Timothée Durand à Tourcoing, le 10 mars 2026. ( AFP / SAMEER AL-DOUMY )
Les syndicats d'Arc France ont validé un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) tablant sur 704 suppressions d'emplois dans le cadre du redressement judiciaire du verrier Arc France, dont la reprise doit être tranchée le 20 mars par le tribunal du commerce de Lille.
Ce dernier s'est penché à huis-clos mardi sur l'offre du seul candidat à la reprise du fabriquant de produits en verre, Timothée Durand. Petit-fils d'un dirigeant emblématique d'Arc, il y a passé la majeure partie de sa carrière jusqu'en 2024.
La décision est attendue le 20 mars.
La proposition de M. Durand tablait à l'origine sur près de 800 suppressions de postes sur le site d'Arques (Pas-de-Calais), sur 3.500 salariés.
Après des négociations, le PSE signé par les organisations syndicales et voté lors d'un Comité social d'entreprise (CSE) lundi comprend 704 suppressions d'emplois. Cela comprend des départs volontaires et des licenciements, selon les syndicats interrogés par l'AFP.
Lors d'une consultation des employés, près de 380 personnes occupant des postes visés par les suppressions avaient indiqué envisager des départs volontaires, selon Frédéric Specque, délégué syndical CGT.
Une "période de volontariat" est désormais ouverte afin d'identifier ceux qui pourraient bénéficier de ces départs volontaires, a précisé Timothée Durand mardi à la sortie du tribunal.
Il a reconnu une décision "difficile" socialement, mais assure qu'elle est "responsable", et "pleine d'espoir" pour l'avenir d'Arc.
Les premiers salariés pourraient quitter Arc dans les prochaines semaines, car le plan social devrait commencer à être déployé "d'ici fin mars", a-t-il précisé.
Une aide au départ d'environ 5.000 euros par salarié a été négociée, en plus des obligations légales, ont précisé deux sources syndicales à l'AFP.
Pour M. Specque, "c'est quand même une avancée". "Le peu qu'on a pu obtenir, on l'a obtenu", a-t-il estimé, résigné.
Le ministre délégué à l'Industrie Sébastien Martin, interrogé sur Arc jeudi matin sur Public Sénat, a redit juger l'offre de M. Durand "crédible, sérieuse et financée", ajoutant espérer que les suppressions d'emploi puissent "redonner des perspectives pour l'avenir" à l'entreprise.
Arc, qui a souffert ces dernières années de la concurrence étrangère, chinoise notamment, et de la crise dans son secteur, a déjà bénéficié de multiples plans de refinancement soutenus par l'État et les collectivités locales.
Le groupe bicentenaire emploie 5.700 salariés dans le monde et compte, outre sa principale usine à Arques, trois usines à l'étranger, aux États-Unis, en Chine et aux Émirats arabes unis.
1 commentaire
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer