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Attentat de la rue des Rosiers: le suspect palestinien Hicham Harb remis à la France
information fournie par AFP 16/04/2026 à 22:14

Des pompiers et des secouristes rue des Rosiers après l'attentat contre le restaurant Jo Goldenberg le 9 août 1982 à Paris ( AFP / Jacques DEMARTHON )

Des pompiers et des secouristes rue des Rosiers après l'attentat contre le restaurant Jo Goldenberg le 9 août 1982 à Paris ( AFP / Jacques DEMARTHON )

Superviseur présumé de l'attentat antisémite de la rue des Rosiers à Paris en 1982, le Palestinien Hicham Harb est arrivé en France jeudi soir, remis à la justice après son extradition par l'Autorité palestinienne, une décision saluée par le président français, Emmanuel Macron.

Arrêté par les autorités palestiniennes le 17 septembre 2025, quelques jours avant la reconnaissance officielle de la Palestine par Paris, Hicham Harb a été "placé en rétention" après son arrivée jeudi sur la base aérienne de Villacoublay, près de la capitale, a annoncé le parquet national antiterroriste (Pnat) dans un communiqué.

Le mandat d'arrêt dont il fait l'objet depuis 2015 lui sera notifié vendredi, a précisé le Pnat.

L'extradition de Mahmoud Khader Abed Adra, alias Hicham Harb, intervient environ deux mois après la confirmation par la Cour de cassation de la tenue d'un futur procès à l'encontre des suspects de cet attentat qui avait fait six morts dans le Marais, quartier juif du centre de Paris, il y a quatre décennies.

"Mes clientes se réjouissent de cette extradition qui augure d'une audience criminelle en présence des accusés principaux", a assuré auprès de l'AFP Romain Boulet, avocat de deux parties civiles.

Des personnes devant le restaurant Jo Goldenberg, rue des Rosiers, deux jours après un attentat, le 11 août 1982 à Paris ( AFP / JOEL ROBINE )

Des personnes devant le restaurant Jo Goldenberg, rue des Rosiers, deux jours après un attentat, le 11 août 1982 à Paris ( AFP / JOEL ROBINE )

Fin 2025, le président palestinien, Mahmoud Abbas, avait promis l'extradition de Hicham Harb, "la reconnaissance de l'Etat de Palestine par la France ayant créé un cadre approprié pour cette demande française".

"Nous remercions les autorités palestiniennes, qui ont marqué par leur coopération leur engagement à lutter contre le terrorisme, comme le président Abbas s'y était engagé auprès du président" français, a souligné l'Elysée dans un communiqué.

L'extradition devait intervenir "un peu plus tôt mais la guerre (au Proche-Orient, ndlr) a entraîné la fermeture de l'espace aérien et retardé de quelques semaines l'opération", a souligné le Quai d'Orsay.

- "Trop long" -

Le 9 août 1982, six personnes ont été tuées et 22 blessées dans cette rue du Marais à Paris par l'explosion d'une grenade dans le restaurant Jo Goldenberg puis dans une fusillade perpétrée par un commando de trois à cinq hommes.

L'attentat, dit "de la rue des Rosiers", a été attribué au Fatah-Conseil révolutionnaire (Fatah-CR) d'Abou Nidal, groupe palestinien dissident de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP).

La Cour de cassation, plus haute juridiction judiciaire en France, a confirmé en février la tenue d'un futur procès, qui était contestée par deux accusés dans l'attentat de la rue des Rosiers: Abou Zayed, Norvégien d'origine palestinienne considéré comme l'un des tireurs et détenu en France depuis 2020, et Hazza Taha, né en Cisjordanie et soupçonné d'avoir caché des armes à l'époque, actuellement sous contrôle judiciaire en France.

Me Romain Ruiz, avocat d'Abou Zayed, espère que la traduction devant la justice française de Hicham Harb permettra la libération de son client "après bientôt 5 ans d'une détention qui n'honore pas la France". "Nous avons la conviction depuis sa mise en examen qu'Abou Zayed n'a pas commis l'attentat de la rue des Rosiers", a-t-il ajouté.

Conseil de familles de victimes, Me David Père a exhorté, pour sa part, à ce que la procédure judiciaire "continue au plus vite". Quarante-quatre ans après les faits, "c'est trop long", a-t-il dénoncé.

"L'extradition de Hicham Harb retardera encore la tenue du procès. Jusqu'à quand?", s'est interrogé Me Alain Jakubowicz, avocat d'une des familles de victimes.

Hicham Harb est aujourd'hui âgé de 72 ans. Son fils, Bilal al-Adra, a indiqué à l'AFP avoir reçu de lui un appel en pleurs jeudi matin l'informant de sa remise "aux autorités françaises". L'Autorité palestinienne n'a fait aucune communication sur le sujet.

Son extradition "constitue une violation grave de la loi fondamentale palestinienne et un dangereux précédent", a déclaré Ammar Dweik, avocat du septuagénaire.

La famille craint pour son sort "en raison de la gravité de l'extradition, que nous considérons comme illégale et donc dépourvue de toute garantie de procès équitable", a estimé Bilal al-Adra, disant aussi craindre pour la santé de son père, souffrant selon lui d'un cancer et de troubles neurologiques.

M. Harb, visé aussi par un mandat d'arrêt allemand de 1988 dans le cadre d'un attentat commis à l'aéroport de Francfort en 1985, est également sur les radars d'enquêteurs, notamment en Italie, pour l'attaque d'une synagogue à Rome en 1982.

Deux autres suspects jordaniens de l'attentat de la rue des Rosiers restent toutefois en Jordanie, la Cour suprême de ce pays ayant refusé de les extrader, a déploré le ministère français des Affaires étrangères.

1 commentaire

  • 22:30

    44 ans pour extrader un terroriste...


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