au Sénat avoir la conviction de pouvoir diriger la banque centrale du pays en toute indépendance.
Sa nomination, qui intervient à un an de l'élection présidentielle, reste incertaine avant le vote de confirmation des parlementaires, les partis d'opposition accusant Emmanuel Macron de placer ses proches à la tête des hautes institutions.
"J'ai la conviction que je pourrai diriger avec indépendance une institution fière de son histoire et tournée vers l'avenir, au service d'une monnaie fiable et d'une économie forte, stable et durable", a déclaré Emmanuel Moulin lors de son audition devant la commission des Finances du Sénat.
Haut fonctionnaire de 57 ans au CV prestigieux, Emmanuel Moulin a été proche de l'ancien président Nicolas Sarkozy, de l'ex-ministre de l'Economie Bruno Le Maire et il est passé par Matignon en 2024 lorsque Gabriel Attal était Premier ministre, avant d'arriver à l'Elysée en avril 2025 en tant que secrétaire général.
Le Sénat et l'Assemblée nationale se prononcent dans la journée sur sa nomination. Emmanuel Moulin pourrait ne pas être nommé si trois cinquièmes des parlementaires rejettent sa candidature.
S'il est approuvé pour succéder à François Villeroy de Galhau, Emmanuel Moulin siégerait au conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE), chargé de fixer les taux d’intérêt, et serait responsable de la réglementation des banques françaises.
RÉUNION DE LA BCE EN JUIN
Emmanuel Moulin a déclaré ne pas pouvoir se prononcer pour l'instant sur la position qu'il adopterait lors de la prochaine réunion de la BCE sur les taux d'intérêt en juin, celle-ci dépendant des données économiques disponibles d'ici là, dans un contexte marqué par la volatilité des marchés de l'énergie.
Le candidat au poste de gouverneur de la BdF a ajouté que tout signe indiquant un désancrage des anticipations d'inflation serait déterminant et que les décideurs politiques devraient se montrer particulièrement vigilants à l'égard de l'inflation sous-jacente, qui exclut les prix volatils tels que ceux de l'énergie et des denrées alimentaires.
L'évolution des salaires constituerait le troisième indicateur essentiel à surveiller avant la réunion de juin afin de déterminer si le choc actuel lié au conflit au Moyen-Orient a un effet durable sur l'inflation.
"Si le choc est persistant et de grande ampleur, il faudra clairement réagir", a déclaré Emmanuel Moulin aux sénateurs. "S'il est de grande ampleur mais non persistant, une action peut-être modérée sera nécessaire si le choc est uniquement transitoire."
(Rédigé par Leigh Thomas; version française Etienne Breban, édité par Blandine Hénault)

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