( AFP / RALF HIRSCHBERGER )
L'inflation en Allemagne a ralenti plus que prévu en octobre en raison d'une légère atténuation de la hausse des prix de l'énergie liée au rabais fiscal proposé par le gouvernement, selon des chiffres provisoires publiés vendredi.
D'après un communiqué de l'office fédéral statistique Destatis, l'inflation dans la première économie européenne s'est établie en octobre à 2,8% sur un an, après 3,3% en septembre. Les analystes de la plateforme Factset tablaient sur un ralentissement moins marqué, à 3%.
Les prix de l'énergie ont augmenté de 12,2% sur un an, contre 14,9% un mois plus tôt, a souligné Destatis.
L'accalmie du choc énergétique s'explique en grande partie par la mise en place, depuis le 1er octobre, d'un rabais fiscal sur le prix des carburants décidé par le gouvernement du chancelier conservateur Friedrich Merz.
L'inflation en Allemagne avait atteint en septembre son plus haut niveau depuis fin 2023 en raison de la flambée des prix de l'énergie liée au conflit au Moyen-Orient.
Mais pour Stephanie Schönwald, économiste à KfW Research, "le ralentissement à court terme de l'inflation est éclipsé par des risques croissants liés aux prix pour l'année à venir".
"Les perspectives d'inflation restent tendues", a-t-elle averti, soulignant que "les prix du gaz et du pétrole ont de nouveau fortement augmenté ces dernières semaines, sous l'effet des conflits en cours et de la baisse des niveaux de stocks".
La situation allemande dénote d'ailleurs de celle des deux autres plus grandes économies de l'Union européenne, l'Italie et la France, où le taux d'inflation a respectivement augmenté à 5,4 % et 3,4 % en octobre.
En Allemagne, "les pressions sur les prix sont restées modérées dans l'ensemble", a observé Mme Schönwald, le taux d'inflation hors alimentation et énergie (ou inflation sous-jacente), ayant ralenti à 2,1, contre 2,4% en septembre.
L'indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH), scruté par la Banque centrale européenne puisqu'il permet de comparer les pays de la zone euro, s'est établi à 2,8%, selon Destatis.
Pour Carsten Brzeski, économiste à ING, cela envoie à l'institut de Francfort le "signal qu'il serait plus judicieux d'attendre que de se précipiter vers une nouvelle hausse des taux".
Dans le détail, l'inflation des marchandises a ralenti à 3%, contre 3,8% un mois plus tôt, et celle des services à 2,5%, contre 2,7% en septembre.
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